Tous les articles par Philippe Guigon

Magali Coumert. Photo DR.

COUMERT Magali 2021

Professeure d’histoire médiévale, Université de Tours.

Publications :

  • Magali COUMERT, Yvon TRANVOUEZ (dir.), Landévennec, les Vikings et la Bretagne. En hommage à Jean-Christophe Cassard, Brest, CRBC, 2015.
  • Magali COUMERT, Hélène BOUGET (dir.), Histoires des Bretagnes. 6 Quel Moyen Âge ? La recherche en question, Brest, CRBC-UBO, 2019.

Elle est intervenue au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Les migrations bretonnes et britanniques au haut Moyen Âge, un siècle de questionnements

Les migrations bretonnes du haut Moyen Âge constituent une énigme, puisqu’aucun témoignage écrit contemporain n’a été conservé jusqu’à nous. Pour autant, les questionnements sur cet épisode n’ont cessé depuis le XIXe siècle car il est associé aux origines de la Bretagne, au sens de la naissance d’une identité singulière en Armorique. J

Je voudrais revenir sur l’hypothèse traditionnelle formulée par Arthur de La Borderie et résumer les différentes variations, corrections et critiques dont elle a fait l’objet depuis un siècle d’existence de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne.

Il me semble néanmoins que c’est en élargissant la recherche aux autres migrations du haut Moyen Âge, de part et d’autre de la mer d’Irlande comme de la Manche, que nous pouvons commencer à élaborer des explications nouvelles et intégrer le cas des Britanni dans la perspective plus globale de la différenciation progressive des différents territoires de l’ancien Empire romain et de ses zones frontalières.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 171-189.

BOURGÈS André-Yves 2021

Chercheur associé au CRBC (UBO, Brest).

Publications :

  • André-Yves BOURGÈS, Le dossier hagiographique de saint Melar. Textes, traduction, commentaires, Britannia monastica, vol. V, 1997.
  • André-Yves BOURGÈS, Le dossier littéraire de saint Goëznou et la controverse sur la datation de la vita sancti Goeznovei, Morlaix, Les lettres morlaisiennes, coll. « H comme Humanités », 2020.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

De Mgr Duchesne à la Vallée des saints : un siècle d’avatars hagiologiques en Bretagne (1920-2020)

L’histoire de la recherche sur la matière hagiographique bretonne de 1920 à 2020 peut faire l’objet d’un récit découpé en trois séquences. Les deux premières s’enchaînent et se complètent en s’opposant (thèse et antithèse) : à la situation des années 1920-1940, où l’hypercritique avait fini par tuer la critique des textes hagiographiques, succéda, au tournant des années 1960, ce que le regretté Pierre Riché a qualifié de « réveil de la Belle au Bois Dormant », avec un retour en force des études hagiologiques bretonnes, dont témoignent, en fin de période, l’organisation à Landévennec en 1985 du colloque sur la Bretagne au haut Moyen Âge et, en 1988, la création du Centre de recherches et de documentation sur le monachisme celtique (CIRDoMoC).

En revanche, la troisième séquence, qui a débuté avec les années 1990, n’a pas permis la résolution dialectique de l’opposition antérieure : au contraire, elle a mis à jour une sorte de fracture, qui n’est d’ailleurs pas spécifique à l’hagiologie, entre la démarche scientifique et ce qui en est perçu par le public.

Celui-ci, quel que soit son sujet d’intérêt, est légitimement à la recherche d’une approche vulgarisatrice, qui fait trop souvent défaut : des projets ambitieux, populaires, mais ambigus, tels ceux du Tro Breiz ou de la Vallée des saints, ne répondent à cette demande que par des approches de type hagio-traditioniste, pour lesquelles la transcendance de la tradition l’emporte sur la modernité et l’esprit critique.

La Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, qui a joué un rôle à la fois de témoin et d’acteur dans l’évolution de la recherche hagiologique depuis un siècle, se doit en conséquence de poursuivre sa mission en encourageant, au surplus des activités de recherche, le développement d’une vulgarisation de qualité, qui oblige les chercheurs à plus de simplicité et les amateurs à plus de rigueur.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 153-169.

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo226987

VILLARD-LE TIEC Anne 2021

Conservatrice générale du patrimoine, en charge de la gestion administrative des départements d’Ille-et-Vilaine (hors Rennes métropole) puis des Côtes-d’Armor à la Direction régionale des affaires culturelles de Bretagne, service régional de l’archéologie ; membre de l’UMR 6566 CReAAH. Ses recherches portent notamment sur les pratiques funéraires de l’âge du Fer en Bretagne.

Publication :

  • Anne VILLARD-LE TIEC, Yves MENEZ, Patrick MAGUER, Architectures de l’âge du Fer en Europe occidentale et centrale, Actes du 40e colloque international de l’Association française pour l’étude de l’âge du Fer, Rennes, 4-7 mai 2016, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018.

Elle a présenté une communication, avec Myriam LE PUIL-TEXIER et Théophane NICOLAS, lors du congrès du centenaire de la SHAB à Rennes, en novembre 2021, sur le sujet suivant :

Les apports récents de l’archéologie sur les Gaulois, vus à travers les pratiques funéraires armoricaines

Cette contribution s’appuiera essentiellement sur la période la mieux documentée par de nombreuses découvertes anciennes et récentes, les VIe et Ve siècles av. J.-C. Au cours du VIe siècle et au Ve siècle, des habitats d’un genre nouveau apparaissent, caractérisés par des bâtiments quadrangulaires, le creusement des premiers souterrains et leur délimitation par des fossés parfois imposants. Nombre de cimetières sont créés, généralement à proximité de ces habitats ou de voies les desservant ; signalés par des stèles en pierre parfois ornées, ils se présentent, dans la moitié sud de la péninsule bretonne, sous la forme de tumulus circulaires aux parements soigneusement agencés et, du Centre-Ouest aux Flandres, comme des nécropoles cernées par des fossés de plan quadrangulaire.

On passe également progressivement de monuments destinés à protéger une unique sépulture au développement de cimetières communautaires rassemblant jusqu’à une cinquantaine d’urnes. Cette évolution s’accompagne d’un changement dans les pratiques funéraires, l’inhumation, majoritaire, cédant peu à peu sa place à l’incinération des défunts, qui semble devenir la norme jusqu’au IIe siècle av. J.-C.

À la fréquence de ces cimetières, assez générale en Europe moyenne, succède toutefois, à partir du IVe siècle, une quasi-disparition de l’enfouissement des restes des défunts en Bretagne et leur raréfaction ailleurs, reflétant des changements économiques et sociaux importants dans la société gauloise, que l’on perçoit également au même moment dans le déclin des habitats et leur raréfaction, et sans doute religieux avec la création des premiers lieux de culte à la fin du IVe siècle.

La mise au jour récente de plusieurs nécropoles à incinération armoricaines

À partir du IIIe siècle av. J.-C., la création de très nombreuses fermes traduit un essor démographique et économique sans précédent en Gaule. En Bretagne, malgré les larges superficies décapées autour de ces habitats parfois très vastes et de haut rang, aucun cimetière n’a été mis en évidence. Du IVe siècle au début au IIe siècle, seules quelques urnes, d’une qualité exceptionnelle, ont été mises au jour au sein de cimetières plus anciens. Ensuite, les rares sépultures connues sont des inhumations, qui présentent des caractères particuliers, peut-être d’ordre religieux, conservées grâce aux sables dunaires sur le littoral ou en milieu insulaire.

La mise au jour récente de plusieurs nécropoles à incinération armoricaines, des VIe et Ve siècles av. J.-C., a offert l’opportunité de développer de nouvelles méthodologies de fouille des dépôts cinéraires. Depuis ces dernières années, l’application de l’examen tomodensitométrique aux dépôts de crémation en urne ou en contenant périssable a modifié le travail au quotidien des spécialistes et ouvert de nouvelles pistes pour les analyses et les problématiques concernant les pratiques funéraires. En effet, lors des phases de dégagement, de prélèvement et de lavage, le traitement manuel des dépôts engendre une dégradation quasi inévitable des restes osseux et, parfois, du mobilier d’accompagnement.

L’usage de l’imagerie médicale en 3D

L’usage de l’imagerie médicale en 3D intervenant préalablement à la fouille des urnes constitue, en revanche, une approche non invasive qui permet d’analyser la structure interne des dépôts de manière efficiente et pérenne. Le fait de pouvoir visualiser l’intégralité du contenu d’une urne ou d’un amas osseux selon trois plans différents et d’observer les caractéristiques morphologiques et spatiales de chaque objet, quelle qu’en soit la nature (os, bois, métal, verre…), permet d’orienter les prélèvements et les choix de fouille et d’anticiper d’éventuelles mesures conservatoires.

Plusieurs cas d’application de cette méthode d’investigation sur des dépôts en urne céramique provenant des cimetières de Guipry et de La Chapelle-des-Fougeretz en Ille-et-Vilaine permettront de présenter le potentiel informatif des images tridimensionnelles tout en illustrant les principales caractéristiques des pratiques funéraires mises en œuvre.

Le texte de leur contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 131-151.

LAMBERT Pierre-Yves 2021

Linguiste, spécialiste des langues celtiques, directeur d’études (émérite) de philologie celtique à l’École pratiques des hautes études, IVe section.

Publications :

  • LAMBERT, Pierre-Yves, Les littératures celtiques, Paris, Presses universitaires de France, 1981.
  • LAMBERT, Pierre-Yves, La langue gauloise. Description linguistique, commentaire d’inscriptions choisies, Paris, Errance, coll. des Hespérides, 1994.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La philologie celtique en France depuis un siècle

On rappellera d’abord la définition de la philologie. Longtemps cantonnée aux langues dites classiques, dont la richesse et l’ancienneté documentaires justifiaient une étude approfondie, mais entraînait aussi une approche hypercritique perdue dans une multitude de détails, elle a été souvent opposée à la linguistique perçue alors comme une nouvelle discipline capable de percevoir la structure et l’organisation non seulement des langues classiques mais aussi de toute autre langue.

Aux philologues, on attribuait la grammaire comparée et la reconstruction des langues, la critique des manuscrits et l’établissement des textes. Aux linguistes, l’examen des variétés dialectales, l’explication des changements phonétiques, et en un mot l’histoire des langues. Mais si l’on sort du domaine des langues classiques, on s’aperçoit que les premiers philologues (que ce soit dans le domaine germanique, celtique ou slave) étaient déjà des linguistes, et qu’ils réfléchissaient déjà à tous les problèmes maintenant considérés comme linguistiques.

Le point de départ de cette rétrospective est l’œuvre de Joseph Loth. Passionné par l’histoire du breton et ses relations avec les autres langues celtiques, il est tout à la fois philologue éditeur des gloses en vieux-breton, comparatiste soucieux de déterminer, par exemple, la part des emprunts latins en breton, et la part des mots celtiques indigènes, et historien des langues brittoniques, préoccupé d’expliquer la migration bretonne en Armorique, et attentif à tous les documents disponibles sur le cornique. Il avait été formé à la 4e section de l’École pratique des hautes études, la section d’Histoire et philologie. Son œuvre multiforme constitue à la fois une appropriation de tout ce que l’on connaît à l’époque sur les langues celtiques, et une réflexion critique sur ces matériaux.

Ses collègues et successeurs purent se différencier du modèle imposé, en se spécialisant dans l’édition de textes modernes (Georges Dottin) ou dans les descriptions dialectales (Pierre Le Roux). Dans la deuxième moitié du XXe siècle, on citera principalement les noms de François Falc’hun et de Léon Fleuriot qui semblent s’opposer l’un à l’autre comme le linguiste, dialectologue, et le philologue, comparatiste. Chacun des deux a voulu, comme Joseph Loth, proposer une approche globale du phénomène linguistique breton.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 99-114.

ISBLED Bruno 2021

Archiviste-paléographe, conservateur général du patrimoine Aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine, président de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne de 2007 à 2023.

Publications :

  • Bruno ISBLED, Moi, Claude Bordeaux… Journal d’un bourgeois de Rennes au 17e siècle, Rennes, Apogée, 1992.
  • Bruno ISBLED, « Nouvelles rues, nouveaux noms », dans Gauthier AUBERT, Georges PROVOST (dir.), Rennes, 1720. L’incendie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2020, p. 262-271.
  • Bruno ISBLED, « Louise de Quengo à la lumière des archives rennaises », dans Rozenn COLLETER, Daniel PICHOT, Éric CRUBÉZY (dir.), Louise de Quengo, Une bretonne du XVIe siècle, archéologie, anthropologie, histoire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021, p. 71-99.

Bruno Isbled est intervenu au Congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

Seize ans avec la SHAB

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CII des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 31-36.

Il est également intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La SHAB, hier et aujourd’hui.

Aux origines : de 1920 à la Seconde Guerre mondiale

La Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne (SHAB) est créée en 1920, alors que l’érudition bretonne est très affectée par la Grande Guerre : de nombreuses revues, comme la Revue de Bretagne, ou sociétés, comme l’Association bretonne, se sont arrêtées ou ont peine à repartir. Autour de la figure tutélaire de Barthélemy-Ambroise Pocquet du Haut-Jussé, qui a achevé en 1914 l’Histoire de Bretagne de La Borderie, et de son fils, un petit groupe d’archivistes départementaux, tous chartistes, d’érudits et de jeunes chartistes, souhaite alors, dès l’été 1918, réformer l’Association bretonne, la vieille Société provinciale, en imposant les principes de l’histoire méthodique et les « sciences auxiliaires » enseignées à l’École des chartes et en coupant tout lien avec l’action politique.

Après diverses péripéties et face au refus des dirigeants de l’Association bretonne, la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne tient sa première assemblée générale à Quimper, en septembre 1920. Sous l’égide de Mgr Duchesne et de Joseph Loth, savants reconnus et présidents d’honneur, et avec le soutien de l’Université, notamment de Georges Dottin, doyen de la Faculté des lettres, un programme très ambitieux, purement scientifique, est défini : l’histoire de la Bretagne depuis les origines, y compris l’archéologie et la langue. Sous les présidences successives de B.-A. Pocquet (1920-1926), Roger Grand (1927-1928) et Henri Bourde de La Rogerie (1928-1942), la SHAB publie des Mémoires et un riche Bulletin.

Intermède : 1945-1975

Nommé à la chaire d’histoire de la Bretagne créée en 1941, Barthélemy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé, le fils du fondateur, accède à la présidence l’année suivante et renforce le lien avec les autres sociétés bretonnes en créant la Fédération des sociétés savantes, dont la présidence est confiée à Gabriel Le Bras, nouvel étendard prestigieux. À partir de 1949, les assemblées générales deviennent les congrès de la Fédération, mais la SHAB reste une société modeste par les effectifs ; le système s’essouffle quelque peu sous la présidence du successeur de Pocquet, l’historien du droit Jacques Brejon de Lavergnée (1965-1975). La convivialité des congrès demeure (« la grande excursion » et les agapes), mais les communications ne sont pas toutes publiées dans des Mémoires qui peinent à sortir.

La « Révolution Charpy » : 1975-1990…

Survient alors ce que l’on pourrait appeler la « Révolution Charpy ». Jacques Charpy, archiviste du Finistère depuis 1959, est nommé en Ille-et-Vilaine en 1973 ; il prend la présidence de la Société en 1975. Il renouvelle profondément le comité qui la gouverne, en y augmentant notablement le nombre d’universitaires et de conservateurs (archives, archéologie, musées). Prenant acte de la professionnalisation de la recherche et de la conservation du patrimoine, il bénéficie de la vitalité de l’Université, qui s’investit fortement dans une histoire régionale renouvelée, étudiée par de nombreux chercheurs, de la maîtrise au doctorat, et du dynamisme de l’Inventaire de Bretagne. Il remet sur pied la Fédération en 1978, en arrachant pour les sociétés fédérées des subventions dans le cadre de la Charte culturelle de 1977.

Les congrès prennent la forme qu’ils ont jusqu’à aujourd’hui : trois jours, des séances de communications, des excursions, une séance publique, un thème à l’étude, à côté du thème local, des actes publiés l’année suivante, dans les Mémoires, dont la pagination croît et où sont introduits des « Bulletins historiques », états de la question confiés à des universitaires ou des conservateurs, comme une introduction au présent congrès.

… jusqu’à nos jours

Les successeurs de Jacques Charpy, Catherine Laurent (1990-2007) puis Bruno Isbled, également conservateurs d’archives, poursuivent sur cette lancée, avec quelques inflexions, notamment la fructueuse collaboration éditoriale avec les PUR, le site Internet (2003) qui permet l’accès facile et gratuit à toute la richesse accumulée dans les Mémoires, et la fusion en 2017 avec la Fédération des sociétés historiques de Bretagne. Malgré un contexte moins favorable, la SHAB veut rester ainsi l’interface entre le monde de la recherche et celui des sociétés historiques, fidèle à son rôle de passeur.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 29-92.

CROIX Alain 2021

Professeur émérite d’histoire moderne à l’Université Rennes 2.

Publications :

  • CROIX, Alain, La Bretagne aux XVIe siècle et XVIIe siècle : la vie, la mort, la foi, Paris, Maloine, 1980, 2 vol.
  • CROIX, Alain (dir.), La Bretagne d’après l’itinéraire de monsieur Dubuisson-Aubenay, Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2006.
  • CROIX, Alain, RAPPILLIARD, Marc, Photographes, tradition & modernité en Bretagne, Châteaulin, Locus Solus, 2022.

Il a introduit le congrès 2021 de la SHAB à Rennes avec la communication suivante :

Un demi-siècle d’histoire en Bretagne : témoignage.

L’âge de l’intervenant est un critère important pour son propos, qui se veut un retour sur expérience et un témoignage sur ce qui caractérise une part essentielle de l’historiographie bretonne depuis une soixantaine d’années. Témoignage, avec les limites que cela implique…

Évoquer, donc, le tournant des années 1960, en essayant de souligner ses multiples aspects et leur effet d’entraînement, dont l’aboutissement symbolique mais révélateur est la publication en 1969 de la première Histoire de la Bretagne « moderne ». Évoquer les principaux acteurs et le « hasard » de leurs spécialités, qui oriente durablement les progrès historiographiques : Jean Delumeau et Pierre Goubert puis celui qui est un peu l’héritier des deux, François Lebrun, tous trois spécialistes d’histoire moderne.

Les questionnements de ces historiens sont en lien très fort avec ce qui fait alors avancer l’histoire à l’échelle nationale et bientôt internationale, et ils connaissent très vite une application au champ breton : une génération d’historiens et historiennes, œuvrant dans toutes les périodes de l’histoire, laboure l’histoire de la Bretagne en renouvelant profondément nos connaissances tout en restant bien en prise avec le travail de leurs collègues ailleurs en France et au-delà.

L’avance acquise lors de cet « âge d’or » de l’histoire en Bretagne se perd un peu ensuite, dans la mesure où l’exemple privilégié breton se banalise, dans la mesure aussi où, peu à peu, l’ancrage régional (ou local) de la recherche historique cède un peu partout le pas face à d’autres préoccupations et questionnements.

Il demeure cependant des accents qui continuent à donner à la production bretonne une originalité marquée, tels le travail sur l’image, plus récemment sur ce qu’il est convenu d’appeler « l’histoire populaire », et peut-être plus encore en matière de vulgarisation historique, grâce notamment à la conception ouverte de l’édition scientifique qu’a développée Pierre Corbel, jusqu’à faire des Presses universitaires de Rennes la première maison française d’édition universitaire.

Le texte de cette contribution est paru dans le tome C (2022) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 21-28.

BURON Gildas 2023

Gildas Buron est attaché principal de conservation du patrimoine au Musée des marais salants (Batz-sur-Mer), propriété de l’EPCI Cap Atlantique. Depuis 1984, il a contribué à enrichir les collections ethnographiques, arts décoratifs et beaux-arts des XIXe et XXe siècles de ce Musée de France, et à les faire connaître au plus grand nombre au travers des expositions temporaires, cataloguées ou non.

Ses recherches

Elles portent sur la région guérandaise, l’histoire du paysage, l’ethnographie des communautés des marais salants de Guérande, l’histoire des représentations et l’histoire culturelle des sociétés littorales. Il est l’auteur des deux volumes de Bretagne des marais salants, publiés par Skol Vreizh en 1999 et 2000. Outre ses travaux personnels, il a collaboré avec d’autres chercheurs et a publié plus de 150 articles scientifiques et de vulgarisation, comprises diverses études linguistiques et d’onomastique relatives à l’espace compris entre les estuaires de la Loire et de la Vilaine.

Ses études ont été reçues dans les Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, le Bulletin de la Société archéologique de Nantes et de la Loire-Atlantique, Les cahiers du pays de Guérande, Histoire et patrimoine, bulletin de la Société historique et archéologique de Saint-Nazaire et de la région nazairienne.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

De nouvelles pièces à verser au dossier de l’histoire du breton du pays de Guérande

La région de Guérande, et plus largement le territoire entre les estuaires de la Vilaine et de la Loire, a été de langue bretonne. Les derniers brittophones de la commune de Batz sont décédés entre 1960 et 1988 et des bribes de la variété vannetaise locale se transmettent toujours à l’oral dans quelques familles du cru.

Pour des périodes plus reculées, en témoignent les références souvent convoquées de l’application, à Assérac en 1444, de la règle d’idiome à l’endroit d’un prêtre ignorant du breton, les excuses d’un Alain Bouchard, réputé natif de la paroisse de Batz (ca 1440-entre 1514 et 1530) aux souscripteurs des Grandes croniques qui trouveraient à redire à son « langaige mal aorné par deffaults d’elegance […] attendu qu’il est natif de Bretaigne et que françois et breton font deux langaiges moult difficiles a disertement prononcer par une mesme bouche. »

Ou les précisions d’un Charles Estienne qui rapporte que « la basse Bretaigne est separee de lãgage d’auec la haulte [et] Cõmence vers la mer au Croisil, petite ville et port de mer, auquel entre la riuiere qui passe a Renes, & fine du costé de la terre a vn appelé Chasteaulandran, assis entre Guingand & Sainct Brieu : a la moitié duquel village, vne partie des habitans parlent Breton Gallo, l’autre Breton tonant… »

Alors que la langue d’administration du duché de Bretagne, de la sénéchaussée de Guérande ou de la baronnie de La Roche-Bernard, est le français, les écrits des tabellions contemporains d’Alain Bouchard et ceux des clercs de l’époque moderne attestent indirectement de la vitalité du moyen breton et du breton pré-moderne du sud-est. Cette communication s’attache à caractériser les diverses empreintes relevées dans un corpus d’actes rédigés entre la fin du XIVe et celle du XVIIe siècle.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CII des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 237-263.
Lucas Bossebœuf, en septembre 2023. Photo : FB

BOSSEBŒUF Lucas 2023

Après un parcours en histoire maritime à l’Université de Poitiers, Lucas Bossebœuf a commencé une thèse interdisciplinaire (cotutelle de Philippe Jarnoux et Yves-Marie Paulet) sur l’histoire du socio-écosystème de la rade de Brest du XVIIIe siècle à nos jours au sein du laboratoire du LEMAR (Institut universitaire européen de la mer).

Ce travail vise à apporter une profondeur historique aux recherches environnementales en cours sur la rade de Brest et à comprendre notamment pourquoi ses ressources marines se sont appauvries et pourquoi le nombre de pêcheurs a diminué considérablement.

Il a publié :

Lucas BOSSEBŒUF, « L’expérience corsaire : entre opportunités et illusions. Les relations entre la course et les gens de mer du Pays basque, de 1725 à 1755 », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, t. 125, no 2, 2018, p. 89-105.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

L’huître ou le maërl ? L’aménagement de la rade de Brest face aux convoitises de la Marine et de la Société d’Agriculture (1840-1849)

Au début des années 1840, la Marine s’aperçoit que les bancs d’huîtres plates de la rade de Brest se sont appauvris. Cette activité très rémunératrice est prisée des pêcheurs qui sont des inscrits maritimes. La Marine se doit donc de ménager cette ressource. Pour ce faire, elle charge un enquêteur de sillonner la rade afin de rechercher les causes de cet appauvrissement.

Rapidement, le dragage du maërl est accusé de détériorer les fonds d’huîtres plates et son exploitation devient, dès lors, interdite en rade. Or à cette même période, la Société d’agriculture de Brest plébiscite le maërl pour amender les terres « incultes » du centre Bretagne. Un bras de fer s’opère entre la Marine et la Société d’agriculture de Brest. Le conflit conduit le ministre de la Marine à mandater une commission mixte pour savoir si l’exploitation des amendements marins aurait une incidence sur l’état de santé des huîtres plates.

Les enquêteurs se déplacent dans quinze communes de la rade de Brest et interrogent plusieurs paysans, agriculteurs et pêcheurs sur la manière dont ils utilisent et exploitent les ressources marines de la rade. Ces enquêtes dévoilent l’importance du maërl pour les populations des bassins versants mais aussi, qu’à bien des égards, les communautés agricoles et maritimes nouent des liens très serrés autour de la rade de Brest.

Bernard Michon septembre 2023. Photo : FB

MICHON Bernard 2023

Maître de conférences en histoire moderne, Nantes Université, Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (UR 1163) ; membre du conseil scientifique de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (France).

Les principaux thèmes de recherche de Bernard Michon sont l’histoire portuaire, l’histoire maritime, l’histoire atlantique, l’histoire de la traite atlantique, l’histoire des sociétés littorales, l’histoire du café (production, diffusion, consommation).

Publications :

  • Bernard MICHON, Le port de Nantes au XVIIIe siècle. Construction d’une aire portuaire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2011.
  • Martine ACERRA, Bernard MICHON, Bernard (coord.), Horizons Atlantiques. Villes, négoces, pouvoirs, Mélanges offerts au professeur Guy Saupin, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2019.
  • Bernard MICHON (coord.), Européens et les Antilles, XVIIe siècle-début XVIIIe siècle, Enquêtes et documents ,no 63, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2019.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

L’eau dans les expéditions de traite. Réflexions à partir de l’exemple nantais

Comme l’a bien souligné l’historienne Martine Acerra « [L’activité de traite] nécessite un vecteur commercial, un navire de transport susceptible d’assurer la survie à bord d’une cargaison particulière puisque vivante et humaine ». Si la durée du middle passage (passage du milieu) dépend évidemment des conditions météorologiques, elle est également fonction de la base africaine de départ. La traversée de l’océan Atlantique vers les colonies, à la durée aléatoire, oblige à prévoir suffisamment d’eau pour assurer la survie de l’équipage et des captifs. Pour la Marie-Séraphique, navire nantais de 150 tonneaux bien étudié par Bertrand Guillet, 335 barriques d’eau sont mentionnées sur la « Coupe du navire », soit environ 62 500 litres, pour la désaltération, la cuisine et la toilette.

Capitale française de la traite à l’époque où ce commerce d’êtres humains est légal, mais également après son interdiction, Nantes offre un terrain d’observation privilégié pour évoquer la place de l’eau dans les expéditions triangulaires. Comment se procurer le précieux liquide et le conserver ? Des mesures sont-elles repérables dans la documentation afin de lutter contre l’altération de la ressource, facteur d’épidémies ? Quelle gestion du stock mettre en place, en particulier lorsque la traversée s’éternise ? Ces interrogations seront au cœur de la communication qui évoquera également quelques expéditions qui se sont achevées par de véritables catastrophes sanitaires.

Éric Joret, septembre 2023. Photo : FB

JORET Éric 2023

Conservateur en chef du patrimoine aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine. Il y a organisé plusieurs expositions, la dernière portant sur la vallée de la Seiche.

Publication :

Éric JORET, Bernard LEPRÊTRE (dir.), Au fil d’une rivière : la Seiche du Pertre à Marcillé-Robert, Rennes, Archives départementales d’Ille-et-Vilaine, 2022.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

Les règlements d’eau sur la haute vallée de la Seiche au XIXe siècle

De tous temps, la gestion de l’eau a généré de multiples conflits. Procès et arrangements à l’amiable ont émaillé les relations entre riverains et usagers, meuniers et agriculteurs. À partir d’exemples choisis dans les contentieux administratifs et la législation sur l’eau concernant la Seiche, rivière non navigable ni flottable, et dont le lit parcourt les départements de la Mayenne et de l’Ille-et-Vilaine, se distingue une source archivistique de premier plan : le règlement d’eau.

Comprendre et illustrer cette histoire tumultueuse de partage équitable des eaux repose sur cette archive incontournable pour les chercheurs. Pour mieux appréhender la genèse administrative de ce document ou plutôt de cet ensemble de pièces diverses formant corps, après un rappel historique sur le statut de ce cours d’eau depuis le Moyen Âge et l’Ancien Régime, le propos portera sur les principaux textes générateurs de fonds d’archives plus ou moins riches et diversifiés.

Après les rares documents produits lors de l’épisode révolutionnaire, ce sont l’instruction ministérielle du 19 thermidor an VI et surtout ses développements, les circulaires du ministère des travaux publics du 23 octobre 1851 et du ministère de l’Agriculture du 26 décembre 1884, qui déclenchent la production raisonnée et uniforme d’archives grâce à leurs modèles de formulaires nationaux formant le règlement d’eau.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CII des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 389-416.