Lucas Bossebœuf, en septembre 2023. Photo : FB

BOSSEBŒUF Lucas

Après un parcours en histoire maritime à l’Université de Poitiers, Lucas Bossebœuf a commencé une thèse interdisciplinaire (cotutelle de Philippe Jarnoux et Yves-Marie Paulet) sur l’histoire du socio-écosystème de la rade de Brest du XVIIIe siècle à nos jours au sein du laboratoire du LEMAR (Institut universitaire européen de la mer).

Ce travail vise à apporter une profondeur historique aux recherches environnementales en cours sur la rade de Brest et à comprendre notamment pourquoi ses ressources marines se sont appauvries et pourquoi le nombre de pêcheurs a diminué considérablement.

Il a publié :

Lucas BOSSEBŒUF, « L’expérience corsaire : entre opportunités et illusions. Les relations entre la course et les gens de mer du Pays basque, de 1725 à 1755 », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, t. 125, no 2, 2018, p. 89-105.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

L’huître ou le maërl ? L’aménagement de la rade de Brest face aux convoitises de la Marine et de la Société d’Agriculture (1840-1849)

Au début des années 1840, la Marine s’aperçoit que les bancs d’huîtres plates de la rade de Brest se sont appauvris. Cette activité très rémunératrice est prisée des pêcheurs qui sont des inscrits maritimes. La Marine se doit donc de ménager cette ressource. Pour ce faire, elle charge un enquêteur de sillonner la rade afin de rechercher les causes de cet appauvrissement.

Rapidement, le dragage du maërl est accusé de détériorer les fonds d’huîtres plates et son exploitation devient, dès lors, interdite en rade. Or à cette même période, la Société d’agriculture de Brest plébiscite le maërl pour amender les terres « incultes » du centre Bretagne. Un bras de fer s’opère entre la Marine et la Société d’agriculture de Brest. Le conflit conduit le ministre de la Marine à mandater une commission mixte pour savoir si l’exploitation des amendements marins aurait une incidence sur l’état de santé des huîtres plates.

Les enquêteurs se déplacent dans quinze communes de la rade de Brest et interrogent plusieurs paysans, agriculteurs et pêcheurs sur la manière dont ils utilisent et exploitent les ressources marines de la rade. Ces enquêtes dévoilent l’importance du maërl pour les populations des bassins versants mais aussi, qu’à bien des égards, les communautés agricoles et maritimes nouent des liens très serrés autour de la rade de Brest.

Le texte de cette contribution paraîtra dans le tome CII (2024) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne.