BURON Gildas

Gildas Buron est attaché principal de conservation du patrimoine au Musée des marais salants (Batz-sur-Mer), propriété de l’EPCI Cap Atlantique. Depuis 1984, il a contribué à enrichir les collections ethnographiques, arts décoratifs et beaux-arts des XIXe et XXe siècles de ce Musée de France, et à les faire connaître au plus grand nombre au travers des expositions temporaires, cataloguées ou non.

Ses recherches

Elles portent sur la région guérandaise, l’histoire du paysage, l’ethnographie des communautés des marais salants de Guérande, l’histoire des représentations et l’histoire culturelle des sociétés littorales. Il est l’auteur des deux volumes de Bretagne des marais salants, publiés par Skol Vreizh en 1999 et 2000. Outre ses travaux personnels, il a collaboré avec d’autres chercheurs et a publié plus de 150 articles scientifiques et de vulgarisation, comprises diverses études linguistiques et d’onomastique relatives à l’espace compris entre les estuaires de la Loire et de la Vilaine.

Ses études ont été reçues dans les Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, le Bulletin de la Société archéologique de Nantes et de la Loire-Atlantique, Les cahiers du pays de Guérande, Histoire et patrimoine, bulletin de la Société historique et archéologique de Saint-Nazaire et de la région nazairienne.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

De nouvelles pièces à verser au dossier de l’histoire du breton du pays de Guérande

La région de Guérande, et plus largement le territoire entre les estuaires de la Vilaine et de la Loire, a été de langue bretonne. Les derniers brittophones de la commune de Batz sont décédés entre 1960 et 1988 et des bribes de la variété vannetaise locale se transmettent toujours à l’oral dans quelques familles du cru.

Pour des périodes plus reculées, en témoignent les références souvent convoquées de l’application, à Assérac en 1444, de la règle d’idiome à l’endroit d’un prêtre ignorant du breton, les excuses d’un Alain Bouchard, réputé natif de la paroisse de Batz (ca 1440-entre 1514 et 1530) aux souscripteurs des Grandes croniques qui trouveraient à redire à son « langaige mal aorné par deffaults d’elegance […] attendu qu’il est natif de Bretaigne et que françois et breton font deux langaiges moult difficiles a disertement prononcer par une mesme bouche. »

Ou les précisions d’un Charles Estienne qui rapporte que « la basse Bretaigne est separee de lãgage d’auec la haulte [et] Cõmence vers la mer au Croisil, petite ville et port de mer, auquel entre la riuiere qui passe a Renes, & fine du costé de la terre a vn appelé Chasteaulandran, assis entre Guingand & Sainct Brieu : a la moitié duquel village, vne partie des habitans parlent Breton Gallo, l’autre Breton tonant… »

Alors que la langue d’administration du duché de Bretagne, de la sénéchaussée de Guérande ou de la baronnie de La Roche-Bernard, est le français, les écrits des tabellions contemporains d’Alain Bouchard et ceux des clercs de l’époque moderne attestent indirectement de la vitalité du moyen breton et du breton pré-moderne du sud-est. Cette communication s’attache à caractériser les diverses empreintes relevées dans un corpus d’actes rédigés entre la fin du XIVe et celle du XVIIe siècle.

Le texte de cette contribution paraîtra dans le tome CII (2024) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne.