Tous les articles par Philippe Guigon

Yvon Tranvouez, lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo FB

TRANVOUEZ Yvon 2021

Spécialiste de l’histoire du catholicisme contemporain, est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Bretagne occidentale à Brest et membre du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC, EA 4451).

Publications :

  • Yvon TRANVOUEZ, Catholiques en Bretagne au XXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006.
  • Yvon TRANVOUEZ, L’ivresse et le vertige. Vatican II, le moment 68 et la crise catholique, Paris, Desclée de Brouwer, 2021.
  • Yvon TRANVOUEZ, La puissance et l’effacement. Destin du catholicisme breton (fin XIXe-début XXIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2022.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

1985-2020 : quoi de neuf en histoire religieuse contemporaine de la Bretagne ?

Dans le tome LXIII (1986) des MSHAB, Marcel Launay a examiné l’histoire religieuse de la Bretagne à l’époque contemporaine à travers un bilan historiographique des deux décennies qui venaient de s’écouler. L’idée, imprudente sans doute, est venue de prolonger cet examen jusqu’à nos jours, sans pour autant lui donner le même côté systématique de bulletin bibliographique puisque la recherche de l’information est désormais grandement facilitée par les outils numériques.

Aussi, tout en signalant les publications les plus significatives depuis trente-six ans, on essaiera de réfléchir à l’évolution de la discipline, marquée à la fois par la mutation de ses acteurs et de ses lieux de production (universitaires ou autres), par l’inflexion de ses objets, par le renouvellement de ses méthodes et le brouillage de ses frontières, et enfin par les interrogations latentes sur la pertinence de sa dimension régionale.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 391-410.

Christian Bougeard, lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo FB

BOUGEARD Christian 2021

Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Bretagne occidentale à Brest et membre du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC). Spécialiste de l’histoire de la Bretagne au XXe siècle et de la Seconde Guerre mondiale.

Publications :

  • Christian BOUGEARD, La Bretagne de l’Occupation à la Libération (1940-1945), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014.
  •  Christian BOUGEARD, Les années 1968 en Bretagne. Les mutations d’une société (1962-1981), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017.
  • Christian BOUGEARD, L’histoire de la Résistance en Bretagne, Paris, Gisserot, ré-éd, 020.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La construction de l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale en Bretagne

Dès la fin du conflit, un travail historique s’engage pour mieux cerner cette période des Années noires, de la défaite, de l’Occupation et de la Libération (1939-1945). Dans un premier temps, des acteurs, surtout des résistants, publient des ouvrages de souvenirs mais immédiatement, au niveau national, la collecte de témoignages et de documents est organisée sous l’égide de ce qui deviendra le Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale (CHDGM) dirigé par l’historien Henri Michel.

Des correspondants départementaux habilités obtiennent des autorisations spéciales d’accès aux archives publiques afin de participer aux enquêtes du Comité. Ces correspondants sont particulièrement actifs en Bretagne : ils publient les premières histoires départementales ou thématiques dans les années 1970-1980 (Finistère, Morbihan, Côtes-du-Nord) à partir des enquêtes du Comité sur la répression, la déportation, la collaboration et les partis collaborationnistes, la Résistance (cartes de l’action) et l’épuration.

Dans les années 1970-1980, une nouvelle génération d’historiennes et d’historiens de formation universitaire (Ille-et-Vilaine, Côtes-du-Nord/Côtes-d’Armor) prend le relais au sein du CHDGM puis de l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP-CNRS) engageant des thèses sur l’histoire de la Résistance et au-delà sur l’ensemble des aspects d’une société en guerre et occupée, inscrivant cette histoire dans le temps plus long de l’entre-deux-guerres jusqu’aux années 1950. De nombreux champs sont étudiés : pillage économique allemand et entreprises, prélèvements de main-d’œuvre et service du travail obligatoire (STO), ravitaillement et pénuries, vie quotidienne et répression, élites et notables sous l’Occupation, rapports des Bretons à Vichy et à sa Révolution nationale, formes et processus des résistances intérieure et extérieure, violences de guerre, enjeux de pouvoir et processus de la libération, histoire des poches de Lorient et de Saint-Nazaire…

Les commémorations décennales de la Libération stimulent travaux et expositions. La recherche a évolué vers l’histoire des représentations tandis qu’une histoire scientifique de la Résistance était élaborée dans les années 1990 lors de six colloques internationaux. Cette connaissance scientifique de la guerre en Bretagne s’appuie aussi sur des mémoires d’étudiants des universités de Rennes 2 et de Brest, des monographies cantonales ou de villes notamment, et des thèses qui ont varié les échelles, les problématiques et les niveaux d’analyse. Á côté, de multiples ouvrages, souvent intitulés Histoire de la Résistance ou de la collaboration en Bretagne mais portant en réalité sur des territoires très limités, sont publiés par des amateurs d’histoire ; toute une littérature mémorielle ou recopiant des documents d’archives occupe le terrain éditorial.

De même, la « question bretonne », du Parti national breton (PNB) au Bezen Perrot, a nourri de nombreuses polémiques alors qu’une historiographie scientifique a remis en contexte le collaborationnisme breton. Depuis une quarantaine d’années, dans ses congrès, la SHAB a donné la parole aux chercheurs et des comptes rendus bibliographiques ont fait connaître leurs travaux. Dans tous les domaines de l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale, la Bretagne est fort bien représentée.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 371-390.

Solenn Mabo, lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo FB

MABO Solenn 2021

Maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université Rennes 2, Solenn Mabo explore la place des Bretonnes dans la Révolution française. Ses recherches ont fait l’objet d’une thèse de doctorat soutenue à l’Université Rennes 2 en novembre 2019.

Publications :

  • Solenn MABO, « Genre et armes dans les conflictualités locales en Bretagne », dans La Révolution par les armes, Annales historiques de la Révolution française, no 393, juillet-septembre 2018, p. 77-98.
  •  Solenn MABO, « Des bretonnes en résistance : genre, religion et contestation politique », La Révolution française, no 18, 2020 [[en ligne : http://journals.openedition.org/lrf/4306].
  • Solenn MABO, « Sont-elles des royalistes ? Genre, engagements et royalismes en Bretagne », dans Royalismes et royalistes dans la France révolutionnaire, Annales historiques de la Révolution française, no 403, 2021/1, p. 161-178.

Elle est intervenue au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La Révolution en Bretagne trente ans après le Bicentenaire : une question toujours vivante ?

La Révolution française, une histoire toujours vivante : sous ce titre, en 2010, un ouvrage collectif soulignait le dynamisme des études révolutionnaires et dégageait les avancées scientifiques engagées depuis le Bicentenaire. Pour apprécier la singularité de l’événement et son onde de choc, la Révolution française est de plus en plus auscultée dans les perspectives d’une histoire relationnelle et comparée, prenant en compte des circulations d’idées, d’acteurs et de pratiques entre France, Europe, Amériques, espaces coloniaux et au-delà.

Son histoire s’accomplit moins qu’avant dans un cadre local ou régional et cela est d’autant plus frappant que les recherches s’étaient multipliées à ces niveaux à la faveur du Bicentenaire. En Bretagne, comme ailleurs, expositions, colloques et publications avaient alors enrichi l’histoire de la Révolution à l’échelle communale, départementale ou de la région. Depuis, à l’heure où la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne fête son centenaire (plus une année), la dynamique est retombée et l’historiographie de la Révolution française en Bretagne, sans être non plus désertée, peut sembler arrêtée ou pour le moins ralentie.

Trente ans après le Bicentenaire, cette question est-elle toujours vivante ? Nous explorerons les chemins suivis depuis, pour réfléchir à ce mouvement d’infléchissement et dégager quels déplacements ont pu s’opérer sur le plan des questions, des objets et des méthodes. Une attention particulière sera accordée aux renouvellements issus des problématiques de genre pour voir comment ils peuvent éclairer autrement la position de la Bretagne dans la Révolution – position dont la singularité pose encore question.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 353-369.

Philippe Jarnoux, lors du congrès du centenaire de la SHAB à Rennes, novembre 2021. Photo : FB

JARNOUX Philippe 2021

Professeur d’histoire moderne à l’Université de Bretagne occidentale à Brest et membre du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC). Ses recherches portent principalement sur l’histoire sociale et politique de la Bretagne de l’époque moderne.

Publications :

  • Philippe JARNOUX, Pierrick POURCHASSE, Gauthier AUBERT, La Bretagne de Louis XIV. Mémoires de Colbert de Croissy (1665) et de Béchameil de Nointel (1698), Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2016.
  • Cédric JEANNEAU, Philippe POURCHASSE (dir.), Les communautés rurales dans l’Ouest du Moyen Âge à l’époque moderne : perceptions, solidarités, conflits, Brest, CRBC, 2016.
  • Anne de MATHAN, Pierrick POURCHASSE, dir.) La mer, la guerre et les affaires. Enjeux et réalités maritimes de la Révolution française, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Un « âge d’or » ? Regards historiographiques sur la société bretonne, XVIe-XVIIIe siècles

Cette intervention vise à comprendre les conditions d’élaboration et de développement d’une notion aujourd’hui largement reprise dans l’historiographie bretonne, celle d’« âge d’or » appliqué aux XVIe et XVIIe siècles bretons.

À rebours d’une historiographie française qui a plutôt tendance à privilégier le temps des Lumières et le XVIIIe siècle pour caractériser des années de croissance et de vie moins dramatique pour les populations ; à l’encontre également d’une autre vision de l’histoire bretonne qui qualifie d’âge d’or, pour des raisons politiques, le temps de l’État ducal de la fin du Moyen Âge, l’historiographie moderne, à la suite de Jean Tanguy puis d’Alain Croix, a mis en avant cette période de la première modernité pour en faire l’incarnation d’une époque plus prospère et moins sombre dans l’histoire de la Bretagne et de ses habitants.

Il s’agira ici de retracer les étapes qui mènent à cette mise en forme de l’historiographie récente, d’en décrire la réussite et l’adoption assez large mais aussi d’interroger les évolutions de la pensée et des analyses historiques en la matière depuis la fin du XIXe siècle.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 329-351.

Gauthier Aubert, lors du congrès du centenaire de la SHAB à Rennes, novembre 2021. Photo : FB

AUBERT Gauthier 2021

Professeur d’histoire moderne à l’Université Rennes 2 (Tempora), membre du comité de la SHAB et spécialiste des sociétés urbaines et des conflits aux XVIIe et XVIIIe siècles, en France en général et en Bretagne en particulier.

Publications :

  • Gauthier AUBERT, Les Bonnets rouges ne sont pas des Gilets jaunes. Archéologie des fureurs populaires en Bretagne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019.
  • Gauthier AUBERT, Georges PROVOST (dir.) Rennes, 1720. L’incendie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2020.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Les pouvoirs en Bretagne de la révolte du papier timbré à la journée des Bricoles. Cent ans d’absolutisme en Bretagne : essai de bilan historiographique (1920-2020)

Quelle a été l’évolution du regard des historiens sur « l’absolutisme » en Bretagne depuis un siècle ? Telle est la question à laquelle cette communication essaiera de répondre, en partant de la synthèse de Barthélemy Pocquet publiée à la veille de la Grande Guerre, puis en proposant une relecture des grandes thèses qui l’ont suivi (Armand Rébillon sur les « États », Henri Fréville sur l’intendance), et en envisageant l’apport d’une « histoire sociale du politique » qui se déploie dans le sillage de la thèse de Jean Meyer sur fond d’ouverture des analyses aux autres provinces françaises.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 303-327.

Olivier Chaline, lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo : FB

CHALINE Olivier 2021

Professeur d’histoire moderne à l’Université Paris IV, Sorbonne Université.

Domaines de recherche : France XVIIe-XVIIIe siècles, notamment les parlements ; Europe centrale, surtout les pays de la Couronne de Bohême ; guerre sur mer et sur terre.

Publications :

  • Gauthier AUBERT, Olivier CHALINE (dir.), Les Parlements de Louis XIV. Opposition, coopération autonomisation ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2010.
  • Olivier CHALINE, Le règne de Louis XIV, Paris, Flammarion, 3e éd., 2015.
  • Olivier CHALINE, La mer et la France, Paris, Flammarion, 2016.

Il est intervenu (avec Pierrick POURCHASSE) au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La Bretagne, de l’« âge d’or » à la frontière maritime d’État

Aux XVIe et XVIIIe siècles, la navigation commerciale bretonne ne profite pas pleinement de « l’âge d’or » de la province en raison d’un nationalisme économique croissant et de la concurrence de la flotte des Provinces-Unies. Cependant, les activités maritimes se maintiennent et nombre d’entre elles prennent une nouvelle dimension au XVIIIe siècle avec le développement des grands ports tournés vers l’outre-mer, le dynamisme du cabotage et les nouvelles opportunités offertes par les progrès techniques à l’exemple la pêche sardinière. Depuis les travaux novateurs d’André Lespagnol sur Saint-Malo, les recherches universitaires ont posé un nouveau regard sur les multiples activités des petits ports ainsi que sur la complexité des sociétés littorales.

La frontière maritime n’est pas en Bretagne une nouveauté de l’État royal des Bourbons. C’est une réalité dès la période ducale : en 1512, le naufrage de la Cordelière en témoigne. Mais les descentes se font désormais moins vers l’Angleterre et le Pays de Galles que vers le continent, breton ou non. Fortifier le littoral est une constante, tout comme mobiliser les hommes en cas d’incursion sur la côte.

Ce qui change, c’est l’affirmation loin de Paris et de Versailles au cours du XVIIe siècle de la puissance militaire française face à l’Angleterre et aux Provinces-Unies. Une nouvelle géographie militaire se dessine avec la construction d’une marine de guerre d’État : elle est faite d’arsenaux, de fortifications et de circonscriptions des classes. Le roi saisit les hommes et les ressources, apporte aussi l’emploi et les marchés, encourage la course. Mais c’est devant les côtes bretonnes qu’ont lieu blocus et combats.

Le texte de sa contribution est paru, sous le titre « La Bretagne et la frontière maritime d’État », dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 289-301.

Pierrick Pourchasse, lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo FB

POURCHASSE Pierrick 2021

Professeur émérite d’histoire moderne à l’Université de Bretagne occidentale à Brest et chercheur au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC). Ses recherches portent sur le commerce maritime à l’époque moderne et l’histoire économique de la Scandinavie.

Publications :

  • Pierrick POURCHASSE, Le commerce du Nord. Les échanges entre la France et l’Europe septentrionale au XVIIIe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006.
  •  Pierrick POURCHASSE, Marco TREBBI, Lise DECORTIAT, Le commerce de la rogue, Bergen, Museum Vest, 2013.

Il est intervenu (avec Olivier CHALINE) au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant:

La Bretagne, de l’« âge d’or » à la frontière maritime d’État

Aux XVIe et XVIIe siècles, la navigation commerciale bretonne ne profite pas pleinement de « l’âge d’or » de la province en raison d’un nationalisme économique croissant et de la concurrence de la flotte des Provinces-Unies. Cependant, les activités maritimes se maintiennent et nombre d’entre elles prennent une nouvelle dimension au XVIIIe siècle avec le développement des grands ports tournés vers l’outre-mer, le dynamisme du cabotage et les nouvelles opportunités offertes par les progrès techniques à l’exemple la pêche sardinière. Depuis les travaux novateurs d’André Lespagnol sur Saint-Malo, les recherches universitaires ont posé un nouveau regard sur les multiples activités des petits ports ainsi que sur la complexité des sociétés littorales.

La frontière maritime n’est pas en Bretagne une nouveauté de l’État royal des Bourbons. C’est une réalité dès la période ducale : en 1512, le naufrage de la Cordelière en témoigne. Mais les descentes se font désormais moins vers l’Angleterre et le Pays de Galles que vers le continent, breton ou non. Fortifier le littoral est une constante, tout comme mobiliser les hommes en cas d’incursion sur la côte.

Ce qui change, c’est l’affirmation loin de Paris et de Versailles au cours du XVIIe siècle de la puissance militaire française face à l’Angleterre et aux Provinces-Unies. Une nouvelle géographie militaire se dessine avec la construction d’une marine de guerre d’État : elle est faite d’arsenaux, de fortifications et de circonscriptions des classes. Le roi saisit les hommes et les ressources, apporte aussi l’emploi et les marchés, encourage la course. Mais c’est devant les côtes bretonnes qu’ont lieu blocus et combats.

Le texte de sa contribution est paru, sous le titre « Les activités maritimes de la Bretagne à l’époque moderne », dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 275-288.

Philippe Hamon, lors du congrès du centenaire de la SHAB à Rennes, novembre 2021. Photo : FB

HAMON Philippe 2021

Professeur d’histoire moderne à l’Université Rennes 2, est spécialiste du XVIe siècle ; depuis une quinzaine d’années, il travaille sur les guerres de Religion en Bretagne – et en particulier la période de la Ligue.

Publications :

  • Philippe HAMON, « Rennes au temps de la Ligue : pouvoir municipal et pouvoirs dans la ville » dans Philippe HAMON, Catherine LAURENT (dir.) Le pouvoir municipal de la fin du Moyen Âge à 1789, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2012, p. 271-284 .
  • Philippe HAMON, « Paradoxes et l’ordre et logiques fragmentaires : une province entre en guerre civile (Bretagne, 1589) », Revue historique, no 671, juillet 2014, p. 597-628.
  • Philippe HAMON,« Prospérer dans la guerre ? Redon pendant la Ligue (1589-1598) », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 121, no 2, juin 2014, p. 83-106.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La Bretagne et les guerres de Religion : de l’effacement au renouveau (1920-2020)

L’historiographie de la période des guerres de Religion, en Bretagne, est marquée par une polarisation très ancienne sur le temps de la Ligue, seule période pendant laquelle la province est très activement impliquée dans la guerre civile. Au cours du dernier siècle, les travaux ont connu d’abord une nette régression, après les grandes heures des années 1850-1914, avant que ne s’amorce progressivement un renouveau, qui est devenu spectaculaire à partir des années 1980.

Le reste de la période est logiquement resté plus dans l’ombre. Cependant certains dossiers ont été renouvelés, par exemple l’étude de l’« échec » protestant en Bretagne et celle des rapports entre la province et une monarchie profondément perturbée par les guerres civiles et qui oscille entre demandes urgentes (financières en particulier) et velléités de réformes en profondeur. Plusieurs travaux laissent penser que la territorialisation bretonne, institutionnelle et socio-politique, sort finalement renforcée de ces épreuves.

D’autre part, avec la diffusion du concept d’« Âge d’or » breton pour les années 1530-1670, s’est posée la question de la place et des effets de ce temps de crise au sein de ce cycle, depuis les fondements économiques jusqu’aux ancrages religieux. Il s’agit de prendre la mesure des dégâts, et parfois de les relativiser mais aussi de faire apparaître, y compris de façon contre-intuitive, des opportunités liées à la crise même.

Enfin, l’étude de cette dernière montre ce que le dossier breton peut apporter à des débats historiographiques très actuels sur la période, et au-delà. Cela vaut pour la place du religieux dans les « guerres de Religion » mais aussi pour la réflexion sur le rôle de l’événement en lien avec les formes prises par la politisation des acteurs, ou encore pour l’essor de la « police » et de l’encadrement social.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 255-273.

Michel Nassiet lors du congrès de la SHAB à Tréguier en 2017. Photo : DR

NASSIET Michel 2021

Professeur émérite d’histoire moderne, Université d’Angers.

Publications :

  • Michel NASSIET, « Anne de Bretagne, a Woman of State », dans The cultural and political legacy of Anne de Bretagne. Negociating Convention in Books and Documents, Cambridge, D.S. Brewer, 2010, p. 163-175.
  •  Michel NASSIET, « Bretagne, 1498 : une femme prend le pouvoir, “Le jour d’après” : comment s’établit une nouvelle domination », Mélanges de l’École française de Rome, no 132-1, 2020, p. 25-34.
  • Michel NASSIET, Anne de Bretagne. Correspondance et itinéraire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. ‘Mémoire commune », 2022.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La recherche historique sur Anne de Bretagne

L’historiographie d’Anne de Bretagne sera traitée au sens strict du terme, l’histoire du travail historique, en délaissant ce que l’on appelle le mythe, la construction d’une imagerie (ainsi le motif de la duchesse en sabot). Elle présente à la fois un paradoxe et un problème. Le paradoxe, c’est que ce personnage a été l’objet de dizaines de biographies qui se répètent, mais qu’aucune biographie récente ne conjugue érudition et compréhension du personnage. Le problème, c’est que ce sujet ne consiste pas seulement en une biographie : il est rendu complexe et par la pluralité des statuts du personnage (duchesse, puis reine, puis les deux à la fois), et par un problème d’histoire politique qui se situe au niveau du royaume, celui du projet d’autonomie du duché qui est explicité dans le traité de mariage avec Louis XII.

Ce document a été publié par Bertrand d’Argentré en 1582 dans son Histoire de Bretagne (avec d’autres sources écrites, et en recueillant aussi de précieuses sources orales). C’est un difficile problème historique que d’apprécier si ce traité était applicable, mais, pour maints historiens, et pas seulement des historiens bretons, il démontre que l’héritière du duché portait ce projet et était animée d’une volonté politique. À l’inverse, après que la monarchie l’a annihilé (en deux étapes, 1525 et 1532), des historiens ont contesté le projet de 1499 : l’un d’eux, en 1720, a contesté l’authenticité du texte, et un de nos contemporains le qualifie de « symbolique » !

Cette première opposition problématique en a engendré une autre, visant à savoir si l’épouse de Louis XII fut plus duchesse que reine, et plus bretonne que française. Des auteurs ont allégué que la reine aurait fait cause commune avec le pape, Jules II, ce que conteste, dès 1860, l’auteur de la meilleure biographie à laquelle tous les auteurs ultérieurs ont emprunté, Le Roux de Lincy. Puis, après 1870, des historiens ont reproché à la reine de favoriser la maison d’Autriche, en raison du projet de contrat du mariage de Claude avec le futur Charles Quint, ces auteurs étant moins attentifs au rapport de forces de 1501-1504 qu’à celui qui menaçait la France de leur temps.

Ces questions empêchent bien des auteurs d’accéder à une compréhension du personnage. La communication portera aussi sur les aspects culturels, auxquels ont contribué des travaux depuis le XIXe siècle jusqu’à tout récemment : sur le livre, le mécénat, les musiciens de la chapelle de la reine, et la culture matérielle autour de celle-ci. Signalons que d’importants articles ont été publiés dans les Mémoires de la SHAB : la révélation des relations de l’ambassadeur de Milan ; la datation des missives de la reine à la gouvernante de sa fille (un modèle de critique des sources) ; l’inventaire des manuscrits de la reine.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 211-230.

MAZEL Florian 2021

Professeur d’histoire médiévale à l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Publications :

  • Florian MAZEL, L’évêque et le territoire. L’invention de l’espace au Moyen Âge, Paris, Seuil, 2016.
  •  Florian MAZEL, La fabrique d’une légende. Saint Julien du Mans et son culte au Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021.
  • Florian MAZEL (dir.), Nouvelle histoire du Moyen Âge, Paris, Seuil, 2021.

Il est intervenu par vidéo-conférence au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

La réforme grégorienne en Bretagne entre Église, religion et société : les avatars historiographiques d’une vieille question

Depuis la fin du XIXe siècle, l’historiographie de la réforme grégorienne en Bretagne s’est longtemps développée sous une double influence : celle de l’historiographie catholique déplorant les misères de l’Église aux temps féodaux et célébrant la « restauration » grégorienne, d’une part ; celle du particularisme breton, d’autre part, manifesté par un décalage chronologique avec le reste du continent (un supposé « retard ») ou par des traits originaux (tenant, par exemple, aux marques d’une « chrétienté celtique »). Timidement engagées à partir de la fin des années 1960 sur le plan de la chronologie, la remise en cause de ces paradigmes et la réintroduction de la Bretagne dans un cadre géopolitique élargi ne se déploie que depuis une vingtaine d’années dans un contexte historiographique et savant renouvelé.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 191-209.