Tous les articles par Philippe Guigon

Carhaix, le tabard, après restauration, exposé sur son portant à l’hôtel de ville de Carhaix (cl. Ville de Carhaix-Plouguer)

TURCK Shannty 2023

Doctorante à l’université de Rennes 2.

Avec Jean KERHERVÉ, Michael JONES et Xavier de SAINT CHAMAS, elle a publié l’article suivant en 2023 :

Regards neufs sur le tabard et les hérauts de Carhaix (Finistère)

Un vêtement de héraut d’armes (tabard) conservé à la mairie de Carhaix (Finistère), qui a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 2015 et d’une restauration conservatoire, interroge les historiens et les conservateurs du patrimoine.

Son décor héraldique d’hermine plain, sa découpe et sa matière (laine) l’apparentent à ceux des hérauts ducaux de Bretagne de la fin du Moyen Âge, mais la présence sur la poitrine et le dos d’un blason de la ville posé en surcharge aux XVIIe-XVIIIe siècles témoigne de son utilisation à des fins différentes au fil du temps.

En l’absence d’archives pertinentes, l’étude, qui s’appuie sur l’histoire comparative et celle des techniques textiles, examine les différentes hypothèses de datation de ce qui reste sans doute l’un des plus anciens vêtements de ce type conservé en Europe.

Cet article est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 281-309.

RABOT Brice 2024

Président de la Société archéologique de Nantes et de Loire-Atlantique.

Les échanges de marchandises dans les campagnes bretonnes méridionales aux XIVe et XVe siècles

Brice Rabot a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.

L’histoire des circulations marchandes dans les campagnes de l’Ouest à la fin du Moyen Âge reste en grande partie à établir. Cadres de vie essentiels pour les hommes – 90 % de la population vit dans ces espaces à la fin du Moyen Âge –, les campagnes sont parcourues par toutes sortes de flux, à commencer par ceux liés au prélèvement seigneurial, qui alimentent par la suite les échanges extérieurs. Les aveux, dénombrements et plus encore les comptes – à partir des années 1430 pour la Bretagne méridionale – présentent quelques éléments épars, mais réels, pour tenter de saisir les logiques et les ressorts de ces mouvements.

Dans le sillage des derniers travaux de recherche, cette communication s’attachera à présenter l’importance des marchandises dans des structures d’abord tournées vers la satisfaction des besoins locaux – dans une double logique d’autosuffisance mais aussi de proximité, les transports étant compliqués et coûteux.

Elle s’attachera également à souligner les multiples interactions entre sphères économiques et sociales, avec l’émergence et la consolidation de nouvelles géographies agraires au tournant des XIVe et XVe siècles – notamment le domaine congéable, qui apparaît dans les sources des années 1370 en Vannetais, d’autres étant attestés en Cornouaille ou dans le Trégor, qui prend très vite appui sur les circulations marchandes pour consolider ses assises territoriales.

Enfin, cette présentation permettra de mettre en exergue quelques pistes de réflexion, qui demeurent aujourd’hui à consolider par des études d’ampleur plus large que le sous-ensemble régional, comme l’écoulement des productions des tenures vers la mer ou l’arrière-pays avant d’acquitter le prélèvement seigneurial, les relations entre les paysans et les marchands, les logiques d’investissement avec la spécialisation dans certaines productions, etc.

Brice Rabot est agrégé d’histoire et chercheur associé au Centre de recherches en histoire internationale et Atlantique (CRHIA, Université de Nantes) et au Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM, Université de Poitiers). Ses dernières investigations portent sur la reconstruction des campagnes de Bretagne méridionale à la fin du XVe siècle, les comptabilités seigneuriales ou encore les équilibres entre les communautés rurales.

Publications :

  • Brice RABOT, « La gestion d’une seigneurie rurale en pays de Retz à la fin du Moyen Âge : la comptabilité de la Blanchardais », Histoire et sociétés rurales, no 45, juin 2016, p. 69-114.
  • Brice RABOT, « Les comptabilités seigneuriales et les crises de la fin du Moyen Âge : l’exemple du comté de Nantes au XVe siècle », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, t. 153, 2018, p. 133-152.

L’histoire rurale de la Bretagne depuis un siècle

Brice Rabot est intervenu sur ce sujet, avec Isabelle GUÉGAN, au congrès 2021 de la SHAB à Rennes.

L’histoire des campagnes bretonnes du Moyen Âge à la Révolution française fait l’objet de plusieurs paradoxes. Le premier, que les historiens n’ont pas manqué de souligner, tient à la difficulté d’appréhension des sources. Regroupant la très grande majorité des habitants à travers les siècles, les campagnes bretonnes restent malgré tout difficiles à étudier faute de sources explicites. Les archives posent en effet de nombreuses questions auxquelles il n’est pas toujours possible de répondre.

Pour autant, et c’est là un deuxième paradoxe à souligner, les campagnes bretonnes ont régulièrement été replacées au centre des attentions historiques. D’Henri Sée, avec l’étude des classes rurales, à Jean Gallet, avec l’étude des rapports entre seigneurs et paysans du XVe siècle au XVIIIe siècle, en passant par Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, avec l’étude de la Bretagne au tournant des XIIIe-XVe siècles, des pistes ont été esquissées pour jeter des regards plus approfondis sur les ruraux.

Depuis le début des années 2000, l’histoire rurale bretonne a connu de profondes réorientations, croisant les approches et les concepts empruntés aux autres sciences humaines. L’anthropologie historique, la géographie, l’archéologie, la sociologie ou encore le droit ont ouvert d’autres perspectives dont se sont saisis les chercheurs pour tenter de comprendre l’essence des campagnes bretonnes à travers les siècles. Mais, malgré ces efforts, les campagnes bretonnes n’ont pas fait l’objet d’une monographie régionale qui leur soit entièrement consacrée, contrairement aux régions voisines (comme l’Anjou à la fin du Moyen Âge).

Le congrès du centenaire de la SHAB offre une occasion unique de se pencher sur ces thématiques. Notre objectif n’est nullement de pallier les lacunes historiographiques. Il s’agira, plus modestement, de mettre en exergue quelques pistes de recherche qui ont récemment démontré la richesse et l’intérêt de l’histoire rurale. Ce faisant, nous établirons quelques éléments issus des investigations les plus récentes pour prouver, s’il en était besoin, que l’histoire rurale bretonne est non seulement riche en perspectives, mais aussi parfaitement adéquate pour interroger de larges pans de l’histoire bretonne, au croisement des grands champs historiques et des autres sciences humaines.

Le rapport à la terre avec les relations sociales induites, l’insertion dans les circuits d’échanges (matériels ou immatériels) pour organiser les structures rurales, le droit foncier avec les rapports de force, les stratégies et les accommodements des uns et des autres pour tirer au mieux profit des potentialités agraires sont autant de points sur lesquels nous reviendrons.

Le texte de leur contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 411-435.

de SAINT CHAMAS Xavier 2022

Conservateur des Monuments historiques, DRAC Bretagne.

Avec Jean KERHERVÉ, Michael JONES et Shannty TURCK, il a publié l’article suivant :

Regards neufs sur le tabard et les hérauts de Carhaix (Finistère)

Un vêtement de héraut d’armes (tabard) conservé à la mairie de Carhaix (Finistère), qui a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 2015 et d’une restauration conservatoire, interroge les historiens et les conservateurs du patrimoine.

Son décor héraldique d’hermine plain, sa découpe et sa matière (laine) l’apparentent à ceux des hérauts ducaux de Bretagne de la fin du Moyen Âge, mais la présence sur la poitrine et le dos d’un blason de la ville posé en surcharge aux XVIIe-XVIIIe siècles témoigne de son utilisation à des fins différentes au fil du temps.

En l’absence d’archives pertinentes, l’étude, qui s’appuie sur l’histoire comparative et celle des techniques textiles, examine les différentes hypothèses de datation de ce qui reste sans doute l’un des plus anciens vêtements de ce type conservé en Europe.

Cet article est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 281-309.

–––

Il a présenté avec Yann CELTON, au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix, les monuments suivants:

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Cléden-Poher, enclos et calvaire

L’article étudie les différents éléments constitutifs du site de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Cléden-Poher :

  • L’église, le calvaire et l’ossuaire
  • Le mobilier
  • La statue Notre-Dame
  • Le maître-autel
  • Les autels latéraux
  • La table de communion
  • Les peintures de la voûte
  • Les cloches
  • L’orfèvrerie.

Le texte de cette contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 340-357.

GUIGON Philippe 2024

Ex-contrôleur de la circulation aérienne, docteur en archéologie de l’université de Rennes 1, spécialiste du haut Moyen Âge breton. Il est secrétaire de la SHAB depuis 2017.

Publications :

  • Denise DELOUCHE, Philippe GUIGON (dir.) Félix Marant-Boissauveur (1821-1900). Album breton, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2017.
  • Maurice GAUTIER, Philippe GUIGON, Gilles LEROUX, Les moissons du ciel. 30 années d’archéologie aérienne au-dessus du Massif armoricain, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019.

Archéologie aérienne au pays de Loudéac

Philippe Guigon a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024. en compagnie de Catherine Bizien-Jaglin, Maurice Gautier étant excusé.

Depuis plus de trente ans, trois archéologues volants (Catherine Bizien-Jaglin, Maurice Gautier et Patrick Naas) scrutent les paysages du pays de Loudéac, où ils ont détecté, grâce aux anomalies de croissance des cultures, au bas mot un millier d’entités archéologiques enfouies ou arasées.

Comme pour l’ensemble du Massif armoricain, la période la mieux représentée est celle de l’âge du Fer, avec ses nombreuses fermes aux enclos emboîtés ou juxtaposés. Les établissements antiques du type villa sont difficiles à identifier du fait de la forte dynamique agricole locale, qui a détruit les niveaux d’occupation. Le haut Moyen Âge n’est sûrement pas absent, mais comment y discriminer ses structures fossoyées, très semblables à celles des périodes antérieures ?

Plus tardivement se retrouvent les habituelles mottes, châteaux et au moins une abbaye disparue. Les images satellitaires, tout comme la technologie lidar (laser aéroporté), apportent de remarquables compléments d’information, notamment sur l’âge du Bronze avec la révélation de nécropoles inédites. Le Centre Est Bretagne n’était donc pas une forêt quasi impénétrable, mais une région largement anthropisée aux époques anciennes.


Le “A” de SHAB : “archéologie” ou “amnésie” ?

Philippe Guigon est intervenu sur ce sujet lors du congrès du centenaire de la SHAB à Rennes, en novembre 2021.

Dès ses débuts, l’archéologie fut un objet revendiqué de la SHAB. La lettre « A » de son titre aurait pu désigner des termes à cette époque encore en usage en 1920, ainsi l’adjectif « académique » ou le substantif « antiquaire ». Mais, comme plusieurs sociétés départementales portaient dans leur dénomination le mot « archéologique », celui-ci s’imposa à nos pères fondateurs.

En un siècle d’existence, quelle part revient à l’archéologie dans les Bulletins et Mémoires de la SHAB ? Grâce aux Tables de Jacques Charpy et Alain Gallicé, il est aisé d’isoler les articles et comptes rendus consacrés à cette discipline. Sur 1 280 communications (589 auteurs), le corpus retenu de celles spécifiquement archéologiques, ne portant que sur la Bretagne historique à de très rares exceptions près, apparaît mince, avec 98 textes (72 auteurs). La classification de ces textes par périodes chronologiques étudiées s’opère comme suit :

  • Préhistoire, 41
  • Protohistoire, 7
  • Antiquité, 12
  • Moyen Âge, 20
  • 8, transversales, ne s’attachent pas à une période spécifique
  • 5 autres s’intéressent à l’historiographie de la discipline
  • et 5 aux institutions encadrant sa pratique.

Les Mémoires ne pouvaient remplir ce rôle d’information de l’actualité, étant destinés à publier de plus longues communications portant sur les domaines à l’ordre du jour des congrès annuels. Peu nombreuses et de longueurs variables, 11 de 1925 à 1964, puis après une interruption de douze ans, 37 de 1976 à 2019, elles sont signées d’universitaires et de responsables d’institutions en charge de l’archéologie (Jean-Baptiste Colbert de Beaulieu, Pierre Merlat, Louis Pape). Fait notable, la Préhistoire est quasi oubliée, alors qu’apparaissent la Protohistoire et l’Antiquité (Patrick Galliou, René Sanquer) puis le Moyen Âge (Hubert Guillotel, Patrick Kernevez), enfin des études historiographiques (Gautier Aubert) et quelques communications transversales.

Enfin, l’archéologie est mentionnée dans les recensions d’ouvrage (50 sur un total de 945), à partir de 1952 puis avec un accroissement très net dans les décennies 2000 (15) et 2010 (20). Inévitablement, une forte endogamie règne chez les recenseurs, en raison du faible nombre de spécialistes.

Bilan mitigé pour ce qui concerne l’étude de l’archéologie au sein de la SHAB, sans que l’on puisse tout de même parler d’amnésie ! Ne peut guère être incriminée la concurrence des sociétés de son collège, même si la Société polymathique du Morbihan et la Société archéologique du Finistère jouent leur partie. Des publications universitaires attirent d’avantage les archéologues, de 1952 à 1973 les Annales de Bretagne, depuis 1984 la Revue archéologique de l’Ouest, cette dernière sur une aire géographique dépassant celle de la Bretagne. À nous, et à nos successeurs de faire mieux pour le siècle prochain, en conservant tout de même notre « A », ne serait-ce que pour des raisons d’euphonie…

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 539-561.

Sébastien Carney, lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo FB

CARNEY Sébastien 2021

Membre du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC, EA 4451) et maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Bretagne occidentale à Brest. Il est spécialisé dans l’étude du nationalisme breton, de l’instrumentalisation de l’histoire et de la recomposition des identités en sortie de guerre.

Publications :

  • Sébastien CARNEY, Breiz Atao ! Mordrel, Delaporte, Lainé, Fouéré : une mystique nationale (1901-1948), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. Histoire, 2015.
  • Sébastien CARNEY (dir.), 1917-1919 : Brest ville américaine ?, Brest, CRBC, 2018.
  • Sébastien CARNEY (dir.), Comment devient-on Jean-Pierre Calloc’h ?, Brest, CRBC, 2019.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Les histoires de Bretagne des nationalistes bretons depuis un siècle

En 1918 est créé le Groupe régionaliste breton, qui se donne pour objectif de « travailler activement au relèvement de la Patrie Bretonne », tâche inlassablement revendiquée par l’Unvaniez Yaouankiz Vreiz (Union de la jeunesse de Bretagne, 1919), le Parti autonomiste breton (1927), le Parti national breton (1931), le Mouvement pour l’organisation de la Bretagne (1957), l’Union démocratique bretonne (1964) et d’autres structures encore.

Dans ce cadre, l’histoire de la Bretagne est un enjeu d’importance, qui permet de construire la nation et son identité. De fait, attachés à conscientiser des Bretons francisés, plusieurs auteurs se sont attachés à produire un récit édifiant, que des militants se sont chargés de répandre. Quels furent leur discours et leur pédagogie ? Quelle histoire de la Bretagne ont-ils racontée, comment et pourquoi ?

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 513-537.

Jacqueline Sainclivier lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo FB

SAINCLIVIER Jacqueline 2021

Professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Rennes 2. Spécialiste de la France au XXe siècle.

Publications :

  • Jacqueline SAINCLIVIER, La Bretagne dans la guerre (1939-1945), Rennes, Ouest- France/Mémorial de Caen, 1994.
  • Jacqueline SAINCLIVIER, « L’engagement des femmes dans la Résistance française », dans Armelle MABON, Gwendal SIMON (dir.), L’engagement à travers la vie de Germaine Tillion, Marseille, Riveneuve, 2013, p. 133-143.
  • Jacqueline SAINCLIVIER, « Les poches de Lorient et Saint-Nazaire. Siège et incertitudes », dans Michel CATALA (dir.), Les poches de l’Atlantique, 1944-1945. Le dernier acte de la Seconde Guerre mondiale en France, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019, p. 35-48.

Elle est intervenue au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Les femmes au prisme des sociétés historiques de Bretagne

Si, aujourd’hui, l’étude des femmes et du genre s’est largement développée en histoire, elle ne faisait pas partie des préoccupations du monde cultivé du XIXe siècle ni de celles des sociétés savantes ; les femmes étaient invisibles. Elles apparaissent si elles sont de naissance aristocratique ou royale, ou comme « femmes/veuves de » ou encore sur le mode anecdotique mais quasiment jamais en tant qu’individu autonome.

L’historien ou l’historienne d’aujourd’hui doit parfois « chercher la femme », ce qui rejoint l’interrogation du colloque qui s’est tenu en 1984 à l’initiative de Michelle Perrot sous le titre : « Une histoire des femmes est-elle possible ? » ; sous l’apparente provocation, c’était une incitation à aborder d’un œil neuf l’étude des sociétés. Tournant dans la recherche historique, ce colloque a encouragé les études sur ce thème qui se sont multipliées chez les universitaires mais qu’en est-il dans les sociétés historiques de Bretagne ?

Les statuts de ces sociétés ne renseignent que partiellement sur la place des femmes mais il est possible de mieux connaître celle-ci à travers les sujets traités dans les articles des revues de ces sociétés, en examinant les signataires des articles et la proportion d’adhérentes lorsque cela est possible.

Sans surprise, les sociétés savantes d’archéologie et d’histoire de Bretagne fondées pour la plupart au XIXe siècle reflètent au fil des décennies la société de leur époque avec des nuances d’un département à l’autre ; mais elles ont presque toujours un temps de retard. On peut distinguer trois grandes phases : de la fondation à l’entre-deux-guerres, des années 1940 aux années 1970 et de celles-ci à nos jours. On note une première vague d’adhésions de femmes à partir de l’entre-deux-guerres et une accélération à partir de la fin du XXe siècle. Les autrices, en revanche, restent très rares jusqu’à la fin de ce même XXe siècle. Une évolution qui reflète certes les transformations sociales mais aussi un « plafond de verre » non-dit dans le milieu de la recherche.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 493-511.

LE COUÉDIC Daniel 2021

Architecte et historien, professeur émérite à l’Université de Bretagne occidentale à Brest où il a dirigé l’Institut de géoarchitecture et son laboratoire de recherche. Il a été expert auprès des ministères de l’Équipement et de la Culture et a présidé la section « Aménagement de l’espace, Urbanisme » du Conseil national des universités.

Publications :

  • Daniel LE COUÉDIC, Les architectes et l’idée bretonne, du renouveau des arts à la renaissance d’une identité, Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne/Archives modernes d’architecture de Bretagne, 1995.
  •  Daniel LE COUÉDIC, Philippe BONNET, Architectures en Bretagne au XXe siècle, Quimper, Palantines, 2012
  • Daniel LE COUÉDIC, Simon TEXIER, La saga Lesage : 3 architectes, le métier et la cause, Châteaulin, Locus Solus, 2021.
  • Amandine Diener, Daniel le Couédic. Roland Schweitzer : Modernité et longue durée. Éditions du patrimoine, 2024, 216 p. Voir la présentation de cet ouvrage sur ce site en page Actualités.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Un siècle d’urbanisme à la mode de Bretagne

L’urbanisme – néologisme forgé en 1910 – a connu sa première traduction législative en 1919 où les villes de plus de 10 000 habitants, celles à caractère pittoresque ou en rapide croissance et certaines stations balnéaires durent se doter de plans d’aménagement, d’embellissement et d’extension. En dépit du peu de dynamisme que l’on prêtait à ses villes et de la désapprobation que suscitaient souvent les créations littorales, la Bretagne en connut d’intéressants, parfois engendrés dans la controverse.

Surtout, les dramatiques destructions qui l’affligèrent durant la Seconde Guerre mondiale conférèrent vite à ces documents, souvent encore en gestation, une actualité aussi considérable qu’inattendue. Ils furent cependant inégalement pris en compte par les urbanistes reconstructeurs, désignés par l’État quand leurs prédécesseurs, issus fréquemment de leurs services, l’avaient été par les collectivités locales.

Depuis, chaque évolution législative ou réglementaire, chaque encouragement à l’expérimentation de nouvelles formules, a trouvé en Bretagne un écho et parfois des traductions spéciales. En s’appuyant sur quelques exemples mettant particulièrement en lumière des intentions originales, mais aussi des obstacles à leur réalisation, la communication montrera comment, depuis un siècle, elle a été un laboratoire de l’urbanisme, qui a progressivement placé les documents communaux (plans d’urbanisme directeurs, plans d’occupation des sols, plans locaux d’urbanisme) sous la coupe de schémas élargis, à l’instar des schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme, des schémas de cohérence territoriale et, plus récemment, des schémas régionaux d’aménagement et de développement durable du territoire.

En outre, d’abord essentiellement corrélé à la planification, le mot a élargi son acception pour couvrir des pratiques immédiatement opérationnelles, ce dont ont témoigné notamment les zones à urbaniser par priorité et les zones d’aménagement concerté. Plus récemment, l’urbanisme s’est parfois replié sur des domaines thématiques et, pour cela, s’est doté de procédures ad hoc, comme les schémas d’aptitude et d’utilisation de la mer et les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager : la Bretagne a su en tirer profit.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 461-491.

Daniel Le Couédic est également intervenu lors du congrès 2019 de la SHAB à Pornic sur le sujet suivant :

Le village Renouveau de Beg Meil : une pastorale hédoniste 

Inauguré en 1968, le village de vacances Ty Nod, à Beg Meil (Fouesnant), a reçu le label « Architecture du XXe siècle » en 2007. Ses volumes si particuliers — faits d’igloos, de bulles ou de dômes, selon les chroniqueurs — ont été à nouveau commentés lors de sa réouverture en juin 2018, au terme d’un important chantier de réhabilitation. Ils furent souvent regardés comme une excentricité des temps insouciants où les plans d’occupation des sols et la loi Littoral n’exerçaient pas encore leur rigueur.

Mais d’autres, mieux avertis des choses de l’art, y virent une des rares manifestations d’ampleur du mouvement de l’architecture-sculpture théorisé au milieu du siècle. L’intention du maître d’ouvrage et des concepteurs — les sculpteurs Pierre et Vera Székely et l’architecte Henri Mouette — allait au-delà : animés d’une intense spiritualité, ils voyaient dans la démocratisation des loisirs et l’essor du tourisme familial, un vecteur pour renouveler la pastorale et, dans cette architecture peu conventionnelle, le moyen d’y parvenir.

Légendes complètes des deux photos du village Renouveau de Ty Nod (colonne de gauche)

  • Mouette, Henri, Szekely, Pierre et Vera. Village Renouveau de Ty Nod (aujourd’hui Les Villages clubs du soleil), Beg-Meil (Fouesnant), 1968 (cl. D. Le Couédic).
  • Mouette, Henri, Szekely, Pierre et Vera. Village Renouveau de Ty Nod. Au premier plan : la grande salle de 300 places accueillant le meditorium et pouvant faire office de chapelle, 1969 (cl. D. Le Couédic).

Post-scriptum de la rédaction. Il n’est pas sans intérêt de savoir que Ty Nod est un toponyme breton aisément compréhensible (pour ceux… qui le savent ) que l’on pourrait transcrire selon les normes orthographiques en vigueur Ti ‘n Aot , en français : La maison de la côte ou du bord de mer.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome XCVII (2019) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 139-466.

Autres publications de Daniel Le Couédic dans les Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne

  • « Influences et emprunts dans l’architecture identitaire bretonne du XXe siècle », in Mémoires de la société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, Rennes, Tome LXXXI, 2003, pp. 295-315.
  • « Ascendance et postérité de l’urbanisme du nouveau Saint-Malo », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, Rennes, Tome LXXXIX, 2011, pp. 187-198.
  • « Les divulgations du Prix Architecture Bretagne, 1992-2012 », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, T. XCI, 2013, pp. 317-343.
  • « Lorient la syncrétique », in Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, T. XCII, 2014, pp. 123-152

JONES Michael 2023

Professeur d’histoire médiévale française, Université de Nottingham, 1991-2002 ; correspondant étranger de l’Institut, 2006 ; membre de l’Institut, 2017.

Publications :

  • Michael JONES, Patrick GALLIOU, The Bretons, Oxford, Blackwells, 1991.
  • Michael JONES, Between France and England. Politics, Power and Society in Late Medieval Brittany, Aldershot and Burlington VT: Ashgate Publishing Ltd., 2003;
  • Erika GRAHAM-GOERING, Michael JONES, Bertrand YEURC’H, Philippe CHARON, Aux origines de la guerre de succession de Bretagne. Documents (1341-1342), Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire t d’archéologie de Bretagne, coll. « Sources médiévales de l’histoire de Bretagne », no 9, 2019.

Avec Gwyn Meirion-Jones, il est intervenu au congrès de la SHAB de Guérande sur le sujet suivant :

Kerpondarm, Clis en Guérande, Loire-Atlantique

Le texte de leur contribution est paru dans le tome CII des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 265-287.

Avec Jean KERHERVÉ, Shannty TURCK et Xavier de SAINT CHAMAS, il est intervenu lors du congrès 2023 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :

Regards neufs sur le tabard et les hérauts de Carhaix (Finistère)

Un vêtement de héraut d’armes (tabard) conservé à la mairie de Carhaix (Finistère), qui a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 2015 et d’une restauration conservatoire, interroge les historiens et les conservateurs du patrimoine.

Son décor héraldique d’hermine plain, sa découpe et sa matière (laine) l’apparentent à ceux des hérauts ducaux de Bretagne de la fin du Moyen Âge, mais la présence sur la poitrine et le dos d’un blason de la ville posé en surcharge aux XVIIe-XVIIIe siècles témoigne de son utilisation à des fins différentes au fil du temps.

En l’absence d’archives pertinentes, l’étude, qui s’appuie sur l’histoire comparative et celle des techniques textiles, examine les différentes hypothèses de datation de ce qui reste sans doute l’un des plus anciens vêtements de ce type conservé en Europe.

Cet article est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 281-309.

Avec Gwyn MEIRION-JONES, il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Deux chercheurs gallois sur le terrain breton. Un demi-siècle d’aventures

Pendant plus de cinquante ans, deux universitaires britanniques – gallois – ont consacré l’essentiel de leurs recherches à la Bretagne. Gwyn Meirion-Jones, archéologue du bâti, a étudié l’habitat breton, tant vernaculaire que seigneurial. Michael Jones, historien, qui a rencontré pour la première fois enfant la Bretagne, son peuple, son histoire et sa culture avant d’en entamer une étude plus sérieuse en devenant étudiant à Oxford et d’y consacrer sa thèse à Jean IV dont il est devenu le meilleur spécialiste. Il a ensuite étendu ses recherches sur tous les ducs, les institutions et l’administration du duché médiéval du XIIe siècle jusqu’à la duchesse-reine Anne, le point central de la quête de toute une vie de recherche. Tous deux reviennent ici sur ces années, riches en expériences intellectuelles et humaines.

Le texte de leur contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 437-460.

MOSSER Françoise 2022

Archiviste-paléographe, conservateur général (ER) du patrimoine.

Françoise MOSSER, « Entre érudition et convivialité : souvenirs de la SHAB il y a cinquante ans », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2022, t. C, p. 93-98.

GUÉGAN Isabelle 2024

Vendeurs mais aussi acheteurs. Le rapport au marché des paysans bas-bretons au XVIIIe siècle

Isabelle Guégan a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.

Longtemps a prévalu l’idée que sous l’Ancien Régime le paysan vivait en autarcie sur sa tenue. Il aurait alors vendu tout ce qu’il lui était possible de vendre (bleds, animaux, lin, chanvre, beurre, etc.) et n’aurait acheté que le minimum de denrées et objets sur les marchés ou les foires. Or, de nombreux travaux récents ont examiné à nouveau frais cette idée qui allait à l’encontre de la présence des nombreux marchés et foires qui maillaient le territoire et qui étaient intensément fréquentés par les paysans.

L’historiographie a trop longtemps présenté l’histoire de la paysannerie comme une « histoire immobile » dans laquelle le cadre de vie ou les outils agricoles du paysan auraient peu ou prou été identiques tout au long des trois siècles de l’Ancien Régime. Mais l’examen minutieux des inventaires après décès par exemple prouve que le paysan, s’il est bien vendeur, est aussi acheteur de denrées ou objets qu’il ne produit pas.

Cela peut concerner des outils agricoles, ferrés notamment, du linge (rubans, coton), comme des boucles de souliers, des poteries d’usage quotidien et, dans une moindre mesure, des denrées coloniales (café, sucre) ou tout simplement des condiments tels que sel et poivre.

Enfin, a souvent été omis le marché de seconde main, difficile à saisir, mais que l’on perçoit dans les ventes publiques servant d’inventaire après décès où la population du voisinage se saisit de l’occasion d’acquérir à prix réduit des objets du quotidien. Notre étude portera notamment sur les paroisses de la subdélégation de Quimperlé et des inventaires après décès de Querrien et Moëlan ainsi que sur quelques sources littéraires.

Isabelle Guégan est docteur en histoire moderne et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC). Thèse soutenue en 2018 sous la direction du professeur Philippe Jarnoux « Rapport à la terre, conflits et hiérarchies sociales au XVIIIe siècle en Basse-Bretagne ». Principaux champs de recherche : histoire des campagnes bretonnes sous l’Ancien Régime, pratiques agraires, relations seigneurs paysans, histoire des épidémies et de la démographie.

Publications :

  • Isabelle GUÉGAN, « Marché de la terre et cycle de vie chez les paysans aisés de la région de Quimperlé au XVIIIe siècle », Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. XCV, 2017, p. 79-107.
  • Isabelle GUÉGAN, « Le pré dans l’économie agraire bas-bretonne au XVIIIe siècle. Aménagements hydrauliques et spéculations foncières », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 128/1, 2021, p. 55-78.

Isabelle Guégan est intervenue, avec Brice Rabot, au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

L’histoire rurale de la Bretagne depuis un siècle

L’histoire des campagnes bretonnes du Moyen Âge à la Révolution française fait l’objet de plusieurs paradoxes. Le premier, que les historiens n’ont pas manqué de souligner, tient à la difficulté d’appréhension des sources. Regroupant la très grande majorité des habitants à travers les siècles, les campagnes bretonnes restent malgré tout difficiles à étudier faute de sources explicites. Les archives posent en effet de nombreuses questions auxquelles il n’est pas toujours possible de répondre.

Pour autant, et c’est là un deuxième paradoxe à souligner, les campagnes bretonnes ont régulièrement été replacées au centre des attentions historiques. D’Henri Sée, avec l’étude des classes rurales, à Jean Gallet, avec l’étude des rapports entre seigneurs et paysans du XVe siècle au XVIIIe siècle, en passant par Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, avec l’étude de la Bretagne au tournant des XIIIe-XVe siècles, des pistes ont été esquissées pour jeter des regards plus approfondis sur les ruraux.

Depuis le début des années 2000, l’histoire rurale bretonne a connu de profondes réorientations, croisant les approches et les concepts empruntés aux autres sciences humaines. L’anthropologie historique, la géographie, l’archéologie, la sociologie ou encore le droit ont ouvert d’autres perspectives dont se sont saisis les chercheurs pour tenter de comprendre l’essence des campagnes bretonnes à travers les siècles. Mais, malgré ces efforts, les campagnes bretonnes n’ont pas fait l’objet d’une monographie régionale qui leur soit entièrement consacrée, contrairement aux régions voisines (comme l’Anjou à la fin du Moyen Âge).

Le congrès du centenaire de la SHAB offre une occasion unique de se pencher sur ces thématiques. Notre objectif n’est nullement de pallier les lacunes historiographiques. Il s’agira, plus modestement, de mettre en exergue quelques pistes de recherche qui ont récemment démontré la richesse et l’intérêt de l’histoire rurale. Ce faisant, nous établirons quelques éléments issus des investigations les plus récentes pour prouver, s’il en était besoin, que l’histoire rurale bretonne est non seulement riche en perspectives, mais aussi parfaitement adéquate pour interroger de larges pans de l’histoire bretonne, au croisement des grands champs historiques et des autres sciences humaines.

Le rapport à la terre avec les relations sociales induites, l’insertion dans les circuits d’échanges (matériels ou immatériels) pour organiser les structures rurales, le droit foncier avec les rapports de force, les stratégies et les accommodements des uns et des autres pour tirer au mieux profit des potentialités agraires sont autant de points sur lesquels nous reviendrons.

Le texte de leur contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 411-435.