GOYET Thierry 2022
Historien de formation, chercheur, chargé d’études d’Inventaire au Conseil régional de Bretagne. Depuis 2018, il a la responsabilité de l’opération d’inventaire du patrimoine des lycées. Dans les années 1990, parmi d’autres écrits, il a publié un ouvrage sur l’écomusée de Groix, un article sur le secteur sauvegardé de Rennes, ou encore réalisé le programme muséographique de l’exposition « Yec’hed mat, boire en Bretagne ». En 2021, la revue In Situ (no 44), a publié son article sur les lycées de la Reconstruction à Lorient (https://journals.openedition.org/insitu/31318).
Il est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
Le lycée Paul-Sérusier de Carhaix : architecture et sculptures
Le lycée Paul-Sérusier de Carhaix-Plouguer, ouvert en 1967 sur le site de l’avenue Waldkeppel, est un exemple de construction scolaire industrialisée des années 1960 ; un exemple de réponse à la « démocratisation » ou « massification » de l’enseignement secondaire. Il regroupe, sur un même site, un lycée « classique et moderne » et un collège d’enseignement technique « industriel et commercial », mixtes. Sa construction a été confiée aux architectes brestois Hervé Péron et Alexandre Weisbein qui ont donné un ensemble de plans, conservés aux Archives départementales du Finistère, permettant d’illustrer l’organisation des espaces scolaires et des autres fonctions de ce qui, plus qu’une architecture, constitue un véritable ensemble urbain.
La procédure de décoration des établissements scolaires – le « 1 % artistique » – se développe à partir de 1951. Le lycée Paul-Sérusier a ainsi été décoré d’un ensemble de sept sculptures, dues à trois artistes de renom, Fumio Otani, Robert Fachard et Klaus Schultze.
Plus de soixante ans après sa construction, œuvres et bâtiments pâtissent d’un manque de considération du « grand public ». La Région Bretagne (service de l’Inventaire du patrimoine culturel) étudie, depuis 2018, le patrimoine des lycées et porte régulièrement à la connaissance du public les résultats provisoires de cette opération.
Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 217-247.
MANDARD Léandre 2022
Agrégé d’histoire et doctorant au Centre d’histoire de Sciences-Po (CHSP). Après avoir étudié le mouvement militant gallo au XXe siècle, il s’intéresse à l’histoire sociale, culturelle et environnementale de la modernisation agricole en Bretagne. Il est secrétaire du comité de rédaction de l’Encyclopédie de la Haute-Bretagne (dir. Pascal Ory, à paraître aux Presses universitaires de Rennes.
Il est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
Résister au remembrement rural en Bretagne dans les années 1970. Le cas de Trébrivan
Pendant toute la décennie 1970, le remembrement de la commune de Trébrivan (Côtes-d’Armor), à une dizaine de kilomètres au nord-est de Carhaix, a défrayé la chronique, au point d’incarner l’opposition à cet aménagement foncier controversé. C’est sans doute, en partie, parce qu’il fut marqué par des alliances inattendues du côté des contestataires : cultivateurs ordinaires s’estimant spoliés, membres du mouvement breton attachés au bocage et à la culture paysanne, cinéastes sensibles à l’écologie, ou encore militants maoïstes défendant les petits paysans contre un aménagement qui favorise les « gros ».
Le répertoire de la contestation n’en fut que plus varié : constitution d’un comité de défense paysanne, multiplication des recours légaux jusqu’au Conseil d’État, arrachages de bornes, envahissement de la mairie pour empêcher l’adjudication des travaux, obstruction du travail des bulldozers, pétition contre l’internement psychiatrique d’un habitant rebelle à l’opération, organisation d’événements de soutien aux opposants… Malgré cette résistance opiniâtre, les travaux furent effectués sous protection des gendarmes mobiles, et le remembrement mené à son terme, laissant derrière lui une communauté villageoise divisée et, près de cinquante ans après les événements, une mémoire encore douloureuse.
Nous resituons ces événements dans une histoire et une géographie plus larges, pour nous demander dans quelle mesure ce remembrement, par l’écho exceptionnel qu’il a rencontré et la mobilisation qu’il a suscitée, nous donne à voir des rapports de domination, des souffrances et des résistances généralement invisibilisés, mais inhérents à la plupart des opérations de remembrement.
Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 193-215.
LE GALL Joseph 2022
Joseph Le Gall, archéologue, responsable d’opération à l’INRAP, interrégion Grand-Ouest, est spécialisé dans l’étude des habitats ruraux de l’âge du Fer à la fin du haut Moyen Âge. De 2009 à 2013, il a dirigé avec Yves Menez les recherches programmées menées sur l’enceinte de Bressilien à Paule.
Publications :
- Joseph LE GALL, « Une résidence aristocratique des VIIIe-IXe siècles au cœur de la Bretagne. L’enceinte de Bressilien à Paule (Côtes d’Armor) », dans Pierre-Yves LAFFONT (dir.), Les élites et leurs résidences en Bretagne au Moyen Âge, Actes du colloque de Guingamp et Dinan (28 et 29 mai 2010), Rennes, Presses universitaires de, Rennes, 2014, p. 125-138.
- Joseph LE GALL, Benjamin LEROY, « Le haut Moyen Âge », dans Yves MENEZ, Thierry LORHO, Erwan CHARTIER-LE FLOCH, Archéologie en centre Bretagne, Spézet, Coop Breizh, 2015, p. 127-140.
Il est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
Les enceintes médiévales de Centre-Bretagne : les exemples de Bressilien à Paule et de Croas Anna à Glomel (Côtes-d’Armor)
Depuis près de 20 ans, les données archéologiques sur les occupations rurales du premier Moyen Âge en Bretagne ont été profondément renouvelées. À l’ouest de la péninsule bretonne, elles révèlent une grande diversité. Ces territoires voient le développement de nombreux habitats dispersés, organisés au sein d’enclos, parfois regroupés au sein de petits hameaux. Dans ce contexte, des structures très singulières, que l’on qualifie d’enceintes, se détachent sur les hauteurs du massif armoricain.
Parmi les nombreuses enceintes repérées en Centre-Bretagne, six d’entre elles ont fait l’objet d’une intervention archéologique, et deux d’entre elles ont fait l’objet d’une fouille de grande surface. L’enceinte de Bressilien à Paule a été étudiée dans le cadre d’une opération programmée menée de 2009 à 2013. Elle livre les vestiges d’un habitat élitaire fortifié, constituant le centre d’un lieu de pouvoir important.
Le système d’enceintes de Croas Anna à Glomel a quant à lui été découvert dans le cadre d’une opération préventive menée en 2021 et 2022. Le site révèle le développement progressif d’un véritable village, au sein duquel se répartissent des espaces d’habitation, un espace religieux et un espace funéraire.
Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 36-55.
MICHEL Jean-Yves 2022
Professeur honoraire d’histoire au lycée de Carhaix. Auteur de Religion et politique en Bretagne de 1850-1960. Le cas du Poher, Spézet, Coop Breizh, 2000.
Il est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
François Jaffrennou, dit « Taldir ». Un parcours atypique
Taldir est un notable. Par sa naissance : une ascendance favorable à l’accès aux tud deuz an dud (« les gens d’entre les gens » = « les gens remarquables » = « les notables »). Par ses capacités, bien labourées ; par ses dons physiques et intellectuels : QI élevé, stature, voix forte, chanteur, parolier. Par son premier métier : le journalisme, 1904-1914, puis 1924-1943. Taldir est un original. Il s’est essayé à une synthèse multiforme : républicain catholique, la citoyenneté celtique et le patriotisme français, l’union du peuple et des élites.
Une girouette. Il aime prendre ses contemporains à contrepied : il soutient les prêtres lorsqu’ils sont la cible de toutes sortes de coups, mais il rend hommage aux hussards de la République, sauf pour ce qui concerne la langue bretonne : pour l’énorme majorité des adultes de l’époque, il y a là une contradiction majeure. Et puis, il a un faible pour les protestants qui ne sont pas hostiles à la langue bretonne. Il soutient et fréquente les nobles (Régis de L’Estourbeillon, entre autres), mais il encourage les domestiques agricoles à se syndiquer pour lutter contre les gros propriétaires terriens.
Il pratique volontiers la politique du pire
En 1906 il soutient le candidat de droite (un noble) lors des élections législatives et combat férocement le radical-socialiste, pourtant bretonnant, mais anticlérical ; en 1910, il soutient ce dernier et abandonne le candidat de droite à son sort. Lors des municipales de 1908 à Carhaix, il soutient la liste anti-Lancien, composée de conservateurs catholiques, modérés athées, radicaux-socialistes protestants. Mais il ne s’est jamais présenté au suffrage de ses concitoyens : la peur d’essuyer une humiliation. On a pu mesurer son influence électorale lorsqu’il a déplacé 9 % des suffrages (1910 par rapport à 1906).
La vanité est son plus gros péché. La chasse aux décorations : Instruction publique (!), Arts et Lettres, Légion d’honneur. Lettres-programmes adressées à des personnages de premier plan : Présidents de la République, Pétain ; la recherche des « fonctions » honorifiques (Tir, Rosière) ; la volonté inébranlable d’introduire, par la bande, le breton à l’école publique.
Taldir est une tête de Turc toute trouvée
Haï par les socialistes, les radicaux, les cégétistes, les cheminots, les commerçants en cidre ; détesté par certains prêtres, et non des moindres (l’évêque), car favorable au protestantisme ; mis en quarantaine par certains royalistes, car il défend la mémoire des Bonnets rouges ; vilipendé par les Résistants, surtout ceux de la 23e heure (très proche de l’abbé Perrot, articles pro-allemands dans L’Ouest-Éclair, et surtout dans L’Heure bretonne).
Arrêté en août 1944, détenu à Carhaix puis Quimper ; jugé coupable de « collaboration » ; perte de ses biens et exil à Bergerac ; gracié, comme beaucoup. Mais ne revient à Carhaix que subrepticement et préfère mourir à Bergerac. Sa tombe est surmontée d’un menhir et encadrée par des ifs centenaires, au centre du cimetière de Carhaix. Personne aujourd’hui à Carhaix ne célèbre sa mémoire. C’est comme si cette ville de gauche l’avait ostracisé.
LEROUX Bleuenn 2022
Titulaire d’un master sous la direction de Jean-Pierre Lethuillier (et accessible en ligne) sur la représentation équestre du roi. Enseignante dans le secondaire. Doctorante sous la direction de Jean-Marc Moriceau (Université de Caen) pour une thèse qui poste sur « Les usages du cheval en Bretagne de la fin du XVIIe au début du XIXe siècle ».
Elle est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
La foire aux chevaux de Carhaix : un marqueur de la place des équidés en Bretagne au XVIIIe siècle
Le cheval se rencontre partout en Bretagne puisqu’il permet la mobilité, transporte denrées et cavaliers, participe aux travaux des champs. C’est aussi un marqueur social. Chaque groupe social se distingue des autres par un équidé adapté à ses usages et ses besoins, les plus pauvres allant à pied. Les chevaux s’échangent dans toutes les foires, à petite échelle. Les lieux de rencontre, entre trente et cinquante en Bretagne, accueillent, pour certains, plusieurs foires par an. Les équidés se vendent ainsi par milliers à La Martyre, surtout l’été. Pontivy, Le Folgoët, Carhaix et Lamballe font figure de rendez-vous de second rang, plus importants toutefois que Tréguier, Guingamp ou Morlaix par le nombre de solipèdes qui s’y achètent. Plusieurs rencontres, organisées lors d’une fête religieuse, sont l’occasion de véritables courses hippiques ou de « pardons aux chevaux ».
Les foires aux chevaux de Carhaix ne peuvent pas être isolées des autres foires qui s’y tiennent ou du réseau des foires bretonnes. L’intérêt des rencontres carhaisiennes tient à trois facteurs. Tout d’abord, Carhaix héberge de nombreuses foires chaque année. Elles s’intègrent dans un parcours à l’échelle régionale. Les marchands passent ainsi de l’une à l’autre. Enfin, Carhaix constitue l’interface à la frontière de plusieurs terroirs dont les élevages s’avèrent aussi complémentaires qu’interdépendants.
DAUMAS Vincent 2022
Doctorant en histoire à l’Université Rennes 2 (laboratoire Erimit). Sa thèse porte sur les techniques minières dans les Andes du sud au XVIIIe siècle. Par ailleurs, il a travaillé sur les mines de Poullaouen-Huelgoat, et plus particulièrement sur les techniques métallurgiques qui y étaient utilisées, dans le cadre d’un stage à l’ASAM (Association de Sauvegarde de l’Ancienne Mine) et à la Maison de la Mine de Locmaria-Berrien.
Il est intervenu en visioconférence au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
Une porte d’entrée à la technique industrielle : les mines de Poullaouen et du Huelgoat aux XVIIIe et XIXe siècles
Cette communication porte sur les mines de plomb argentifère de Poullaouen et du Huelgoat, parmi les plus importantes de France aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles. Elles ne le furent pas seulement par le poids de leur production, mais aussi par l’apport technique qu’elles représentèrent pour l’ensemble de la filière minéro-métallurgique française à l’aube de la révolution industrielle. En effet, de nombreux procédés et machineries furent expérimentés pour la première fois dans ces mines, notamment du fait de la forte présence étrangère (allemande et anglaise surtout) dans la direction technique locale.
Par ailleurs, de nombreux ingénieurs et des élèves de l’École des Mines y firent des séjours d’observation, faisant ainsi des techniques utilisées dans ces mines des références pour les exploitations du reste du pays. Un certain tourisme industriel des divers voyageurs passant dans la région se développa même dans la première moitié du XIXᵉ siècle.
Cependant, du fait de son éloignement des grands bassins industriels en développement, le complexe des mines de Poullaouen et du Huelgoat prit de plus en plus de retard à partir de la moitié du siècle. L’exploitation ferma donc en 1866, alors que le reste de la France entrait de plain-pied dans l’industrialisation. Ce site méconnu, dont il reste peu de vestiges, est donc intéressant pour évoquer l’entrée, la diffusion et les rythmes de développement des techniques industrielles en Bretagne et en France.
Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 169-192.
Épidémies, médecine et assistance
De la peste de Justinien au Haut Moyen Âge à l’épidémie de variole à Vannes en 1954-1955, un volume entier des Mémoires de la SHAB, paru en 2021, est consacré aux épidémies. Quinze articles réunis pour présenter les maladies (la peste au Moyen Age, le typhus au 18e siècle, le choléra dans la 2e moitié du 19e siècle, la grippe espagnole et la variole au 20e siècle) et les moyens de lutter contre les épidémies à l’époque moderne, que ces matrices soient spirituelles (confrérie Saint-Roch à Dinan) ou plus rationnelles (municipalisation de la politique de protection des populations) ; traiter des sources hagiographiques ou fournir des indications bibliographiques relatives à l’histoire contemporaine des maladies infectieuses en Bretagne ; ou enfin, aborder l’épidémie sous l’angle de la littérature à travers La Peste d’Elliant, un des chants du Barzaz-Breiz, ou avec Tanguy Malmanche et Kou le Corbeau publié en 1937.
Avant la parution de ces Mémoires, les articles, plutôt rares au regard du nombre, s’orientaient vers l’exercice de la médecine au 18e siècle : apparition des chirurgiens-navigants au 18e siècle (1987, p. 139-184) et description de la communauté des maîtres chirurgiens de Rennes et de Montfort (1949, p. 79-99) ou de la pratique médico-légale des chirurgiens jurés de la sénéchaussée de Guérande (2002, p. 599-207) ; la transmission du savoir médical comme à Nantes avant et après la Révolution (1990, p. 107-123).
Et plusieurs monographies de médecins : Charles Lefeuvre, professeur à l’école de médecine de Rennes (1993, p. 335-363), Jean-François Méchinaud à Clisson au début du 19e (2004, p. 139-150), le docteur Cotonnec, apôtre de la culture physique et rénovateur du gouren (2007, p. 253-279) ou même le témoignage d’un officier de santé maire d’une commune pendant la Première Guerre mondiale (2015, p. 232-258).
Mais le sujet des épidémies et de la prophylaxie étaient déjà perçus à travers des articles sur une épidémie à Plénée-Jugon en 1754 (1954, p. 69-90) ou sur les mesures prises à Vannes au 18e siècle à l’égard des navires en provenance de régions où règne la peste (1987, p. 185-193).
Sujet corollaire, deux articles abordent l’assistance publique face aux nécessiteux en 1693 (1945, ^. 73-92) et à la fin de l’Ancien Régime (1925/1, p. 107-132).
Claudia Sachet
JUGAN Didier 2022
Membre du Groupe de recherches sur la peinture murale (GRPM) et vice-président de l’association Danses macabres d’Europe (DME), il est un chercheur indépendant en histoire de l’art. Il a participé à l’organisation du colloque « Peintures monumentales de Bretagne » dont les Actes ont été publiés aux Presses universitaires de Rennes en 2019. Il a coorganise le congrès DME qui s’est tenu à Brest du 19 au 23 septembre 2023.
Il est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
Une iconographie de l’eucharistie et de la transsubstantiation, à partir des panneaux de Carhaix
La sacristie de l’église, ancienne collégiale Saint-Trémeur, renferme un meuble du XIXe siècle, conçu pour abriter trois panneaux en bois de « haute-époque ». Selon René Couffon, ils proviennent d’un retable du Saint-Sacrement qui se trouvait dans l’église Saint-Trémeur, tombée progressivement en ruines et reconstruite vers 1880. Leur iconographie, en lien avec ce qu’on appelle les miracles eucharistiques, est analysée, mise en contexte avec l’époque de leur réalisation. La communication prend appui sur les œuvres de la même thématique que l’on trouve depuis le début du XIVe jusqu’au XVIIIe siècle en France et dans une partie de l’Europe, en nombre relativement restreint cependant (ce qui fait leur intérêt), mais avec un pic sensible vers le XVIe siècle.
Celui-ci forgé à partir d’un récit médiéval est en quelque sorte ressorti des cartons au début des Temps modernes avec l’arrivée du protestantisme, à l’heure où pourtant la Réforme catholique préfère s’en tenir aux textes de l’Ancien et du Nouveau Testament pour construire les récits iconographiques sur le sujet de l’eucharistie. Des données relatives à l’histoire de la Bretagne et à celle de Carhaix permettent de comprendre l’importance passionnelle du sujet iconographique.
Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 137-168.
BACHELIER Julien 2025
- Maître de conférences en histoire médiévale à l’UBO.
- Il a présenté la communication suivante en lien avec Olivia Hulot, archéologue, responsable des littoraux de Bretagne et de Loire-Atlantique au DRASSM, lors du congrès 2025 de la SHAB à Quiberon.
L’épave médiévale de Primel (Plougasnou, Finistère)
Au cours des années 1970, au pied de la pointe de Primel, les premiers indices d’une épave sortent des eaux. Les lingots de cuivre orientent, dans un premier temps, vers un navire protohistorique. Puis, au début des années 2020, une expertise suivie de fouilles subaquatiques mettent au jour d’autres lingots, des barres minérales et divers éléments végétaux et ichtyofauniques.
Ces nouvelles découvertes permettent non seulement de préciser le contenu de la cargaison et de revoir la datation. L’épave de Primel serait très probablement des XIe-XIIe siècles et elle vient rejoindre le maigre chapelet des autres épaves médiévales bretonnes (Trélévern, Aber Wrac’h, Sud Minou, Trez Malaouen).
La communication revient sur les étapes et le contexte de la découverte, et une relecture des quelques rares textes de la période et de la région proposera des hypothèses sur le port vers lequel pouvait se diriger – ou bien partir – ce navire disparu.
Le texte de sa contibution paraîtra dans le tome CIV des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne au printemps 2026.
BACHELIER Julien 2022
Julien Bachelier est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix. Il était alors PRAG à l’Université de Bretagne-Occidentale, directeur de l’IUP Métiers du Patrimoines (Quimper) et membre du CRBC (Brest). Thèse soutenue à Rennes-2 en 2013, intitulée Villes et villages de Haute-Bretagne, les réseaux de peuplement (XIe-XIIIe siècles).
Publications :
- Chantal REYDELLET, Monique CHAUVIN-LECHAPTOIS, Julien BACHELIER, Cartulaire de Saint-Melaine de Rennes, suivi de 51 chartes originales, Florian MAZEL (préf.), Rennes, Presses universitaires de Rennes/Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, coll. « Sources médiévales de l’histoire de Bretagne », no 5, 2015.
- Julien BACHELIER, Histoire de Fougères, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022.
Carhaix s’est-elle effacée au Moyen Âge ? Du chef-lieu de cité romain au pôle urbain médiéval
Caput civitatis des Osismes, Carhaix aurait connu après l’Antiquité un long et inexorable déclassement. De capitale romaine, la cité serait ensuite rentrée dans le rang pour se retrouver parmi la masse des villes médiévales bretonnes. L’histoire de Carhaix est souvent réduite à celle d’un lent déclin bercé par la nostalgie de son prestigieux passé romain. Mais Carhaix s’est-elle vraiment effacée au cours d’un long Moyen Âge (IVe-XVIe siècles) ?
Si du sol et du sous-sol resurgit le passé romain, les textes médiévaux et les plans anciens suggèrent que la ville actuelle reste en grande partie l’héritière de l’époque médiévale, permettant ainsi de nuancer, ou revoir ce qui est souvent présenté comme un déclin et qui correspond plutôt à une adaptation à de nouvelles situations.
Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 57-80.
SOLLIEC Tanguy 2022
Docteur en linguistique. Sa thèse est intitulée Distance linguistique et dialectométrie, une application à la langue bretonne. Enjeux, méthodologie et interprétations (2021). Ses travaux portent sur des questions liées à la description des langues, à leur dialectologie, à leur diversification et à la géolinguistique, en prenant appui sur le cas du breton. Il s’intéresse également à l’utilisation de méthodes quantitatives pour la description des phénomènes linguistiques.
Il est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :
Les parlers contemporains du breton, une perspective sur le passé de la Bretagne. Échos historiques d’une analyse dialectométrique du Nouvel atlas linguistique de la Basse-Bretagne
Le Nouvel atlas linguistique de la Basse-Bretagne (NALBB) publié en 2001 par Jean Le Dû offre un aperçu des variétés vernaculaires de la langue bretonne à la fin du XXe siècle. Les différentes cartes de cet ouvrage rendent compte de nombre de phénomènes liés à la variation linguistique en breton pour 187 localités à travers le domaine bretonnant. La question de l’exploitation et de l’interprétation des données contenues dans les atlas linguistiques est discutée de longue date par les dialectologues et plus généralement les linguistes.
L’application d’une approche dialectométrique au NALBB, sur le plan phonétique, montre que la distance linguistique s’organise sur le plan spatial d’une part et que, d’autre part, cette structuration présente une forte correspondance avec plusieurs mutations du gène CFTR, responsables de la mucoviscidose. L’exploitation systématique des données linguistiques modernes peut, de façon contrintuitive, offrir quelques éclairages sur cette période mal documentée de l’histoire de la Bretagne mais également contribuer à reconsidérer les développements historiques du breton à partir de phénomènes inscrits dans la longue durée.
Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 623-654, sous le titre « Les parlers contemporains du breton, une source pour l’histoire ancienne de la Bretagne ? », illustré de nombreuses cartes en couleur.