Tous les articles par Fanch Broudic

SHAB 2011 Congrès Saint-Malo

Les actes du congrès 2010 de la SHAB à Saint-Malo

Mémoires du congrès de la SHAB à Saint-Malo, tome LXXXIX, 2011.

  • Saint-Malo et son pays
  • Patrimoine des bords de Rance
  • Les Bretons et l’étranger
  • Varia
  • Comptes rendus bibliographiques
  • Le congrès de Saint-Malo
  • In memoriam
  • Publications des sociétés historiques


Vous pouvez vous procurer ce tome des Mémoires de la SHAB sur le site des PUR (Presses universitaires de Rennes). Cliquer tout simplement le bouton ci-dessous pour le découvrir.


BLANCHARD Nelly, LE BERRE Yves 2022

L’art de conter en breton. Contribution par l’étude de cinq contes merveilleux collectés par Luzel

Conférence publique du 8 septembre lors du congrès de la SHAB à Carhaix.

Avec les complaintes (gwerziou) et autres chansons (soniou), avec les tragédies des siècles modernes, le troisième grand pôle des collectes de François-Marie Luzel consiste en contes populaires, surtout merveilleux. Soigneusement transcrits par lui, ces contes (plus de 150) sont pour la plupart déposés aux archives départementales du Finistère, dont il fut le conservateur de 1881 à sa mort en 1895.

Publiés dans de jolies éditions populaires sans ambition scientifique

À quelques exceptions près, ils n’ont jusqu’à présent été publiés sous leur forme originale qu’en traduction française et ils n’ont donné lieu à aucune étude scientifique concernant leur forme, leur contenu et la langue dans laquelle ils ont été recueillis. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la pensée allemande exerçait une très forte influence sur la science française. Selon les théories du Saxon Max Müller, devenu professeur à Oxford, les contes merveilleux étaient les formes dégradées de récits mythologiques indo-européens très anciens, dans lesquels les personnages sont les allégories de phénomènes naturels. Luzel adhérant parfaitement à cette explication, tout semblait être dit et ses contes paraîtront désormais dans de jolies éditions populaires sans ambition scientifique.

Mais nos conteuses, nos conteurs et leurs auditeurs n’étaient en 1870 ni des animistes ni des mythologues.

En quoi a consisté, jusqu’à nous, l’art de conter en breton.

Notre interrogation sera donc toute différente : partant du principe qu’un genre littéraire, fût-il oral, ne continue à vivre que s’il procure du plaisir à ceux qui le partagent (auteurs, interprètes, récepteurs), nous nous demanderons en quoi a consisté, jusqu’à nous, l’art de conter en breton. C’est-à-dire l’art de construire des récits qui captivent (je veux connaître la fin), qui étonnent (comment une princesse peut-elle être enfermée dans le corps d’un crapaud ?), qui assoupissent la raison, le bon sens et la vraisemblance, le temps d’une délicieuse parenthèse. Et cela, rien d’autre que le texte lui-même, à condition qu’il soit fidèle, ne peut nous l’expliquer.

Nelly Blanchard

Elle est professeure de celtique à Brest (UBO, CRBC). Elle travaille en particulier sur la littérature bretonne du XIXe siècle, à la fois celle écrite par les élites (Barzaz-Breiz. Une fiction pour s’inventer, 2006 ; Au-delà du Baraz-Breiz, Théodore Hersart de La Villemarqué, 2016 : valorisation en ligne du fonds La Villemarqué, 2018-2021) et celle, bien plus rare, écrite par des paysans (Herve Burel, Histor eur famill eus Breïz-Izel, 2011 ; Envorennou ar barz Juluen Godest, 2020).

En plus des approches sociolittéraires (Des littératures périphériques, 2014), ses recherches sur les collecteurs (Émile Souvestre, 2007 ; Jean-Marie de Penguern, 2008 ; mise en ligne des carnets de collecte de La Villemarqué, 2018) et leurs collectes nourrissent entre autres ce projet par lequel elle cherche à comprendre les croisements de regards entre diverses catégories écrivantes-publiantes et le peuple.

Yves Le Berre

Professeur émérite de Celtique à Brest, il a longtemps travaillé sur les textes bretons du XIXe siècle (Emgann Kergidu – La bataille de Kerguidu, 1977, 2014 ; Kastel Ker iann Koatanskour – Le château de Kerjean-Coatanscour, 2004, etc.). Il a concomitamment exploré l’univers sociolinguistique avec son collègue et ami Jean Le Dû (Métamorphoses, trente ans de sociolinguistique à Brest, 2019). Depuis sa libération de la vie active, il s’efforce de proposer une lecture nouvelle des textes bretons renaissants et baroques (La Passion et la Résurrection bretonnes de 1530, suivies de trois poèmes, 2011 ; Entre le riche et le pauvre – La littérature du breton entre 1450 et 1650, 2012) ; La Vie bretonne de sainte Barbe, 2018 ; Bue sant Antoen – La Vie de saint Antoine (à paraître), etc.). Ouvert depuis 2018 avec Nelly Blanchard, le chantier consacré à la littérature orale, et en particulier aux contes merveilleux bretons, commence à produire quelques résultats concrets.

Jean-Yves Plourin en octobre 2014. Photo d'archive : FB.

PLOURIN Jean-Yves 2022

Agrégé de l’Université, docteur es-lettres, thèse d’État en études celtiques.

Il est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :

Le Samedy et Bel Orient, des toponymes bretons ?

Une publication récente annonce que la plupart des noms de lieux bretons sont « évidents », que leur interprétation ne pose aucun problème. Et dans quelques cas, un peu « d’intuition » suffit à régler le problème. Les deux exemples ci-dessus tendent à montrer, si besoin était, que cette opinion est à mettre au compte de l’enthousiasme aveugle du néophyte.

L’approche « plane » des noms de lieux (un nom extrait d’une liste et arbitrairement traduit par un lexème du breton écrit moderne) est un non-sens.

Cet article souhaite montrer que seule une étude « stéréoscopique », la mise en perspective de systèmes et structures de méso- et macro-toponymes, est susceptible d’améliorer notre connaissance d’états anciens du brittonique, et même de jeter parfois un peu de lumière sur des aspects méconnus de la société bretonne, insulaire et armoricaine, du haut Moyen Âge.

Ce faisant, nous continuons à illustrer modestement les propos de Léon Fleuriot : « Bien que souvent très évolués, corrompus ou déformés par étymologie populaire, beaucoup de noms de lieux actuels de Bretagne remontent à la période du vieux breton et sont inexplicables par les parlers modernes ou même par le breton moyen tardif. Appartenant à un fond de langue ancien, ils ne sont souvent explicables que par comparaison avec les autres langues brittoniques. »

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 379-393.

Plonévez-du-Faou, chapelle Saint-Herbot, la tour porche

RIOULT Jean-Jacques 2022

Conservateur général honoraire du patrimoine.

Publications :

  • Philippe BONNET, Jean-Jacques RIOULT, Bretagne gothique.L’architecture religieuse, Paris, Picard, coll. « Les monuments de la France gothique », 2010.
  • Jean-Jacques RIOULT, Stéphanie BARDEL, Architectures en pan de bois dans le pays rennais, Châteaulin, Locus Solus/Service de l’inventaire du patrimoine de la Région Bretagne, coll. « Invitation Patrimoine », 2019.

Il a présenté au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix le monument suivant :

Plonévez-du-Faou (Finistère), chapelle Saint-Herbot. Nouvelles observations

Sur le versant sud des monts d’Arrée, dans une contrée sauvage et boisée, la chapelle, implantée sur la rive droite de l’Ellez, serait bâtie sur l’ancien site de l’ermitage de saint Herbot ou Herbaud, venu de Grande Bretagne au VIIIe siècle. Il est probable qu’une chapelle fut édifiée dès l’époque romane à l’emplacement de l’actuelle.

Dès les XIVe et XVe siècles, le sanctuaire est le lieu d’un pèlerinage important (saint Herbot étant avec saint Cornély le patron des bêtes à cornes) ; une foire y est associée avec auberge et boutiques.

En 1389, pour compenser les dommages occasionnés par la guerre de Succession, des lettres du pape Urbain VI accordent des indulgences pour la fréquentation du pèlerinage et la réparation de la chapelle. Le lieu devient alors le centre d’une foire qui entraîne l’installation d’une auberge et de boutiques.

Comme souvent en Bretagne, la silhouette contrastée et pittoresque de l’édifice actuel, qu’accentue son ancrage sur un glacis en forte pente, résulte de l’accumulation successive de différentes excroissances entre la fin du XVe et le milieu du XVIe siècle.

Le texte de cette contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 359-378.

CELTON Yann 2022

Bibliothécaire diocésain de Quimper, conservateur délégué des Antiquités et objets d’art du Finistère.

Publications :

  • Yann CELTON, L’Église et les Bretons, Quimper, Palantines, 2008.
  •  Yann CELTON, Quimper La Grâce d’une cathédrale, Strasbourg, La Nuée bleue, 2013.
  • Yann CELTON (dir.) Michel Le Nobletz, mystique et société en Basse-Bretagne, Brest, CRBC, 2018.

Il a présenté avec Xavier de SAINT CHAMAS, au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix, les monuments suivants :

L’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Cléden-Poher, enclos et calvaire

L’article étudie les différents éléments constitutifs du site de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption de Cléden-Poher :

  • L’église, le calvaire et l’ossuaire
  • Le mobilier
  • La statue Notre-Dame
  • Le maître-autel
  • Les autels latéraux
  • La table de communion
  • Les peintures de la voûte
  • Les cloches
  • L’orfèvrerie.

Le texte de cette contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 340-357.

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Yann CELTON est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Les prêtres érudits en Bretagne au XXe siècle

La figure du prêtre érudit est bien connue au XIXe siècle. Ils se retrouvent dans toutes les sociétés savantes naissantes et incarnent volontiers l’image du savant dans les sociétés d’antiquaires du temps. Ils publient de nombreux articles historiques ou archéologiques. Au XXe siècle leur image se floute progressivement : s’ils semblent poursuivre la filière des travaux entreprise par les pionniers du siècle précédent, ils semblent être moins visibles dans la deuxième moitié du siècle, surtout après les années 1970.

L’histoire se rapproche aussi de l’historien : au XIXe siècle, elle ne dépasse pas l’Ancien Régime et finit par aborder la Révolution ; au XXe siècle, elle se politise d’avantage et s’autorise à évoquer un passé récent. Leurs travaux demeurent souvent, en histoire religieuse, fondateurs. Autour de la figure du prêtre historien ou historien de l’art, et à travers plusieurs figures, nous tenterons de cerner quelle fut leur formation initiale au séminaire, quels cours, quels professeurs, quelles initiatives transmettent la passion du métier d’historien, jusqu’où les études sont poussées (très peu d’ecclésiastiques ont un doctorat, toutes matières confondues), quels fonds d’archives ont été jugés utiles d’être conservés. La bibliothèque au presbytère, dans la mesure où nous conservons quelques traces, constitue aussi un élément éclairant.

Une première catégorie d’érudits se distingue alors, celle des historiens « professionnels », dont le temps est aménagé pour leur réserver une large part à l’étude. Ce sont des archivistes, des bibliothécaires, des aumôniers, des journalistes ou des professeurs : ils sont de véritables chercheurs, leurs parcours s’inscrivent dans un profil universitaire. Leurs travaux jouent un rôle déterminant dans la connaissance de l’histoire religieuse de la Bretagne au XXe siècle. Plus diffus, le groupe des historiens « amateurs » : avec l’habitude de rédiger pour le sermon dominical (et de bien rédiger car leur formation classique est souvent très bonne), ce sont ces prêtres responsables de paroisses, curés ou vicaires, qui s’investissent dans un premier temps dans le bulletin paroissial, dans le livre historique de la paroisse s’il existe. Ils sont souvent actifs dans les sociétés savantes, et souvent peuvent concrétiser leurs recherches dans des articles ou des monographies paroissiales qui bien souvent font toujours référence aujourd’hui.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 563-583.

GIRARD Garance 2022

Chargée d’Inventaire du patrimoine au Conseil régional de Bretagne.

Elle a présenté au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix le monument suivant :

La Chapelle Notre-Dame-du-Crann en Spézet, riche sanctuaire de pèlerinage des Montagnes noires

La visite de la chapelle Notre-Dame-du-Crann a été l’occasion de rouvrir le dossier d’Inventaire de cet édifice. Son implantation sur les terres du seigneur du Cranhuel explique sans doute son orientation inhabituelle vers le nord et le manoir du même nom. Pourtant, le rôle de la noblesse locale et en particulier du seigneur foncier dans la construction du sanctuaire et la commande de ses exceptionnels vitraux est aujourd’hui difficile à cerner.

La fabrique a laissé bien plus de traces de son intervention dans le financement de cet ensemble et un personnage du nom d’H. Bonnet semble avoir donné l’impulsion à ce chantier. Vicaire perpétuel de la paroisse de Spézet, il administrait cette dernière pour le compte du chapitre de Quimper auquel elle appartenait. La fabrique de la chapelle tirait alors sans doute une partie non négligeable de ses revenus du pèlerinage qui lui-même était stimulé par la présence d’un important trésor de reliques de la Vierge, de la Passion et d’autres saints.

Du point de vue artistique, ces circonstances particulières ont été très favorables à la chapelle. Elles éclairent le soin avec lequel l’édifice fut construit à partir de 1535, comme l’iconographie et la grande qualité de certaines de ses verrières telle la Dormition de la Vierge, au bras sud du transept.

Le texte de cette contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 311-338.

KERHERVÉ Jean 2022

Professeur émérite à l’Université de Bretagne occidentale.

Avec Michael JONES, Shannty TURCK et Xavier de SAINT CHAMAS, il a publié l’article suivant :

Regards neufs sur le tabard et les hérauts de Carhaix (Finistère)

Un vêtement de héraut d’armes (tabard) conservé à la mairie de Carhaix (Finistère), qui a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques en 2015 et d’une restauration conservatoire, interroge les historiens et les conservateurs du patrimoine.

Son décor héraldique d’hermine plain, sa découpe et sa matière (laine) l’apparentent à ceux des hérauts ducaux de Bretagne de la fin du Moyen Âge, mais la présence sur la poitrine et le dos d’un blason de la ville posé en surcharge aux XVIIe-XVIIIe siècles témoigne de son utilisation à des fins différentes au fil du temps.

En l’absence d’archives pertinentes, l’étude, qui s’appuie sur l’histoire comparative et celle des techniques textiles, examine les différentes hypothèses de datation de ce qui reste sans doute l’un des plus anciens vêtements de ce type conservé en Europe.

Cet article est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 281-309.

PERRICHOT Clément 2022

Attaché de conservation du patrimoine. Directeur du centre d’interprétation archéologique virtuel Vorgium, Poher Communauté.

Il a présenté au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix l’institution suivante :

Vorgium, centre d’interprétation archéologique virtuel de l’antique Carhaix.

Poher Communauté a inauguré le 13 juillet 2018 un outil innovant de valorisation de son patrimoine antique : le centre d’interprétation archéologique virtuel Vorgium. Fruit d’une étroite collaboration avec l’Institut national de recherches archéologiques préventives, l’équipement se compose d’un jardin archéologique et d’une exposition permanente. La médiation s’y appuie notamment sur les technologies numériques et interactives et la réalité augmentée.

Le centre d’interprétation offre une porte d’entrée sur le passé de Carhaix, fondée au début de la période gallo-romaine sous le nom de Vorgium.

Le projet culturel et touristique de l’équipement répond à différents besoins du territoire : favoriser l’acceptation et l’appropriation au niveau local de l’archéologie, fournir un outil pédagogique aux enseignants sur le thème de la romanisation de l’Armorique et enfin concourir au développement culturel, touristique et économique d’un territoire rural, doté d’une longue et riche histoire.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 263-279.

LE CLOIREC Gaëtan 2022

Ingénieur de recherche, INRAP, UMR 6566 CREAAH.

Il a présenté au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix les vestiges suivant :

Les vestiges archéologiques du 5 rue du Docteur-Menguy à Carhaix-Plouguer (Finistère) : deux domus du IIIe siècle le long d’un axe majeur de Vorgium

Les vestiges fouillés et mis en valeur au 5 rue du Docteur-Menguy sont les témoignages visibles les plus importants du passé antique de Carhaix. Ils confirment la mise en œuvre d’un urbanisme rigoureux à partir de la fin du Ier siècle av. J.-C. et illustrent l’adoption des modes de vie gréco-romains au cœur de la péninsule armoricaine. La conception des espaces publics et les équipements qu’ils comportent permettent d’apprécier le niveau de technicité des Osismes en matière d’aménagement de voirie, d’alimentation en eau ou de gestion des rejets.

Les imposantes constructions mises au jour renvoient, quant à elles, l’image d’un environnement architectural dense et organisé qui n’empêche cependant pas certains propriétaires de souligner leur statut privilégié aux yeux de leurs concitoyens grâce à divers dispositifs fonciers, architecturaux ou décoratifs.

Ces vestiges sont donc assez riches et diversifiés pour aborder une grande partie des sujets généraux concernant l’urbanisme sous l’empire romain, mais ils permettent aussi de s’intéresser aux préoccupations de la vie quotidienne qui sont forcément différentes selon que l’on soit un homme, une femme, un artisan, un esclave ou un riche citoyen de la cité.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 249-262.

Maina-Sicard-Cras

SICARD-CRAS Maïna 2022

Journaliste bilingue à France Télévisions depuis 2017 , elle est titulaire d’une triple licence (histoire de l’art, histoire et journalisme). Elle a validé en 2016 un master 1 de breton à l’Université de Rennes 2 et en 2020 un master 1 et 2 en Sciences des religions et sociétés à l’Université d’Artois. consistant en une analyse de la population des médecins ordonnés diacres en France.

Depuis 2021, elle est inscrite au CRBC comme doctorante en histoire contemporaine. Le sujet de sa thèse traite de l’évolution de l’usage du breton dans l’Église catholique à l’époque conciliaire (d’après la Seconde Guerre mondiale à nos jours), sous la direction de Fabrice Bouthillon. Son comité de suivi de thèse est composé d’Yvon Tranvouez et Anne Jusseaume.

Elle est intervenue au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :

Les obsèques de Marc’harid Gourlaouen (1987) à Douarnenez

Oferenn e brezhoneg penn da benn (« Un office en breton du début jusqu’à la fin »). Cette phrase a été écrite, ou plutôt griffonnée, par Marguerite Gourlaouen, dit Marc’harid Gourlaouen, lorsque celle-ci écrivait ses dernières volontés en 1987. Tout y est : du choix des prières et des chants en latin et breton, aux fleurs et à l’annonce dans la presse. Elle exige d’ailleurs qu’Ouest-France et Le Télégramme soient prévenus et annoncent son décès en français et en breton. Née à Douarnenez le 3 février 1902, Marguerite-Marie Gourlaouen dirige en 1932 avec Fransez Kervella Skol Ober, une école par correspondance pour apprendre le breton. Pendant 45 ans (de 1932 à 1977), elle restera à sa tête. Elle décède à l’âge de 85 ans le 31 mai 1987. Son enterrement a lieu à Douarnenez le 2 juin.

Stupéfaction, horreur, les mots ne suffisent pas pour décrire l’affront ressenti par les amis ou connaissances de Marguerite venus lui dire un dernier au revoir : « Il paraît même que plusieurs personnes sont sorties de l’église pendant la cérémonie » écrit l’abbé Dubourg, présent aux obsèques. Le breton n’est utilisé que pour la première lecture, le refrain de la prière universelle et un cantique. Le curé de Douarnenez, Michel Péron, justifie cet office, estimant que le « tout breton » exclurait des fidèles de la paroisse : « il faudrait une liturgie compréhensible à la plupart ».

C’est la revue Al Liamm dans son no 242-243 qui informe ses lecteurs de l’affaire. Parmi eux, Yann Talbot, prêtre militant bretonnant de Rostrenen, s’insurge de cette situation. À partir du mois d’août 1987, il appelle, via la presse quotidienne et son réseau personnel, toutes les personnes choquées à signer une pétition et à écrire une lettre au curé de Douarnenez. Des centaines de lettres ont été écrites, en français, en breton et en anglais. L’affaire prend de l’ampleur, se médiatise, ce qui agace le diocèse de Quimper et Léon qui, après avoir essayé d’apaiser la situation, durcit ses positions. Dans les correspondances de Mgr Barbu, Yann Talbot est ainsi défini comme un « prêtre fanatique du breton, étranger au diocèse » et les signataires sont « des amis lointains de la défense des langues minoritaires ». Le positionnement du diocèse est clair : « la langue est au service de la liturgie et non la liturgie au service de la langue ».

Que nous apprend cet événement sur l’usage de la langue bretonne dans l’Église à la fin des années 1980 ?

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 601-622.