Daniel Le Couédic, lors du congrès 2018 de la SHAB à Pornic, septembre 2018. Photo FB

LE COUÉDIC Daniel

Architecte et historien, professeur émérite à l’Université de Bretagne occidentale à Brest où il a dirigé l’Institut de géoarchitecture et son laboratoire de recherche. Il a été expert auprès des ministères de l’Équipement et de la Culture et a présidé la section « Aménagement de l’espace, Urbanisme » du Conseil national des universités.

Publications :

  • Daniel LE COUÉDIC, Les architectes et l’idée bretonne, du renouveau des arts à la renaissance d’une identité, Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne/Archives modernes d’architecture de Bretagne, 1995.
  •  Daniel LE COUÉDIC, Philippe BONNET, Architectures en Bretagne au XXe siècle, Quimper, Palantines, 2012
  • Daniel LE COUÉDIC, Simon TEXIER, La saga Lesage : 3 architectes, le métier et la cause, Châteaulin, Locus Solus, 2021.

Il est intervenu au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant :

Un siècle d’urbanisme à la mode de Bretagne

L’urbanisme – néologisme forgé en 1910 – a connu sa première traduction législative en 1919 où les villes de plus de 10 000 habitants, celles à caractère pittoresque ou en rapide croissance et certaines stations balnéaires durent se doter de plans d’aménagement, d’embellissement et d’extension. En dépit du peu de dynamisme que l’on prêtait à ses villes et de la désapprobation que suscitaient souvent les créations littorales, la Bretagne en connut d’intéressants, parfois engendrés dans la controverse.

Surtout, les dramatiques destructions qui l’affligèrent durant la Seconde Guerre mondiale conférèrent vite à ces documents, souvent encore en gestation, une actualité aussi considérable qu’inattendue. Ils furent cependant inégalement pris en compte par les urbanistes reconstructeurs, désignés par l’État quand leurs prédécesseurs, issus fréquemment de leurs services, l’avaient été par les collectivités locales.

Depuis, chaque évolution législative ou réglementaire, chaque encouragement à l’expérimentation de nouvelles formules, a trouvé en Bretagne un écho et parfois des traductions spéciales. En s’appuyant sur quelques exemples mettant particulièrement en lumière des intentions originales, mais aussi des obstacles à leur réalisation, la communication montrera comment, depuis un siècle, elle a été un laboratoire de l’urbanisme, qui a progressivement placé les documents communaux (plans d’urbanisme directeurs, plans d’occupation des sols, plans locaux d’urbanisme) sous la coupe de schémas élargis, à l’instar des schémas directeurs d’aménagement et d’urbanisme, des schémas de cohérence territoriale et, plus récemment, des schémas régionaux d’aménagement et de développement durable du territoire.

En outre, d’abord essentiellement corrélé à la planification, le mot a élargi son acception pour couvrir des pratiques immédiatement opérationnelles, ce dont ont témoigné notamment les zones à urbaniser par priorité et les zones d’aménagement concerté. Plus récemment, l’urbanisme s’est parfois replié sur des domaines thématiques et, pour cela, s’est doté de procédures ad hoc, comme les schémas d’aptitude et d’utilisation de la mer et les zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager : la Bretagne a su en tirer profit.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 461-491.