Brice Rabot lors du congrès du centenaire de la SHAB, à Rennes, novembre 2021. Photo FB

RABOT Brice

Agrégé d’histoire et chercheur associé au Centre de recherches en histoire internationale et Atlantique (CRHIA, Université de Nantes) et au Centre d’études supérieures de civilisation médiévale (CESCM, Université de Poitiers). Ses dernières investigations portent sur la reconstruction des campagnes de Bretagne méridionale à la fin du XVe siècle, les comptabilités seigneuriales ou encore les équilibres entre les communautés rurales.

Publications :

  • Brice RABOT, « La gestion d’une seigneurie rurale en pays de Retz à la fin du Moyen Âge : la comptabilité de la Blanchardais », Histoire et sociétés rurales, no 45, juin 2016, p. 69-114.
  • Brice RABOT, « Les comptabilités seigneuriales et les crises de la fin du Moyen Âge : l’exemple du comté de Nantes au XVe siècle », Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, t. 153, 2018, p. 133-152.

Il est intervenu, avec Isabelle GUÉGAN, au congrès 2021 de la SHAB à Rennes sur le sujet suivant:

L’histoire rurale de la Bretagne depuis un siècle

L’histoire des campagnes bretonnes du Moyen Âge à la Révolution française fait l’objet de plusieurs paradoxes. Le premier, que les historiens n’ont pas manqué de souligner, tient à la difficulté d’appréhension des sources. Regroupant la très grande majorité des habitants à travers les siècles, les campagnes bretonnes restent malgré tout difficiles à étudier faute de sources explicites. Les archives posent en effet de nombreuses questions auxquelles il n’est pas toujours possible de répondre.

Pour autant, et c’est là un deuxième paradoxe à souligner, les campagnes bretonnes ont régulièrement été replacées au centre des attentions historiques. D’Henri Sée, avec l’étude des classes rurales, à Jean Gallet, avec l’étude des rapports entre seigneurs et paysans du XVe siècle au XVIIIe siècle, en passant par Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, avec l’étude de la Bretagne au tournant des XIIIe-XVe siècles, des pistes ont été esquissées pour jeter des regards plus approfondis sur les ruraux.

Depuis le début des années 2000, l’histoire rurale bretonne a connu de profondes réorientations, croisant les approches et les concepts empruntés aux autres sciences humaines. L’anthropologie historique, la géographie, l’archéologie, la sociologie ou encore le droit ont ouvert d’autres perspectives dont se sont saisis les chercheurs pour tenter de comprendre l’essence des campagnes bretonnes à travers les siècles. Mais, malgré ces efforts, les campagnes bretonnes n’ont pas fait l’objet d’une monographie régionale qui leur soit entièrement consacrée, contrairement aux régions voisines (comme l’Anjou à la fin du Moyen Âge).

Le congrès du centenaire de la SHAB offre une occasion unique de se pencher sur ces thématiques. Notre objectif n’est nullement de pallier les lacunes historiographiques. Il s’agira, plus modestement, de mettre en exergue quelques pistes de recherche qui ont récemment démontré la richesse et l’intérêt de l’histoire rurale. Ce faisant, nous établirons quelques éléments issus des investigations les plus récentes pour prouver, s’il en était besoin, que l’histoire rurale bretonne est non seulement riche en perspectives, mais aussi parfaitement adéquate pour interroger de larges pans de l’histoire bretonne, au croisement des grands champs historiques et des autres sciences humaines.

Le rapport à la terre avec les relations sociales induites, l’insertion dans les circuits d’échanges (matériels ou immatériels) pour organiser les structures rurales, le droit foncier avec les rapports de force, les stratégies et les accommodements des uns et des autres pour tirer au mieux profit des potentialités agraires sont autant de points sur lesquels nous reviendrons.

Le texte de leur contribution est paru dans le tome C (2021) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 411-435.