HAMELIN Fadila 2024
Produire, transporter et vendre. Des granges cisterciennes aux places commerciales, l’exemple de l’abbaye de Bon-Repos
Fadila Hamelin a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.
Fondée en 1184 par Alain III de Rohan et Constance de Penthièvre, l’abbaye de Bon-Repos s’implante au nord de la vicomté de Rohan avant d’étendre ses possessions plus au sud. Elle possède dès la fondation l’exemption des taxes et des coutumes sur toute la vicomté et une foire attestée en 1245 à la Porte-aux-Moines.
À l’occasion du règlement d’un contentieux entre les religieux et les officiers du vicomte en 1280, on apprend que les religieux commerçaient à Corlay, Gouarec, Saint-Léon et Pontivy. S’étendant à Loudéac, le réseau de leurs maisons de ville est renforcé par la présence de granges monastiques à proximité.
Ces possessions rurales et urbaines sont l’occasion de réaliser des échanges commerciaux, mais aussi d’y gérer des hospices et une école. Enfin, à l’échelle de leur temporel, de nombreux indices montrent un réseau commercial à dimension régionale.
Fadila Hamelin est doctorante en histoire sous la direction de Pierre-Yves Laffont à Rennes 2, laboratoire du LAHM, UMR 6566 CReAAH. Titre provisoire de la thèse : « Les granges cisterciennes en Bretagne (XIIe-XVIIe siècle). Les exemples des abbayes de Bégard, Bon-Repos, Boquen, Coatmalouen, Le Relec et Saint-Aubin-des-Bois ».
LONGEARD Gwladys 2024
Fonds de commerce : un état des sources de l’histoire du commerce en Bretagne
Glwadys Longeard a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.
Si la pratique plus ancienne du commerce n’a pas laissé de traces écrites, l’intensification des transactions et les intérêts économiques depuis près d’un millénaire ont contribué à la création d’archives : les acteurs ont dû garder des preuves, et les détenteurs du pouvoir ont produit des documents pour réglementer et contrôler ces activités.
Aussi les archives permettant d’étudier l’histoire du commerce et des commerçants sont-elles nombreuses et variées. La collaboration de services d’archives de Bretagne a permis d’en dresser un état régional en 2024 dans la perspective du congrès : archives publiques ou privées, écrites ou figurées, classiques ou inattendues sont présentées ici dans une synthèse, du Moyen-Age à nos jours.
Gwladys Longeard est Conservatrice générale du patrimoine, directrice des Archives départementales des Côtes d’Armor. Elle s’intéresse en particulier aux modes numériques de description et de diffusion des ressources patrimoniales. À titre personnel, elle a créé et co-animé le blog Sources de la Grande Guerre.
LOSTEC Fabien 2024
Libérer le Centre Bretagne : résistants, parachutistes et troupes américaines à l’été 1944
Yann Lagadec et Fabien Lostec (excusé) ont présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024. Ils ont publié ensemble en juillet 2024 La guerre au ras du sol. Le pays de Loudéac (1939-1945), Langast, éditions Récits, 2024..
À l’été 1944, l’espace que constitue le pays de Loudéac au cœur de la Bretagne recouvre des enjeux différents pour les différents protagonistes qui s’y affrontent. Pour les troupes allemandes, ce territoire longtemps contrôlé est désormais de plus en plus contesté, à tel point qu’il faut l’abandonner entre le 1er et le 3 août. Pour les unités américaines de la 6th Armored Division, il ne s’agit que d’un espace de transit sur la route de Brest, qui constitue l’objectif principal du raid blindé lancé par le général Patton vers les principaux ports bretons : seule compte pour elles la liberté de circulation à travers cette zone, et donc le contrôle de quelques carrefours, ponts et autres points de passage obligés.
Pour la Résistance locale, appuyée par les parachutistes SAS, comme pour la population, il s’agit en revanche de reprendre le contrôle d’un territoire longtemps délaissé aux troupes d’occupation, une réappropriation physique mais aussi symbolique.
C’est donc aux logiques territoriales à l’œuvre dans le pays de Loudéac au moment de la Libération que cette communication souhaiterait s’intéresser.
Fabien Lostec est docteur en histoire contemporaine, chargé d’enseignement à l’université Rennes 2 et professeur d’histoire-géographie. Il a soutenu une thèse sur Condamnées à mort. L’épuration des femmes collaboratrices, 1944-1951, publiée en 2024 aux éditions du CNRS. Ses recherches s’inscrivent au croisement de l’histoire des femmes et du genre, de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale (épuration et collaboration) et de l’histoire de la justice et du crime.
LAGADEC Yann 2024
Libérer le Centre Bretagne : résistants, parachutistes et troupes américaines à l’été 1944
Yann Lagadec et Fabien Lostec (excusé) ont présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024. Ils ont publié ensemble en juillet 2024 La guerre au ras du sol. Le pays de Loudéac (1939-1945), Langast, éditions Récits, 2024.
À l’été 1944, l’espace que constitue le pays de Loudéac au cœur de la Bretagne recouvre des enjeux différents pour les différents protagonistes qui s’y affrontent. Pour les troupes allemandes, ce territoire longtemps contrôlé est désormais de plus en plus contesté, à tel point qu’il faut l’abandonner entre le 1er et le 3 août. Pour les unités américaines de la 6th Armored Division, il ne s’agit que d’un espace de transit sur la route de Brest, qui constitue l’objectif principal du raid blindé lancé par le général Patton vers les principaux ports bretons : seule compte pour elles la liberté de circulation à travers cette zone, et donc le contrôle de quelques carrefours, ponts et autres points de passage obligés.
Pour la Résistance locale, appuyée par les parachutistes SAS, comme pour la population, il s’agit en revanche de reprendre le contrôle d’un territoire longtemps délaissé aux troupes d’occupation, une réappropriation physique mais aussi symbolique.
C’est donc aux logiques territoriales à l’œuvre dans le pays de Loudéac au moment de la Libération que cette communication souhaiterait s’intéresser.
Yann Lagadec est agrégé et docteur en histoire, maître de conférences en histoire à l’université Rennes 2. Détaché à l’Académie militaire de Saint-Cyr-Coëtquidan, membre du CReC Saint-Cyr, il enseigne l’histoire militaire. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages, consacrés entre autres à l’histoire de la Grande Guerre en Bretagne.
DIAZ Anne 2024
La limite linguistique entre Haute et Basse-Bretagne, usages des langues et représentations
Anne Diaz et Fañch Broudic ont présenté à deux voix une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.
La plus ancienne carte figurant la démarcation entre la Haute-Bretagne gallésante et la Basse-Bretagne bretonnante est parue dans L’histoire de Bretaigne de Bertrand d’Argentré en 1588. Le tracé établi par Paul Sébillot trois siècles plus tard, en 1885, est perçu comme en ayant été la limite intangible.
En réalité, elle n’a jamais cessé de reculer vers l’ouest, sur une dizaine de kilomètres dans le nord depuis le début du XIXe siècle, sur 30 à 40 dans le sud. Elle est aujourd’hui une frontière désagrégée, bien que toujours ressentie comme telle.
En effet, la différence linguistique a pendant longtemps été un facteur essentiel de différenciation entre les populations bretonnantes et gallésantes vivant de part et d’autre de cette limite mouvante. C’est ainsi que se sont sédimentées au fil du temps des représentations stéréotypées des deux groupes linguistiques et des deux langues en présence.
Les perceptions des langues et des personnes sont entremêlées : à des représentations négatives du gallo correspond une image souvent peu flatteuse des Hauts-Bretons, tandis que le breton et les Bas-Bretons bénéficient d’une image plus positive.
Anne Diaz est anthropologue et thérapeute. Elle a soutenu une thèse sur la limite linguistique : « Gallos » et « Bretons » : représentations de l’Autre et mobilisation de la frontière linguistique dans les processus de construction identitaire. Une approche anthropologique de la limite entre Haute et Basse-Bretagne (Université Rennes 2, 2018).
MARTIN Jean 2024
Les toiles de Loudéac
IJean Martin a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.
Pendant plus de trois siècles, l’espace rural entre Saint-Brieuc et Loudéac s’est appliqué à tisser le lin. La qualité des tissus réalisés dans cet espace en a fait un produit d’exportation, d’abord sur le marché espagnol, puis à destination de ses territoires coloniaux d’Amérique.
Alors qu’à l’origine les principaux marchés de commercialisation s’appelaient Quintin et Pontivy, celui de Loudéac a vu croître son importance dans le dernier quart du XVIIe siècle. Le nombre de ses tisserands et de ses marchands en a fait le cœur économique de la manufacture des Bretagnes au siècle suivant.
Jean Martin est professeur retraité, docteur en histoire moderne, vice-président de la Société d’émulation des Côtes-d’Armor.
Il est l’auteur de :
- La région de Loudéac de 1770 à 1800 (1982),
- Grands notables des Côtes-du-Nord (1986),
- Toiles de Bretagne (1998),
- Du lin à la toile (1998),
- Triste XIXe siècle pour les Côtes-du-Nord (2022),
- ainsi que d’une trentaine d’articles parus dans différentes revues historiques bretonnes
CLOUIN Étienne 2024
Mine et métallurgie en Mené : les hommes et le fer autour de la forêt de la Hardouinais, de l’âge du fer au XIXe siècle
Étienne Clouin a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.
Le gueulard du haut fourneau s’est tu, et repose désormais sous les lierres, au pied de l’étang. Deux siècles plus tôt, l’usine de la Hardouinais était encore l’un des maillons de la sidérurgie bretonne moderne, alimentant en fonte celle du Vaublanc. Le four et ses activités connexes, forges, charbonnières et mines de fer, participaient alors activement à la vie et à l’économie locale, avant de disparaitre lentement du paysage et des esprits.
Mais ces traces des œuvres anciennes ont-elles été tout à fait oblitérées par le temps ? L’histoire, et avec elle les vestiges archéologiques nous prouvent un peu plus, chaque jour, que les marques du passé sont difficiles à effacer. L’image du haut fourneau persiste dans les esprits, la métallurgie dans les noms des terres et hameaux, et les fruits des gestes des forgerons ressurgissent sous les souches, les labours, ou bien les coups de truelles des archéologues.
Aussi, ce n’est non plus deux siècles, mais désormais deux millénaires d’activités métallurgiques qui s’offrent aujourd’hui à nos yeux. Autour du massif de la Hardouinais, on reconnaît en effet, depuis peu, plus d’une cinquantaine d’indices de productions métallurgiques anciennes. Ceux-ci vont alors de l’extraction à la forge, en passant par la transformation du minerai en métal, et sont datés de la protohistoire à la période moderne, en passant par le Moyen Âge. Il s’agit désormais de comprendre les formes qu’ont prises ces activités au cours du temps.
Ce qui différencie, d’une part, l’activité de l’âge du Fer de celle des périodes médiévales, mais, aussi et surtout, celles du premier Moyen Âge des ateliers plus tardifs. L’étude des vestiges archéologiques, des scories et déchets qui leur sont associés, couplés à l’analyse chimique de ces derniers, nous permettent d’approcher les questions liées à l’évolution technique des pratiques.
Ils apportent également de précieux éclairages sur l’intégration des producteurs dans leur environnement, nous renseignant sur les stratégies d’implantation et d’approvisionnement des ateliers en matière première. Autant de pièces qui restaient jusqu’alors muettes dans les sources anciennes jusqu’à l’apparition du haut fourneau à l’époque moderne, et qui dessinent désormais les limites d’un terri
Étienne Clouin est doctorant en Archéologie sous la direction de Pierre-Yves Laffont, Cécile Le Carlier et Florian Sarreste à l’université de Rennes 2 et au sein du bureau d’étude Eveha, rattaché à l’UMR 6566 CReAAH, Ses travaux de thèse s’attachent à documenter la métallurgie primaire médiévale sur le Massif armoricain.
Ils ambitionnent de saisir les dynamiques de l’activité depuis le premier Moyen Âge jusqu’à l’aube de la période moderne, et de répondre ainsi aux questions liées à l’évolution des techniques de réduction, de mise en lumière des réseaux d’approvisionnement en matière première des ateliers, ainsi que de caractériser les particularités chimiques et structurelles des différentes aires d’activités dans leurs contextes géologique et humain.octorant en archéologie et archéométrie, paléométallurgie.
GAUTIER Maurice 2024
Archéologie aérienne au pays de Loudéac
Maurice Gautier étant excusé, Philippe Guigon et Catherine Bizien-Jaglin ont présenté le texte de leur communication commune sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024 .
Depuis plus de trente ans, trois archéologues volants (Catherine Bizien-Jaglin, Maurice Gautier et Patrick Naas) scrutent les paysages du pays de Loudéac, où ils ont détecté, grâce aux anomalies de croissance des cultures, au bas mot un millier d’entités archéologiques enfouies ou arasées. Comme pour l’ensemble du Massif armoricain, la période la mieux représentée est celle de l’âge du Fer, avec ses nombreuses fermes aux enclos emboîtés ou juxtaposés.
Les établissements antiques du type villa sont difficiles à identifier du fait de la forte dynamique agricole locale, qui a détruit les niveaux d’occupation. Le haut Moyen Âge n’est sûrement pas absent, mais comment y discriminer ses structures fossoyées, très semblables à celles des périodes antérieures ?
Plus tardivement se retrouvent les habituelles mottes, châteaux et au moins une abbaye disparue. Les images satellitaires, tout comme la technologie lidar (laser aéroporté), apportent de remarquables compléments d’information, notamment sur l’âge du Bronze avec la révélation de nécropoles inédites. Le Centre Est Bretagne n’était donc pas une forêt quasi impénétrable, mais une région largement anthropisée aux époques anciennes.
Maurice Gautier est archéologue aérien bénévole, ancien photo-interprète au SRA Bretagne.
BIZIEN-JAGLIN Catherine 2024
Archéologie aérienne au pays de Loudéac
Catherine Bizien-Jaglin a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024, en compagnie de Philippe Guigon et Maurice Gautier.
Depuis plus de trente ans, trois archéologues volants (Catherine Bizien-Jaglin, Maurice Gautier et Patrick Naas) scrutent les paysages du pays de Loudéac, où ils ont détecté, grâce aux anomalies de croissance des cultures, au bas mot un millier d’entités archéologiques enfouies ou arasées. Comme pour l’ensemble du Massif armoricain, la période la mieux représentée est celle de l’âge du Fer, avec ses nombreuses fermes aux enclos emboîtés ou juxtaposés.
Les établissements antiques du type villa sont difficiles à identifier du fait de la forte dynamique agricole locale, qui a détruit les niveaux d’occupation. Le haut Moyen Âge n’est sûrement pas absent, mais comment y discriminer ses structures fossoyées, très semblables à celles des périodes antérieures ?
Plus tardivement se retrouvent les habituelles mottes, châteaux et au moins une abbaye disparue. Les images satellitaires, tout comme la technologie lidar (laser aéroporté), apportent de remarquables compléments d’information, notamment sur l’âge du Bronze avec la révélation de nécropoles inédites. Le Centre Est Bretagne n’était donc pas une forêt quasi impénétrable, mais une région largement anthropisée aux époques anciennes.
Catherine Bizien-Jaglin est archéologue, directrice du Centre régional d’archéologie d’Alet.
Art, religion et société : le nouveau livre de Christiane Prigent
Le présent recueil propose au lecteur un choix d’articles publiés dans différentes revues de sociétés savantes, bretonnes, nationales et internationales, parfois peu accessibles aujourd’hui. Regroupés en six grands thèmes, ces articles remaniés mettent en évidence le contexte politique, économique, humain et spirituel dans lequel surgissent ces productions artistiques en Basse- Bretagne à la fin du Moyen Âge.
Le mécénat politique, la solidité des structures paroissiales apparaissent comme des éléments essentiels du mécanisme des commandes. Cette production artistique est profondément marquée par des axes de la spiritualité des Bas-Bretons de cette époque : vision chrétienne de la mort dans la Passion et la Résurrection du Christ ; recours aux suffrages des saints ; pardons, pratiques aux fontaines ; prédication des ordres mendiants. Une partie est consacrée aux représentations profanes dans les édifices religieux.
La dernière séquence « Monuments et objets d’art » propose au lecteur plusieurs études des œuvres dans leur aspect esthétique, suivant les méthodes éprouvées de l’histoire de l’art concernée par des problèmes de filiation, d’attribution et de datation.
Christiane Prigent
Elle est présidente de la Société archéologique du Finistère, professeur honoraire des Universités ; elle fut titulaire de la chaire d’histoire de l’art (La Sorbonne).
Préface par Erwan Le Bris du Rest, ancien conservateur au Musée de Bretagne à Rennes, du Musée départemental breton à Quimper, fondateur de l’association Buhez et professeur-relais Inventaire à la DRAC Bretagne.
Souscription possible au tarif préférentiel de 20 € (au lieu de 25 €) et frais de port de 3 €.






