Tous les articles par Fanch Broudic

Trois membres de la SHAB au 27e Rendez-vous de l’histoire à Blois

Il se déroulera du 9 au 13 octobre, et c’est l’immense manifestation annuelle à laquelle se pressent chaque année 50 000 festivaliers que passionne l’histoire sous toutes ses formes. Les chiffres donnent presque le tournis :

  • 1 000 intervenants
  • Plus de 600 débats et conférences
  • 150 éditeurs présents
  • 300 auteurs en dédicace
  • 50 films
  • Et plus encore.

Programme complet en un clic sur le site

Histoire de ville, histoire dans la ville

Le thème retenu pour cette 27e édition est la ville. Et c’est ainsi qu’une carte blanche a été attribuée aux Presses universitaires de Rennes pour une table ronde dont la thématique est « Histoire de ville, histoire dans la ville ». Cinq universitaires vont y prendre part :

  • Pierre Allorant, professeur à l’Université d’Orléans
  • Julien Bachelier, professeur agrégé à l’Université de Bretagne occidentale
  • Aubert Gautier, professeur à l’Université de Rennes 2
  • Floran Mazel, professeur à l’Université Paris 1— Sorbonne
  • Gaël Rideau, professeur à l’Université d’Orléans.

Les trois intervenants dont les noms sont écrits en gras sont membres de la SHAB.

La table ronde sera modérée par Pierre-Henry Frangne, directeur des Presses universitaires de Rennes. Elle se tiendra dans la Salle des mariages de l’Hôtel de Ville de Blois.

Pourquoi et comment écrire des histoires de villes qui soient aussi des récits de ville ?


Les PUR ont également un stand dans l’enceinte de la manifestation.

Le livre de Fanny Bugnon sur Joséphine Pencalet, ouvrière bretonne, primé

À noter que le prix Augustin Thierry de cette 27e édition des rendez-vous de l’histoire à Blois a été attribué à Fanny Bugnon pour son essai « L’élection interdite. Itinéraire de Joséphine Pencalet, ouvrière bretonne (1886-1972) », paru au Seuil.

Joséphine Pencalet, conseillère municipale avant le droit de vote ! Fanny Bugnon échangera sur ce thème avec Michelle Perrot samedi 12 octobre, à 15h30, au Café littéraire.

Une exposition sur François Duine à la Bibliothèque universitaire de Rennes

Cette année 2024 est l’année du centenaire de la mort de cet érudit en Bretagne sous la IIIe République. Il s’est illustré en tant qu’historien, folkloriste, prêtre et aumônier des lycées de Rennes.

Le fonds Duine constitue une part importante du fonds ancien de la bibliothèque : environ 250 manuscrits et plus d’une centaine de livres annotés et illustrés, dont un missel romain de 1506. Ce legs, voulu par François Duine, fut concrétisé sous la responsabilité de son ami Georges Dottin, alors doyen de la Faculté des Lettres.

L’exposition a été coréalisée par l’Association François Duine, à l’initiative de Jean-Pierre Mathias, le conteur retraité, avec le concours de l’universitaire Eva Guilllorel.

Elle est installée dans hall de la Bibliothèque centre de l’université de Rennes. Entrée par le cloître de la Faculté des Sciences économiques, par le 2, rue Lesage ou par le 7, place Hoche. On peut y accéder en libre accès du vendredi 4 octobre au samedi 2 novembre : du lundi au vendredi de 8h45 à 18h45 et le samedi de 8h45 à 17h15.

Le jeudi 10 octobre, deux rendez-vous successifs sont proposés autour de cette expo à partir de 14h00 : une visite contée de 30’ par Jean-Pierre Mathias, puis une présentation des manuscrits et des livres issus des collections de François Duine (durée : 1 heure)

Site internet de la BU de Rennes : cliquer ici

L’exposition doit beaucoup aux travaux biographiques parus dans un hors-série du « Rouget de Dol », la revue de l’Association François Duine (AFD). Cette étude de 120 pages, intitulée « François Duine, intime et sensible » décrit la biographie d’un intellectuel prêtre et poète sous la IIIe République. On peut l’acquérir pour 25 €

  • Lors de la permanence de l’AFD à Dol (Espace Nominoë, près de la cathédrale), le samedi de 11h00 à 12h00
  • Par courrier postal (compter 5 € de frais de port en sus) : AFD, BP 59, 35120 Dol-de-Bretagne
  • À la librairie L’Encre de Bretagne, 28, rue Saint-Melaine à Rennes.

Voir la présentation de l’Association François Duine sur ce site à la page des sociétés historiques : acccès via l’onglet de l’en-tête.

Les victimes de 1944 en Bretagne : un colloque du CRBC

À l’occasion du 80e anniversaire de la Libération, le Centre de recherche bretonne et celtique a pris l’initiative d’organiser un colloque sur les victimes de 1944 en Bretagne. Il est organisé avec le soutien de l’Association Maitron Bretagne, de l’Association des Amis du Maitron et de l’Association « Pour un Maitron des fusillés et exécutés (PMFE) ».

Il se déroulera sur deux jours, les 24 et 25 octobre prochains, à la Faculté Victor Segalen, à Brest.

Le colloque sera centré sur les nombreuses victimes (résistants et maquisards, population civile) des derniers mois de l’Occupation, frappées par une répression de plus en plus féroce de l’armée allemande, des services policiers nazis et de leurs supplétifs étrangers, français ou bretons. Le sort des collaborateurs à la Libération ne sera pas non plus oublié.

Après une introduction de Christian Bougeard et de Sébastien Carney, sont programmées cinq sessions (dont une double) sur autant de thématiques différentes :

  • Première session : un contexte
  • Seconde session : victimes de 1944, une étude comparée
  • Troisième session (I et II) : ébauche de typologie des victimes de la répression allemande en Bretagne
  • Quatrième session : victimes de l’épuration
  • Cinquième session : Enjeux mémoriels et reconnaissance.

Le nombre total de communications prévues sur les deux jours est de dix-neuf.

RENAULT Élisabeth 2024

Diplômée de l’Université de Haute-Bretagne Rennes 2, spécialisée dans les métiers de l’exposition, la gestion et valorisation du patrimoine, Elisabeth Renault a travaillé au Musée de Bretagne et assuré des commissariats d’expositions pour le Musée des beaux-arts de Rennes et l’Institut Liu Kaigu à Pékin.

Responsable durant huit années du service patrimoine de la ville de Cesson-Sévigné, et à ce titre responsable de la collection du sculpteur Jean Boucher (1870-1939), puis directrice du musée d’art et d’histoire de la ville de Saint-Brieuc de 2010 à 2024.

Elle a récemment été nommée directrice du Musée Mathurin-Méheut à Lamballe.
Elisabeth Renault est, depuis 2020, présidente de l’association Bretagne Musées regroupant l’ensemble des professionnels des 37 musées avec l’appellation Musée de France, en Bretagne

Élisabeth Renault a présenté une communication sur Jeanne Malivel lors du congrès 2024 de la SHAB à Loudéac.

Jeanne Malivel en Bretagne

Mon propos sera de replacer les collections du musée de Saint-Brieuc et plus largement les sources et les inspirations de Jeanne Malivel en comparant les mouvements artistiques de la même période en Europe : « Le régionalisme comme idéologie, l’Europe comme idéal. » Et placer ces quelques travaux dans les pas de Daniel Le Couédic, « les sources confluentes de son engagement », d’Olivier Levasseur et de Pascal Aumasson. J’aimerais aussi avoir une pensée particulière pour Philippe Le Stum, son travail d’acquisitions et son ouvrage « La Gravure sur bois en Bretagne 1850-2000 ».

Aligné sur certains des changements majeurs du rôle des musées, reconnaissant l’importance de l’inclusivité, de la participation des communautés et de la durabilité, le musée de Saint-Brieuc continue inlassablement d’évoquer et de convoquer Jeanne Malivel dans les différents projets à travers des actions culturelles qui, tout au long d’une année, permettent de faire découvrir cette artiste auprès d’un large public.

Parmi les actions à destination des publics scolaires avec le dispositif d’Éducation Artistique et Culturelle, je retiens le travail réalisé avec Anaïck Moriceau, artiste et enseignante, qui a porté un magnifique projet autour des Sérigraphies Voyageuses avec deux écoles maternelles de Saint-Brieuc, écoles Guy Ropartz et Grand Clos. Anaïck est également, à la demande de Coline Malivel, auteure des deux retirages de Jeanne Malivel, aujourd’hui à la vente.

Autre temps fort, Le Renversant Carnaval, avec l’artiste Agathe Mercat et les élèves du lycée Jean Moulin Saint-Brieuc, « Métiers de la mode et du vêtement ». Ce projet s’est construit en écho aux collections textiles du musée et en résonance avec l’artisanat du textile et du mouvement artistique Ar Seiz Breur en Bretagne, invitant les élèves à puiser ses ressources dans cette matière par une réflexion anthropologique du vêtement, vecteur d’identité.

Les Cahiers de l’Iroise : un hors-série sur Brest et la Jeanne d’Arc, histoire d’une épopée maritime

Ce hors-série n° 12 est un numéro exceptionnel de 194 pages richement illustrées, revenant sur le lien fusionnel et exceptionnel entre la ville de Brest où le porte-hélicoptère fut construit et d’où partirent les 45 campagnes qui menèrent la Jeanne d’Arc à faire à plusieurs reprises le tour du monde de 1964 à 2010.

Quelques chiffres des plus évocateurs :

  • 1 760 000 nautiques parcourus (soit 3 300 000 kilomètres),
  • 768 escales dans 84 pays,
  • 9 tours du monde,
  • 10 passages du Cap Horn,
  • 110 passages de l’Équateur,
  • 31 passages du canal de Suez,
  • 33 passages du canal de Panama,
  • 1 passage du cercle polaire…

Les Cahiers de l’Iroise sont publiés par la Société d’études de Brest et du Léon, membre du collège des sociétés historiques de Bretagne au sein de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne.

Conférence 1. La libération de Brest, échanges et vues partagées

  • Conférence de Gildas Priol et Lars Hellwinkel
  • Passionné d’histoire et journaliste, Gildas Priol est l’initiateur et l’animateur du projet « Mémoires des Résistants et FFI de l’arrondissement de Brest » qui présente aujourd’hui plus de 1 000 fiches biographiques sur internet.
  • Lars Hellwinkel, historien allemand, spécialiste de la marine allemande en France occupée. Il a publié en mars 2022 « La base navale allemande de Brest 1940-1944 » (éd. Presses universitaires de Rennes), tiré de sa thèse de doctorat sur le sujet en 2006. Il a reçu pour cet ouvrage la médaille 2023 de l’Académie de Marine
  • Jeudi 19 septembre 2024 à 18H00, à l’amphithéâtre Guilcher de la faculté Victor Segalen (Brest). 

Conférence 2. La Jeanne d’Arc

  • Conférence de l’amiral Bernard Rogel
  • L’amiral Rogel a été Chef d’état-major de la Marine et Chef d’état-major particulier du président de la République. Il est l’auteur du livre retraçant ses mémoires « Un marin à l’Élysée », paru en 2023 aux éditions Tallandier.

  • Cette conférence sera en outre l’écrin de la présentation du hors-série n°12 des Cahiers de l’Iroise « Brest et la Jeanne d’Arc – Histoire d’une épopée maritime 1964-2010 », un numéro exceptionnel dont l’éditorial est signé du préfet maritime, le vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat.
  • Ce Cahier regroupe les analyses et les témoignages d’historiens et de marins (voir supra).
  • Samedi 21 septembre 2024 à 18H00, à l’auditorium des Ateliers des Capucins à Brest

LEVASSEUR Olivier 2024

Une artiste d’avant-garde ancrée dans un territoire : Jeanne Malivel et Loudéac

Olivier Levasseur a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.

Artiste pluridisciplinaire, Jeanne Malivel est née en mai 1895 à Loudéac au sein d’une famille négociante, catholique et ouverte à la modernité. Ses parents vont encourager Jeanne à suivre une formation artistique qui la mènera à suivre les cours de l’académie Julian, afin de préparer le concours d’entrée à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts qu’elle passe avec succès à deux reprises.

Jeanne Malivel n’aime pas Paris et rentre dès qu’elle le peut à Loudéac. Elle y revient définitivement en 1921, lorsqu’elle y installe son atelier. Cette période correspond à une intense créativité inspirée par son environnement : la vie loudéacienne, les paysages, les hommes et les objets sont pour elle des sources majeures de son œuvre. Ses racines loudéaciennes vont lui fournir l’essentiel de son inspiration artistique.

Même lorsqu’elle est nommée enseignante à l’école des Beaux-Arts de Rennes à partir de janvier 1923, elle ne réside pas dans la capitale bretonne et multiplie les allers-retours. C’est à Loudéac qu’elle réside lors de l’aventure des Seiz Breur et de l’exposition de 1925. Elle y rencontre son mari et qse marie en juillet 1925. Elle quitte la ville pour s’installer à Vitré en septembre 1925 et c’est à Rennes qu’elle décède un an plus tard à l’âge de 31 ans.

Olivier Levasseur est docteur en histoire moderne, chercheur associé au CRBC. Il a publié de nombreux articles sur l’histoire maritime et les pêches côtières et l’ostréiculture sur les côtes bretonnes aux XVIIIème et XIXème siècles. Son autre champ de recherche concerne les artistes ayant travaillé en Bretagne et notamment le groupe des Seiz Breur.

Philippe Lahellec au congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024. Photo : FB

LAHELLEC Philippe 2024

L’influence des relations économiques et commerciales terrestres de Morlaix sur son tissu urbain du XVe au XVIIe siècle

Philippe Lahellec a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.

Située en fond de ria, à la rencontre du Queffleuth et du Jarlot, au premier gué, la ville de Morlaix trouve dans sa situation de carrefour maritime et terrestre la clef de son développement économique et urbain. L’historiographie a ainsi insisté à l’envi sur l’importance du commerce des toiles de lin produites dans son arrière-paysn, ce développement, trouvant dans le marché anglais son principal débouché jusqu’à la fin du XVIIe siècle.

Mais si la ville était un port marchand, elle était aussi, naturellement, une ville d’entrepôts, de boutiques, d’échoppes et de marchés : autant d’activités économiques qui, épousant les contraintes du terrain, irriguèrent son développement urbain.

Comprendre comment l’urbanisme de Morlaix a pu être marqué par les activités économiques et commerciales terrestres qu’elle draina entre la fin du Moyen Âge et l’époque moderne permet de mieux cerner l’aspect de la ville d’alors dans sa dynamique et son évolution.

Philippe Lahellec prépare une thèse sur Morlaix, des bourgs médiévaux à la ville du XVIIIe siècle. Évolution morphologique d’une ville portuaire du duché de Bretagne, au sein du CReAAH « Centre de Recherche en Archéologie, Archéosciences, Histoire » Unité Mixte de Recherche (UMR) 6566.

Yann Le Hérissé au congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024. Photo : FB

LE HERISSE Yann 2024

Les pillotous du grand Ouest (1796-1970). Aperçu de recherches d’une thèse d’histoire contemporaine

Yann Le Herissé a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.

À l’heure des questions environnementales et du développement durable, le phénomène des pillotous est plus actuel que jamais avec leurs capacités à récupérer, valoriser, transformer et recycler certains produits. En Bretagne, il existe deux termes pour désigner les chiffonniers, tout d’abord le nom pilhaouer qui vient de « pilhoù » signifiant chiffon en breton. Yann Ber-Kemener a traité le sujet essentiellement dans le Finistère qui était leur secteur de prédilection.

Quant au terme pillotou, il se rattache au pays gallo, où les « pillotsé » désignaient les chiffons. L’abbé Jean Le Rétif et Roger Toinard ont abordé le métier dans le cadre du village de Lanfains et dans celui de l’émigration costarmoricaine du point de vue des espaces de départ. En 2001 et 2002, les recherches de Yann Le Hérissé à l’université du Havre portaient sur les pillotous(es) en Normandie avec cette fois un regard sur les espaces d’accueil mettant en avant de nouveaux aspects.

Il est assez aisé de réaliser l’histoire des grands hommes au regard de la pluralité des sources. En revanche, retracer le parcours d’inconnu(e)s l’est moins. Alors pourquoi ne pas suivre ces pillotous(es), anonymes de l’histoire qui ont parcouru au XIXe-XXe siècles tout le grand Ouest ? À partir d’une base de données d’au moins 2 000 pillotous(es), d’une centaine de témoignages oraux, de sources locales, départementales, familiales, militaires, iconographiques…, il est possible d’étudier la question d’une migration professionnelle qui maintenait des liens très forts avec les villages d’origine.

Ces hommes, ces femmes, ces adolescent(e)s, qui ont marqué les mémoires, ne savaient pas toujours très bien lire, mais parfaitement compter pour vivre et réussir. Ainsi, Lanfains, Saint-Brandan et Plœuc-sur-Lié ont été de véritables viviers pourvoyeurs de travailleurs(euses) ayant un savoir-faire commercial très aiguisé au sein de réseaux multiples. Les pillotous(es) seront abordés à travers différentes méthodes et champs disciplinaires (histoire, géographie, économie, sociologie, ethnologie, anthropologie).

Yann Le Herissé est arrière-petit-fils et petit-fils de pillotous(es) de Ploeuc-sur-Lié installés en Normandie. Il est professeur d’histoire-géographie au lycée Guillaume Le Conquérant de Lillebonne (76). Il prépare une thèse d’histoire contemporaine sous la direction de Jean Le Bihan (Université de Rennes 2). Le sujet des pillotous(es) le passionne depuis plus de vingt ans.

Marianne Raguénès au congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024. Photo : FB

RAGUENES Marianne 2024

Le commerce du meuble néo-breton de 1870 à 1930

Marinne Raguenes a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, sous l’influence artistique et politique du Second Empire, naît en Bretagne un mobilier éclectique de style Henri II agrémenté de scènes de vie champêtre. Ces meubles que l’on nomme pour des raisons de facilité néo-breton, semblent avoir jusqu’aux années 1980 généré une véritable industrie dans la région.

Le 2 mars 1913, dans le journal Le pays breton, on pouvait lire : « Dans les trois départements bas-breton : Morbihan, Finistère et Côtes-du-Nord, plus de cinquante ateliers fabriquent maintenant du meuble dit breton (Charles géniaux, « Le mobilier Provincial français », dans Le pays Breton, 2 mars 1913, p.1. »)

Neuf ans plus tard, dans un numéro spécial de la revue La Vie à la Campagne consacré aux meubles de la région, le critique d’art Maurice Facy signalait onze centres principaux concernés par cette production : Auray, Pontivy, Melrand, Lorient, Quimper, pour le Morbihan, Morlaix, Redon, Rennes, Saint-Servan pour l’Ille-et-Vilaine, Dinan et Quintin, pour les Côtes-d’Armor.

La multiplication de ces ateliers s’observe également à l’échelle des villes. À Auray, par exemple, ils sont nombreux à s’être côtoyés, concurrencés et parfois même copiés. Si la profusion et le développement de ces ateliers attestent de l’engouement suscité par cette production, elle questionne en revanche sur sa commercialisation.

  • Comment autant d’ateliers pouvaient-ils se concurrencer ?
  • Quelles étaient leurs stratégies de communication ?
  • Où se passaient les ventes ?
  • Qui étaient leurs clients ?
  • Ces derniers étaient-ils originaires de la région ou venaient-ils d’ailleurs ?
  • Comment les meubles étaient-ils acheminés ?

Autant de questions sur lesquelles nous proposons de nous pencher en nous appuyant sur différents documents d’archives.

Marianne Raguénès est doctorante en histoire de l’art au Centre de recherche bretonne et celtique. Sous la direction de Nelly Blanchard (UBO, Brest) et de Pascal Bertrand (Université de Bordeaux Montaigne), elle prépare une thèse sur Création, fabrication, diffusion et réception du mobilier sculpté de style dit néo-breton (1865-1930).

Sklaerenn Scuiller au congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024. Photo : FB

SCULLIER Sklaerenn 2024

Les acteurs du commerce dans les campagnes bretonnes d’après l’enquête de 1767

Sklaerenn Scullier a présenté une communication sur ce sujet lors du congrès de la SHAB à Loudéac en septembre 2024.

En 1767, dans la lignée des enquêtes sur les arts et métiers, l’intendance de Bretagne mène une enquête sur les métiers qui ne sont pas en jurande. Dans cette province où l’exercice de la majorité des professions est libre, cette source, qui recense les acteurs du commerce des paroisses de 250 feux et plus, soit 290 localités dont la plupart sont rurales, est d’un grand intérêt pour saisir les commerçants des campagnes de la péninsule.

Cette communication se propose d’interroger le nombre des acteurs du commerce présents dans les villages bretons et de réfléchir aux logiques d’implantation de ces derniers, tout en questionnant la nature et la pluralité des activités exercées par les acteurs inventoriés.

Sklaerenn Scuiller est docteure en histoire moderne. Après avoir soutenu une thèse intitulée Le commerce alimentaire dans l’Ouest de la France au XVIIIe siècle : territoires, pratiques, acteurs (Université Rennes 2, 2015), elle consacre ses recherches à l’histoire des circulations alimentaires en Bretagne à l’époque moderne. Elle est actuellement chargée de cours à l’université Rennes 2 et professeure d’histoire-géographie au Lycée Beaumont (Redon).