Les monts d’Arrée : une aventure humaine au fil des millénaires
Le Dictionnaire des monts d’Arrée est une œuvre collective dont il n’existe pas d’équivalent. Aucun espace en Bretagne, voire en France, n’a jamais bénéficié d’une étude aussi complète. Ses 575 articles ont été rédigés par François de Beaulieu et 66 spécialistes et passionnés tandis que 12 photographes et artistes, des dizaines de musées, de centres d’archives et de collectionneurs apportaient des centaines d’illustrations.
D’« Abbaye du Relecq » à « Yeun », la préhistoire, l’histoire, le patrimoine naturel et culturel, la vie sociale et économique d’hier et d’aujourd’hui sont étudiés pour 16 communes :
Berrien, Bolazec, Botmeur, Brasparts, Brennilis, Le Cloître-Saint- Thégonnec, Commana, Huelgoat, La Feuillée, Lopérec, Loqueffret, Plounéour-Ménez, Plouyé, Saint-Rivoal, Scrignac, Sizun et sans oublier la « montagne » de Hanvec, Plonévez-du-Faou et Plougonven.
Des clés pour comprendre les évolutions en cours
On pourra suivre l’aventure humaine qui, au fil des millénaires, a forgé un paysage, une culture et une identité : chasseurs-cueilleurs du Paléolithique, paysans révoltés, artistes inspirés, ouvrières en grève dans les mines et les tourbières, sabotiers anonymes, agriculteurs tirant le meilleur parti des landes, chiffonniers voyageurs, conteurs, communes résilientes, maquisards, chanteurs de kan ha diskan et néo-ruraux…
On trouvera des clés pour comprendre les évolutions en cours : démographie, climat, protection de la nature, initiatives innovantes… Sans compter nombre d’articles plus inattendus : argent de poche, camions-cross, chique, identité, naturalité, puits de carbone, rond-point de Trédudon, voleurs de beurre, etc. Le but principal de ce dictionnaire est d’offrir les éléments d’une conscience du temps long et d’être une source de savoirs à partager et à faire vivre.
Un dictionnaire XXL
- Le Dictionnaire des monts d’Arrée est pensé pour mettre à disposition de tous les éléments qui peuvent éclairer la conscience collective et favoriser la transmission de ce que sont les monts d’Arrée en renforçant les liens entre ceux qui y sont nés, ceux qui viennent s’y enraciner et ceux qui aiment cet espace unique.
- Le dictionnaire en chiffres : 575 articles, 800 illustrations couleur, 66 contributeurs, 12 photographes, format 30 x 22 cm, 784 pages, couverture cartonnée, papier couché.
- Il est disponible en souscription, au prix de 70 € jusqu’au 1er septembre 2025. Le prix de vente sera de 88 €.
- Pour en savoir plus sur l’ouvrage, quelle est la liste des contributeurs, visionner une courte vidéo en ligne et commander l’ouvrage, cliquer le bouton ci-dessous.
Le présent dossier a été constitué à partir des éléments fournis par l’éditeur.
L’édition du terrier d’Arzon : une belle archive de 1548
En procédant à l’étude du terrier d’Arzon datant de 1548 et resté inédit à ce jour, les historiens amateurs de l’ASPA, l’Association de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine arzonnais, ont non seulement tout appris sur cartographie, l’héraldique, la paléographie, l’étude des textes anciens et leur retranscription, ils ont su aussi partager leurs connaissances avec le public en publiant un superbe ouvrage qui vient de paraître sous la direction de l’un d’entre eux, Daniel Jean. Le terrier d’Arzon, c’est un document de 434 feuillets, soit 868 pages.
Dans ce livre, l’historien Dominique Le Page fournit également des indications sur ces années décisives qui voient alors le duché de Bretagne intégrer le royaume de France et les raisons pour lesquelles il tenait à disposer de rentiers fiables. En 1548, Arzon étant notoirement une commune de langue bretonne, le linguiste Gildas Buron propose une étude linguistique et onomastique du terrier bienvenue. Pour en savoir plus : lire la présentation complète de l’ouvrage dans Le Journal de l’histoire.
Arzon au XVIe siècle d’après le terrier de 1548 : l’aboutissement d’un très beau projet
Mis à jour le 13 juillet 2025, 15 :31
Située à l’extrémité de la presqu’île de Rhuys, dans le Morbihan, la commune d’Arzon est surtout connue aujourd’hui pour les deux stations balnéaires que sont Port-Navalo et Le Crouesty, mais aussi parce qu’elle compte le plus fort taux de résidences secondaires de Bretagne, à hauteur de 80 % et qu’elle accueille quelque 45 000 touristes l’été. Voudraient-ils savoir ce qu’était Arzon il y a cinq siècles ? C’est désormais possible.
Dans cette commune de 2 272 habitants, s’est créée en 1995 l’Association de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine arzonnais, l’ASPA, dont la présidente est actuellement Myriam Le Moigne et qui réunit quatre-vingts personnes et fête donc ses trente ans en cette année 2025. Trois de ses membres, Gérard Adolphe, Daniel Jean et Étienne Kahl ont ensuite créé en 2015, il y a donc exactement dix ans, une commission de généalogie-paléographie. Cette commission s’est attachée à découvrir les cartes anciennes lors d’ateliers de cartographie, ainsi que l’héraldique, l’étude des armoiries, la paléographie, l’étude des textes anciens et leur retranscription.
Une archive datant de 1548 restée inédite
En 2019, les membres de l’ASPA entreprennent l’étude du terrier d’Arzon, un document de 434 feuillets, soit 868 pages, datant de 1548, conservé aux Archives départementales de Loire-Atlantique et demeuré jusqu’à présent inédit. Leur travail vient d’aboutir à la publication, sous la direction de Daniel Jean, d’un ouvrage très complet qui propose la transcription intégrale de ce terrier (ou rentier), qui représente un total de 1 600 000 caractères, accompagné de préfaces, d’une introduction, d’études toponymique et patronymique et d’un appareil de notes conséquent.
Dans son introduction, l’historien Dominique Le Page fournit un double éclairage sur le contexte historique des enquêtes qui ont conduit à l’élaboration du terrier d’Arzon d’une part, et, d’autre part, sur le travail exceptionnel qu’ont réalisé les historiens amateurs du cercle généalogique d’Arzon en vue de la publication du terrier. Il reprend la définition de ce dernier terme qu’avait donné son confrère Jean Kerhervé en 2013 lors de l’édition du rentier de Rhuys par La Maison forte (cliquer le lien, puis Morbihan, puis La Maison forte) :
« inventorier ce qui relevait de la directe du maître, établir un bilan administratif et comptable, rechercher et dénoncer les fautes éventuelles et les usurpations foncières, y mettre fin et procéder à de nouvelles adjudications pour accroître le revenu de la seigneurie. »
Le royaume de France face au Parlement de Bretagne
Dans ces années décisives qui voient le duché de Bretagne intégrer le royaume de France, l’objectif était de reprendre en main la gestion des principales composantes du domaine royal en Bretagne, mais aussi de disposer de rentiers fiables en même temps que d’affirmer la juridiction des gens des comptes face au Parlement de Bretagne.
Même si le terrier d’Arzon, selon D. Le Page, ne donne qu’une vue partielle du domaine de Rhuys, il fournit de précieuses informations, par exemple sur le domaine congéable, les noms des convenanciers, en général des paysans, les superficies, les rentes à payer, la taxe qui pèse sur chaque type de terre, y compris les talus, et selon les cultures. On y rapporte aussi la manière dont ont procédé les commissaires pour accomplir leur tâche entre 1546 et 1548.
Une étude linguistique et onomastique du terrier bienvenue
Les responsables de l’ASPA ont eu par ailleurs la juste intuition de solliciter l’historien et linguiste Gildas Buron, connu par ailleurs pour avoir été le directeur du Musée des marais salants de Guérande, pour une étude linguistique et onomastique du terrier d’Arzon. Pour une raison bien simple : en 1548, Arzon était notoirement de langue bretonne et l’est d’ailleurs demeurée, comme ailleurs en Basse-Bretagne, jusqu’au milieu du XXe siècle.
L’une des questions qui se posent, écrit-il, est celle de la capacité des clercs d’entendre le breton et de s’exprimer dans la langue des convenanciers de 1548. Rien n’est dit sur la présence ou non d’interprètes, mais les arpenteurs et greffiers ont dû jouer ce rôle. Leur français ne laisse filtrer que très peu de tournures idiomatiques, mais certaines formulations peuvent être considérées comme des calques du breton.
Dans sa contribution, Gildas Buron présente dès lors le terrier de 1548 comme un document entre oral et écrit et dans lequel le breton peut être détecté entre les lignes d’un terrier rédigé en français. Outre son étude, il présente un index analytique du breton du corpus onomastique du terrier de 1548, y ajoutant un essai sur les surnoms, noms et prénoms d’Arzon à cette date-là.
Un matériau pour les historiens, pour tous un voyage dans le passé
Dominique Le Page souligne le mérite des généalogistes amateurs d’Arzon qui mettent ainsi à la disposition des historiens une matière extrêmement riche, d’autant que la réformation de 1548 fait date et que le terrier d’Arzon fait partie des derniers dont on dispose pour l’Ancien Régime. Jean Kerhervé, en soulignant l’énorme travail d’une équipe de passionnés attachés à la réalisation d’un ouvrage de qualité, fait part rétrospectivement de ses regrets de n’avoir pu disposer d’un tel matériau quand il préparait sa thèse.
Escomptons que les nouvelles générations d’historiens sauront s’en saisir et que nombreux seront les passionnés d’histoire qui voudront faire un beau voyage dans le passé grâce aux généalogistes d’Arzon. Précisons que Daniel Jean et son équipe, ravis des connaissances qu’ils ont acquises et qu’ils ont su partager avec leurs lecteurs, ont déjà commencé l’étude d’une autre archive : Arzon sous Louis XIV d’après le terrier de 1679-1683. C’est une belle histoire dans l’histoire.
Fañch Broudic
Utile : les tables des Mémoires de la SHAB
- Les tables des Mémoires de la SHAB peuvent vous faciliter grandement la consultation de vos volumes papier ou leur consultation en ligne.
- Un siècle de table des Mémoires des années 1920-2020 peut se télécharger à l’aide du bouton ci-dessous ou sous l’onglet « Recherche ».
- La table 2021-2025 a été mise en ligne sous la forme d’un volume pdf de 105 pages, minutieusement colligé, incluant des index très complets. peut se télécharger à l’aide du bouton ci-dessous ou en accédant à l’onglet « Recherche ».
Abbaye de Landévennec : un petit ouvrage au contenu dense
Guénolé Ridoux a coordonné la parution d’un petit ouvrage au contenu extrêmement dense et richement illustré pour suivre les étapes de la construction de l’abbaye de Landévennec en l’an mille.
Ce livre d’une belle facture parvient à mettre à disposition d’un large public les dernières avancées de la recherche historique et archéologique sur l’abbaye romane de Landévennec.
Actes du congrès de Loudéac des 5-7 septembre 2024
- Ils constituent le tome CIII des Mémoires de la SHAB de l’année 2025.
- Il y est question de la vie de la SHAB et de la Fédération des sociétés historiques de Bretagne
- Deux thématiques avaient été abordées lors du congrès 2024 :
L’histoire de Loudéac et de son pays
- Patrimoine du pays de Loudéac
Le commerce et les commerçants en Argoat
Consultez la table des matières ci-dessous pour connaître les intervenants et les sujets qu’ils ont traité.
Comptes rendus bibliographiques
Cette livraison propose le plus vaste panorama de la production historiographique avec la recension de plus de quarante ouvrages récemment publiés concernant l’histoire de la Bretagne. A découvrir impérativement sur la page des Mémoires.
83 Romains d’Armorique identifiés grâce à l’épigraphie
- Cet ouvrage est le troisième opus publié par Jean-Yves Eveillard, après un premier livre consacré aux sources littéraires évoquant l’Armorique antique en 2013 et un volume sur les voies romaines en Bretagne (2016).
- Ici, ce sont les sources épigraphiques qui, pour l’essentiel, sont mises à contribution pour évoquer les Romains d’Armorique : les textes gravés sur pierre, dans les formats les plus variés, depuis l’inscription monumentale jusqu’au cachet d’oculiste en passant par de modestes plaquettes de schiste, dominent la documentation, mais les graffitis sont convoqués fort à propos
- L’ouvrage est organisé en cinq chapitres, correspondant chacun à l’une des cinq civitates de la péninsule. Le titre lève toute ambiguïté sur l’intégration de la région à la construction impériale. Lire sur la page des Livres d’histoire.
Peuple de la mer ? Le Campaniforme en Bretagne et au-delà
A l’occasion du colloque international « Sea People, Land People : lifestyles and networks in Bell Beaker Europe (23rd Archéologie and Gobelets Conference) » qui s’est tenu à Vannes du 18 au 21 mai 2025, la Société polymathique du Morbihan a édité un ouvrage intitulé Peuple de la mer ? Le Campaniforme en Bretagne et au-delà.
Écrit en concertation avec les organisations institutionnelles (CNRS, universités, opérateurs d’archéologie préventive), il regroupe les contributions d’une quarantaine de spécialistes français ou étrangers.
La Bretagne et la façade atlantique : les plus grandes concentrations de vestiges campaniformes en Europe
Il y a 4 500 ans, un phénomène culturel d’ampleur, le Campaniforme, va refaçonner les sociétés d’agriculteurs du Néolithique et marquer le passage aux âges des Métaux. De nouveaux objets, de nouvelles croyances, vont être diffusés par terre et par mer, mettant en réseau, en l’espace de quelques générations, une grande partie de l’Europe.
La Bretagne et, au-delà, la façade atlantique constituent l’une des plus grandes concentrations de vestiges campaniformes en Europe. Grâce aux découvertes anciennes et aux recherches récentes, cet ouvrage collectif invite à découvrir les différentes facettes de ce phénomène culturel à travers la culture matérielle, les modes de vie, les pratiques funéraires et les liens maritimes avec d’autres régions.
Il peut être commandé sur le site de la Société polymathique du Morbihan.
Clément Nicolas & Quentin Favrel (dir.). Peuple de la mer ? Le Campaniforme en Bretagne et au-delà. Vannes, Société polymathique du Morbihan, 132 p. couleur, 25 €.
La nouvelle revue semestrielle Istor Breizh
La revue semestrielle Istor Breizh, L’histoire de la Bretagne, La Bretagne dans l’histoire en est à son deuxième numéro. Le premier numéro a donné lieu à une recension dans le tome CIII des Mémoires de la SHAB.
Il est désormais possible de lire en ligne sur ce site le compte rendu critique qu’en a proposé l’historien Dominique Le Page, lui-même auteur d’ouvrages et d’articles sur l’histoire de Bretagne. Ce qui l’a intéressé, c’est de savoir quelle lecture de cette histoire propose Istor Breizh ? S’agit-il de la fabrique d’un roman national breton, ou pas ? Un clic pour le savoir
Une nouvelle revue d’histoire de la Bretagne : quelle lecture de l’histoire ?
Cette nouvelle revue d’histoire de la Bretagne, « semestrielle dans un premier temps » (quatrième de couverture), paraît à l’initiative de Jacques-Yves Le Touze – vice-président de l’Institut culturel de Bretagne –, directeur de la publication, et de Christian Gouerou, journaliste à Ouest-France, rédacteur en chef, qui signe la majeure partie des textes (articles ou interviews). Elle entend se placer dans la continuité de Dalc’homp soñj qui est parue de 1985 à 1989, sous la direction du premier (1).
Sur la photo de l’équipe, colonne de gauche : Armelle Le Guillou, Kristian Gouerou, Jacques-Yves Le Touze, Olwenn Manac’h.
Par rapport à son devancier, Istor Breizh se présente comme un « mook » (format entre le magazine et le livre) et accorde un soin particulier à l’illustration en couleur. L’ambition est d’enseigner au plus grand nombre l’histoire de Bretagne, dont il est regretté qu’elle ne soit pas connue et qui est envisagée comme une histoire « celtique », européenne et mondialisée à partir du XVIe siècle (p. 4).
Des informations intéressantes sur les Seiz Breur
Ce premier numéro présente deux grands dossiers : l’un sur le mouvement des Seiz Breur, avec des contributions de Daniel Le Couédic qui fait un historique du mouvement, Jean-Jacques Monnier (sur la chapelle Saint-Joseph de Lannion), Christian Gouerou (« L’éphémère revue Kornog »), et deux interviews réalisées par ce dernier, l’une de l’artiste plasticienne Laurence-Pauline Boileau qui a réalisé un documentaire sur Jeanne Malivel, l’autre de l’historienne de l’art Saphyr Creston, petite-fille de René-Yves. Le lecteur trouvera dans ces textes des informations intéressantes.
Un autre dossier sur l’exposition « Celtiques ? » : discutable
Le deuxième dossier, qui revient sur l’exposition « Celtiques ? » organisée par le musée de Bretagne en 2022, est plus discutable. Loin de présenter trois points de vue divergents sur cette manifestation comme il est annoncé, il reprend en fait deux positions critiques, celle de Ronan Le Coadic publiée sur son blog de Médiapart, celle de Jean-Michel Le Boulanger interviewé par Christian Gouerou.
La seule analyse, plus nuancée, est celle de la directrice des Champs libres à Rennes, Corinne Poulain, qui a été présentée dans une communication faite, le 4 août 2023, lors du colloque organisé à Lorient pendant le festival sur le thème « Bretagne… celtique ! ». La balance n’est pas égale d’autant que l’introduction au dossier penche en faveur des premiers. Peut-être aurait-il fallu questionner directement Manon Six, commissaire de l’exposition, pour en savoir davantage, car les lecteurs n’ayant pas vu cette dernière ni consulté le catalogue – c’est mon cas – resteront sur leur faim et ne sauront pas trop comment se former une opinion, surtout si la question de leur celtitude ne les préoccupe pas outre mesure.
Les historiens et les intellectuels ne seraient-ils d’accord sur rien ?
Ce qui inquiète, dans ce dossier, est l’idée qui est soutenue par ailleurs à plusieurs reprises dans la revue, que les historiens, les intellectuels ne sont d’accord sur rien et que, partant de là, chacun est libre de se faire son opinion, de se construire sa vérité et son imaginaire et qu’il est donc mal venu de s’attaquer à ceux dont les interprétations seraient différentes. Sans faire de cours de méthodologie de l’histoire comme dans les premiers cycles de l’université (en s’appuyant notamment sur l’Apologie pour l’histoire de Marc Bloch).








