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Une contribution majeure à la diffusion de la recherche historique

La SHAB publie chaque année un volume qui reprend les textes des interventions faites au congrès de l’année précédente : ce sont les Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne. Par les articles inédits qu’ils contiennent, ces Mémoires contribuent à la diffusion de la recherche historique en Bretagne.
Tous les adhérents de la SHAB reçoivent de droit un exemplaire de ces Mémoires.
Ils sont également vendus à qui le demande au siège de la Société.
Par ces contributions, au nombre d’une vingtaine chaque année, parfois plus, ces Mémoires représentent un apport essentiel à la diffusion de la recherche historique en Bretagne.

Les ouvrages édités par la SHAB ou en coédition : présentation

Outre les Mémoires qu’elle publie à la suite de ses congrès annuels, la SHAB mène une politique éditoriale de qualité, publiant des ouvrages fondamentaux pour l’histoire de la Bretagne.Les premiers statuts de la SHAB, en 1920, dans leur article 9, stipulaient qu’elle « pourra(it) publier une collection de textes ou de travaux dépassant le cadre des Mémoires« . Charles de Calan, le dernier président de la Société des bibliophiles bretons, fondée par Arthur de La Borderie en 1877 et dissoute à cette époque, avait formulé le souhait que l’héritage scientifique prestigieux de cette société fût repris et continué par la SHAB.

Ce n’est qu’en 1960, que ce vœu put être réalisé avec la publication par Henri Waquet des Mémoires du chanoine Jean Moreau sur les guerres de la Ligue en Bretagne, dotée d’un index par Jacques Charpy. Ainsi était créée la collection dont le nom Archives historiques de Bretagne.

Les Presses universitaires de Rennes et la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne ont lancé au congrès de Nantes en 2014 une  nouvelle collection de Sources médiévales de l’histoire de Bretagne, codirigée par Yves Coativy, Philippe Charon et Florian Mazel, dont le premier volume fut l’édition des Actes de Pierre de Dreux par Marjolaine Lemeillat.
La collection s’est enrichie depuis lors de plusieurs autres volumes, le dernier (no 11) étant paru en 2023 sous la direction de Jean-Michel Cauneau et Dominique Philippe, « Le Roman de Monsieur Sylvestre » (1378). La geste des Bretons en Italie par Guillaume de la Penne, suivie de la Membrance du pape Clément VII.

Pierre le Baud, étions Karine Abélard

Compilation des cronicques et ystoires des Bretons

Karine Abélard, Compilation des cronicques et ystoires des Bretons, Rennes, Presses universitaires de Rennes / Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 2018, coll. « Sources médiévales de l’histoire de Bretagne », no 8, 2018.

À la fin du XVe siècle, Pierre Le Baud achève la première version de sa Compillation des cronicques et ystoires des Bretons, rédigée sur commande de Jean de Derval, seigneur de Châteaugiron, dont il est le secrétaire particulier. Pierre Le Baud est le premier historien breton dont l’ambition est d’élaborer «une matière de la Petite Bretagne», à l’instar de celles de France, de Rome ou de Grande-Bretagne. Depuis l’épisode du déluge jusqu’à la mort du duc Arthur III de Bretagne survenue en 1458, le lecteur découvre un texte fondateur centré sur la politique intérieure bretonne, mais aussi des récits rappelant les relations tumultueuses que la Bretagne a entretenues avec la France et l’Angleterre, notamment lors de la guerre de Cent Ans.

Pour en savoir plus : Compilation des cronicques et ystoires des Bretons

Auguste Brizeux, la découverte d’une entité remarquable

Joseph RIO, Auguste Brizeux, 1803-1858. Inventeur de la Bretagne ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021, 264 p.

Auguste Brizeux, inventeur de la Bretagne ? Inventeur ? Un inventeur, en bon français, et au sens le plus courant est un individu qui met au point une nouvelle technique : Gutenberg a inventé l’imprimerie, les frères Montgolfier la montgolfière et Clément Ader, le méconnu, est le véritable inventeur de l’avion. Mais le mot a plusieurs sens : juridiquement, l’inventeur d’un trésor est celui qui découvre le trésor. Il ne l’a pas « inventé » puisque le trésor existait déjà. Laissons de côté les « inventeurs d’histoires ». Si Brizeux est l’inventeur de la Bretagne, ce ne peut être que dans le second sens parmi ceux que nous venons de lister. Il a «découvert» une entité remarquable, digne des plus grandes attentions et l’a fait connaître à une multitude de personnes qui en avaient une ignorance complète. Nous sommes ici assez proches de la vérité.

La double image de la Bretagne avant le XIXe siècle

Géographiquement, administrativement, économiquement, la Bretagne avait, avant le XIXe siècle, une existence réelle doublée d’une image complètement fantasmée, celle d’un pays de sauvages incultes, peut-être par certains côtés pittoresques, mais qui ne méritait pas une grande attention de la part de la bonne société et des gens éduqués. Quand Stendhal visite la Bretagne, il est épouvanté d’un certain nombre des choses qu’il découvre, par exemple, la marée qui lui paraît le comble de la laideur. Tout cela exige de faire table rase du rôle qu’a pu jouer la province dans l’histoire de la France, mais, l’oubli étant une vertu essentielle de l’esprit humain, l’opération est relativement facile.
Pourtant, à la fin du XVe siècle, Anne de Beaujeu avait jugé capital de marier son jeune frère Charles (VIII) à la duchesse Anne, ce mariage ayant entraîné l’abandon de la dot prévue de Marguerite de Bourgogne qui comprenait une partie des Flandres, beaucoup plus riches que la Bretagne. Cela devait avoir un sens.
Pourtant, deux siècles plus tard, le bon La Fontaine pouvait écrire :

« Le phaéton d’une voiture à foin
Vit son char embourbé.
Le pauvre homme était loin
De tout humain secours.
C’était à la campagne
Près d’un certain canton de la basse Bretagne,
Appelé Quimper-Corentin.
On sait assez que le Destin
Adresse là les gens quand il veut qu’on enrage.
Dieu nous préserve du voyage ! »

Cette image demeura très longtemps collée à la peau de la malheureuse Bretagne, pour autant qu’une province ait une peau…, alors même que ses productions textiles s’exportaient dans le monde entier avec le tampon « Bretagne véritable ». La Révolution ne contribua pas à l’améliorer, le Breton étant assimilé au personnage du chouan sauvage, luttant peut-être courageusement, mais pour une cause perdue, du moins aux yeux de ceux que l’on n’appelait pas encore les intellectuels parisiens. L’image de la Bretagne demeure, partiellement en tout cas, négative chez Balzac, Flaubert, Hugo. Elle va persister encore des décennies dans la littérature populaire, enfantine, donnant le personnage de Bécassine ou de Lilette Léveillé à Craboville. Et on pourrait citer, si la place n’était pas mesurée, des discours dix fois plus invraisemblables.

Le type presque caricatural du littérateur de province ?

Revenons donc à Brizeux. Auguste Brizeux, né à Lorient, écrivain, poète surtout, « ami » de Vigny et de Hugo, compagnon de nombreux jeunes « intellectuels » parisiens, comme on ne disait pas à l’époque, représente un type presque caricatural du littérateur de province, bohème ou besogneux, tentant de « faire sa place » dans la capitale, et y parvenant plus ou moins. Voyageur, principalement en Italie, mort à 55 ans de la tuberculose, c’est peu dire qu’il incarne une figure reproduite en son temps à de nombreux exemplaires, hors de tout jugement sur la qualité de l’œuvre. Poète « maudit » comme Tristan Corbière ? Pas vraiment, il eut à son époque un certain succès public avant de tomber dans un (quasi) oubli, disons-le, pas tout à fait injustifié.
Sans doute fait-il partie des « inventeurs » de la Bretagne, comme le souligne l’auteur, des inventeurs de la première génération avec Souvestre, Luzel, La Villemarqué, Laurens de La Barre, Édouard Turquéty, ou des « inventeurs » de la seconde, pour autant qu’on puisse être un « inventeur en second », Anatole Le Braz, Adolphe Orain, La Borderie, Charles Le Goffic et autres. Sachant que deux « Bretons » majeurs, Chateaubriand et Lamennais, sont, de même que Renan, peu intervenus sur la Bretagne. Qu’ont-ils donc « inventé » ? L’image, la représentation d’un pays, d’un peuple, telles qu’elles puissent se présenter comme dignes d’intérêt, méritant considération et respect de la part de ceux qui, jusqu’alors, avaient traité la Bretagne avec quelque mépris.

Les Bretons en 1845, synthèse de la pensée de Brizeux

L’ouvrage se présente sous la forme d’un diptyque. Une première partie, soixante-neuf pages, retrace la vie d’Auguste Brizeux selon une démarche très chronologique. D’abord, un « acte un » intitulé « S’inventer ? », où sont décrites les années de jeunesse du futur écrivain, son éducation, déjà en partie bretonnante, son départ pour Paris, ses premières relations avec de grands écrivains, poètes ou intellectuels tels que Vigny ou Félicité de Lamennais, enfin la publication de la première grande œuvre, Marie, avec le succès que cet ouvrage, sans doute étrange aux yeux de l’intelligentsia parisienne, connut dès sa publication. Puis vient un premier « intermède » qui voit Brizeux parcourir l’Italie, et à nouveau les chemins de sa Bretagne natale. Un « acte deux » nous le montre de retour à Paris, se mêlant cette fois de près aux intellectuels bretons déjà présents dans la capitale, Le Gonidec ou La Villemarqué.
« L’acte trois » est consacré à la production des grandes œuvres, et notamment de Les Bretons, ouvrage paru en 1845 et qui représente en quelque sorte l’acmé et la synthèse de la pensée de Brizeux. Enfin, « l’intermède final » se déroule sur une longue période de treize ans, de 1845 à 1858, et nous fait suivre un Brizeux malade, dont l’œuvre est pratiquement achevée et qui traîne sa misère et ses maladies au milieu d’un environnement certes point trop négatif pour l’écrivain et le poète. Période ponctuée d’actes de reconnaissance divers, de la part des écrivains français, de ses amis bretons, mais aussi de tous ceux qui commençaient à vouloir faire revivre les langues et cultures régionales et d’abord les poètes provençaux, les félibres, Mistral au premier chef, qui reconnurent en lui un contemporain, un poète de leur taille, un compagnon, un ami. Victime de la tuberculose, le mal du siècle, c’est justement au soleil du midi, à Montpellier, qu’il alla finir sa vie.
La deuxième partie du livre, de loin la plus longue (169 pages) est formée par de longs extraits des principales œuvres d’Auguste Brizeux, d’abord Marie (1832), abondamment citée, puis La Harpe d’Armorique (1844), donnée ici en édition bilingue, ensuite La Fleur d’or (1853), puis les Histoires poétiques, de 1855, avec notamment des extraits des « Écoliers de Vannes » et l’adresse précieuse et caractéristique, « Aux poètes provençaux ».
Enfin près de quatre-vingts pages sont consacrées à l’ouvrage majeur de Brizeux, Les Bretons (1845), où il se montre par-dessus tout le poète, le peintre, « l’inventeur » de la Bretagne. Rappelons toutefois que Les Bretons ne furent publiés que neuf ans après Les derniers Bretons (1836) de son quasi-contemporain, Émile Souvestre, autre « inventeur » de la Bretagne, ouvrage d’ailleurs beaucoup plus composite (plus varié) que Les Bretons, mêlant descriptions géologiques, géographiques, historiques et économiques (relevant souvent d’hallucinants stéréotypes d’époque…) aux transcriptions de « vieilles chansons » populaires.
Le livre se conclut par deux annexes. La première, « Que sait-on de Marie ? », s’interroge sur le personnage réel qui fut à la source du poème ; la seconde, « La légende des origines des Bretons armoricains », a pour but d’éclairer quelque peu les allusions parfois obscures formées par Brizeux quant aux origines de son peuple, forcément obscures tant elles relèvent de salmigondis légendaires, procédé à vrai dire courant au XIXe siècle et qui ne concerne pas que le seul Brizeux.

Un de ces intellectuels besogneux du XIXe siècle, errant entre leur province et Paris

Au bout du compte, quel bilan faire de l’ouvrage ? Il a certainement le mérite d’attirer l’attention sur un des « grands ancêtres » un peu oubliés. Dans l’histoire de la Bretagne contemporaine, la période de « l’invention » est bien sûr décisive. Elle précède et, dans une certaine mesure, suscitera la deuxième phase que sera, à partir de l’extrême fin du XIXe siècle, l’émergence de ce que l’on appellera, d’un terme général, le nationalisme breton. Ce dernier ayant été quelque peu abîmé par la Seconde Guerre mondiale (ou s’étant abîmé lui-même), il s’effacera (en grande partie) devant l’étonnant, et à vrai dire inattendu, essor économique de la province à partir de la fin des années 1950, essor qui va se doubler au milieu des années 1970 d’une mutation politique, un radical basculement à gauche, tout aussi inattendue. Ce bouleversement économique aurait sans doute désolé Brizeux :
« Ô Dieu, qui nous créa, ou guerriers ou poètes Sur la côte marins, et pâtres dans les champs Sous les vils intérêts ne courbe pas nos têtes, Ne fais pas des Bretons un peuple de marchands ! Nature, ô bonne mère, éloigne l’Industrie ! » (Élégie de la Bretagne, 1857, p. 170). Souvestre, au contraire, appelait à peupler le pays de vastes établissements industriels…
De la Bretagne, Brizeux trace donc un dessin qui est bien le même que celui fourni par moult premiers « inventeurs » (pas tous) et qui perdurera assez longtemps après eux, celle d’un pays, pour reprendre son expression, de pâtres et de marins, assumant glorieusement leur misère, et redoutant la mort qu’ils savent pourtant inévitable. La quatrième de couverture de l’ouvrage indique que Brizeux aurait livré de la Bretagne « l’image inattendue d’une Bretagne paisible et souriante ». Très partiellement. L’Ankou, les morts qui envahissent le monde des vivants, le 1er novembre et la baie des Trépassés y occupent aussi une bonne place ! Et image volontairement archaïque. Hostile au monde moderne. Voir les vers horrifiés qu’il consacre à l’arrivée du chemin de fer, « le grand destructeur ». Mais même le clergé est accusé de se soumettre honteusement à la modernité (« Aux Prêtres de Bretagne », p. 154).
Il n’est pas sûr que cette Bretagne-là ait vraiment correspondu à une réalité complète, même à l’époque. Écrivant quelques années seulement après Brizeux, Jean-Marie Déguignet nuance fortement cette peinture. Les habitants ne passaient pas leur temps à guetter l’apparition de l’Ankou derrière chaque menhir ni à écouter si les essieux de la charrette de l’intéressé étaient suffisamment grinçants. Ni les bergers bretons à conter fleurette aux bergères. Les Bretons du peuple dont on peut esquisser la silhouette à travers les documents d’archives, par exemple judiciaires, sont parfois très éloignés de cette vision ou rousseauiste ou mortifère.
Disons quand même que l’intérêt, réel, que l’on peut attacher à Brizeux est avant tout historique. Il est bien l’un des personnages majeurs de « l’invention de la Bretagne ». En tant que poète en revanche, il peut laisser dubitatif : sa versification est souvent lourde, parfois prosaïque, peu sonore, les images fortes sont rares. On est loin de Tristan Corbière : « Ô Poète, gardez pour vous vos chants d’aveugles/Eux, le De Profundis que leur corne le vent ». Sans parler des strophes enchantées du Pardon de Sainte-Anne-la-Palud.
Enfin, comme déjà dit plus haut, l’ouvrage de Joseph Rio offre un autre intérêt : celui de décrire l’itinéraire, à vrai dire très classique et sans doute reproduit à des dizaines d’exemplaires, mais toujours instructif, de ces intellectuels besogneux du XIXe siècle, errant entre leur province et Paris, tentant de trouver leur place dans la capitale, y réussissant, ou pas, retournant provisoirement ou pour toujours sur leurs terres d’origine, image balzacienne du Grand homme de province à Paris, figure toujours renouvelée d’un Lucien de Rubempré.

Jean-François TANGUY

Cette recension a été initialement publiée en 2022 dans le tome C des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, volume II, p. 779-783.
Sur ce site, le titre et les intertitres sont de la rédaction.

GUILLOREL Éva 2022

Maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université Rennes 2 (laboratoire Tempora) et membre junior de l’Institut universitaire de France. Elle a fait un triple cursus d’histoire, d’études celtiques et d’ethnologie dans les universités de Rennes et Brest avant de passer trois années postdoctorales au Québec et aux États-Unis. Ses travaux de recherche portent sur les cultures orales et les circulations culturelles et linguistiques en Bretagne et en Amérique du Nord. 

Elle est intervenue au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :

Parler breton en Nouvelle-France au XVIIIe siècle

Les chercheurs qui se sont intéressés à la constitution des communautés linguistiques dans les colonies françaises d’Amérique ont insisté sur l’enracinement et l’homogénéisation rapides de la langue française dès les premières décennies de la colonisation en Nouvelle-France. Pourtant, certains migrants installés dans la colonie n’étaient pas originaires de ces régions, ne parlaient pas français à leur arrivée ou avaient une autre langue pour idiome maternel. C’est notamment le cas de Bretons de Basse-Bretagne.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 489-504.

Myrzinn Boucher-Durand, lors du congrès de la SHAB à Carhaix, en novembre 2022. Photo : FB

BOUCHER-DURAND Myrzinn 2022

Doctorante à l’Université d’Harvard, dans le département de langues et littératures celtiques. Elle y enseigne le breton et la littérature celtique et y travaille sur une thèse portant sur les dialectes du moyen breton.

Elle est intervenue au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :

Claff, claf, clam : claff en moyen breton, quel sens donner au mot malade ? L’éclairage des autres langues celtiques médiévales.

Cette intervention vise à étudier le champ lexical historique du mot Claff en moyen breton, ainsi que son évolution en breton moderne, et ce pour tenter d’éclairer le sens du nom Guynglaff, l’homme sauvage qui prophétise à Arthur.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 413-426.

Antoine Châtelier. Photo DR

CHÂTELIER Antoine 2022

Docteur en breton et celtique. Thèse soutenue à Rennes en 2016 : Traductions et variabilité en langue bretonne : l’exemple des traductions bretonnes de l’Introduction à la vie dévote (XVIIIe-XXe siècles, dirigée par Hervé Le Bihan). Chargé de cours à l’université de Rennes 2, il a notamment publié des articles sur la dialectologie de la langue bretonne, comme : « Le cas des noms verbaux “doubles” et de en devout conjugable », dans Études celtiques (n° 42, 2016), ou portant sur la forme edi dans la littérature vannetaise ancienne, « Arveroù diwezhañ ar stumm “edi” e lennegezh Bro-Gwened (XVIIvet-XXvet kantved) », Klask, no 11, 2017, par exemple.

Antoine Châtelier est intervenu au congrès 2022 de la SHAB à Carhaix sur le sujet suivant :

Langues, diglossie et changements linguistiques à la fin de l’Antiquité et au début du Moyen Âge dans l’est de la Bretagne

Quelles langues étaient parlées dans la péninsule armoricaine à l’arrivée des Bretons, autour du Ve siècle de notre ère ? La question est ardue et depuis longtemps débattue. Des traces d’une ancienne assibilation latine peuvent s’observer dans la toponymie bretonne ancienne. Mais d’autres toponymes témoignent d’un passage direct du gaulois au breton. L’auteur propose d’y voir l’empreinte d’une britonnisation ancienne dans un territoire en situation de bilinguisme et de diglossie à l’avantage du latin.

Le texte de sa contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 395-412.

Quand Anne de Bretagne côtoie les grandes figures politiques du XXe siècle chez Gallimard

Joël Cornette, Anne de Bretagne, Paris, Gallimard, coll. « Biographies », 2021, 334 p.

Après les ouvrages de Georges Minois, Didier Le Fur, Frédéric Morvan, Claire L’Hoër, pour ne citer que les plus récents, Anne de Bretagne fait l’objet d’une nouvelle biographie, à caractère essentiellement politique, de la part cette fois de J. Cornette, qui est destinée avant tout au grand public. Anne de Bretagne peut rivaliser maintenant avec Charles le Téméraire qui est sans doute le seul autre prince territorial à avoir bénéficié d’un pareil intérêt de la part des auteurs de biographies. Selon J. Cornette, l’étude de la vie d’Anne de Bretagne doit permettre de répondre à une question d’histoire de grand intérêt, qui est de savoir à partir de quand, en France, « [on peut] définir la présence et le fonctionnement d’un État identifié à un territoire et à une souveraineté indépendante et autonome » (p. 15).
Dans une Europe qui voit s’affirmer les grands États aux dépens des corps intermédiaires et des principautés de moindre rang, la Bretagne peut être considérée comme un laboratoire des transformations en cours et la duchesse Anne comme le personnage emblématique des rapports de force qui s’établissent à la fin du Moyen Âge entre France et Bretagne, des tentatives aussi pour s’opposer à la force des choses. Tout cela dans le contexte des guerres d’Italie qui voient, avec Machiavel, l’invention de nouvelles formes du politique et des grandes expéditions maritimes qui entraînent une première mondialisation. J. Cornette fait le pari que, sans tomber dans la légende dorée de la bonne duchesse telle qu’elle a été mise en place au XIXe siècle, il est possible, contrairement à la vision historiographique, jugée intégriste, d’un Didier Le Fur (p. 13), d’écrire une histoire d’Anne de Bretagne, de dessiner son portrait en action.

Un Tro Breizh aux multiples enjeux d’Anne de Bretagne en 1505

Illustration de la problématique choisie, le livre s’ouvre habilement par un chapitre consacré au tour de Bretagne accompli par Anne en 1505 (« Quand une duchesse défie un roi : le Tro Breizh d’Anne de Bretagne ») qui est le signe tout à la fois d’une réaction de dépit d’Anne de Bretagne après l’échec du projet de mariage de sa fille Claude et de Charles de Gand (qui aurait garanti la pérennité de la principauté bretonne), la marque de son attachement à son statut de reine et au roi Louis XII pour la guérison duquel elle entend prier ; l’expression enfin de sa volonté de ménager l’avenir en affirmant sa souveraineté sur la Bretagne, en tentant de tisser un lien fort avec sa population, en se rendant en pèlerinage à Locronan afin de prier pour avoir le fils qui lui permettrait de conserver une marge de manœuvre. Le plan est plus classique ensuite et reprend en sept chapitres le fil de son existence de sa naissance en 1477 à Nantes à son décès à Blois en 1514 :

  • « II. L’enfance, 1477-1486 » ;
  • « III. À l’épreuve des guerres, 1487-1488 » ;
  • « IV. La dernière duchesse de Bretagne, 1488-1491 » ;
  • « V. Une reine dépossédée, 1492-1498 » ;
  • « VI. Le roi est mort, vive la duchesse ! 1498-1499 » ;
  • « VII. “Ma brette”, 1499-1514 » ;
  • « VIII. “La Royne est morte ! La Royne est morte !” »).

Un dernier chapitre à caractère thématique (« Non mudera ») brosse un portrait physique et intellectuel d’Anne de Bretagne, évoque ses lieux de vie – Amboise, Blois… – sa cour des Dames, et son mécénat. Un épilogue intitulé « La duchesse bafouée et trahie » reconstitue les étapes qui ont conduit à l’union définitive de la Bretagne à la France en 1532. Il est suivi d’une chronologie détaillée.

Le rôle clé d’Anne de Bretagne dans le processus d’intégration du duché au royaume de France

Le lecteur peu familier de ces questions trouvera dans ce livre de quoi nourrir sa curiosité sur les derniers moments du duché de Bretagne, sur les grandes étapes de la vie de la duchesse Anne, deux fois reine de France, fait unique dans l’histoire de la monarchie française, et plus largement sur l’un des grands moments d’agrandissement du royaume de France, au tournant du Moyen Âge et de l’époque moderne. L’ouvrage synthétise ce qui est admis aujourd’hui par la communauté historienne, à savoir que la Bretagne a constitué l’une des principautés les plus structurées en Europe au bas Moyen Âge, que, malgré ses velléités d’indépendance, elle est entrée dans un processus d’intégration au royaume de France dans la deuxième moitié du XVe siècle qui a combiné opérations militaires, négociations et mariages.
Il montre bien le rôle clé qu’Anne de Bretagne a joué dans ce processus en tant qu’héritière du duché à partir de 1486, les tentatives pour la marier à différents princes européens jusqu’à son mariage contraint avec Charles VIII en 1491, l’évolution de son statut à partir de cette date, qui la voit passer de reine sous tutelle jusqu’en 1498 à souveraine dotée de réelles prérogatives sous le règne de Louis XII grâce à la restauration de ses pouvoirs de duchesse, ce qui n’aurait pas, contrairement à ce qu’écrit Jean-Pierre Rioux dans une recension du livre de J. Cornette dans le journal La Croix (25 novembre 2021), empêché la Bretagne d’entrer dans la modernité. Les poncifs les plus éculés ont encore une belle vie devant eux et, vue de Paris, la Bretagne paraît encore une terre bien étrange, loin de la civilisation, le même auteur n’hésitant pas à attribuer le vol du reliquaire d’Anne de Bretagne au musée Dobrée en avril 2018 à des opposants au nouveau découpage régional voulu par François Hollande !

Un temps d’innovations pour le statut de la reine

Loin d’être un personnage secondaire, la duchesse Anne aurait été, selon J. Cornette, grâce aux qualités qu’elle détenait (« savoir, pouvoir et vouloir », selon son secrétaire André de La Vigne), porteuse d’un projet politique qui visait à poursuivre l’œuvre de ses parents et à perpétuer un duché autonome dans, voire en dehors du royaume de France. Il la montre, à la cour de son père, confrontée très tôt aux coups d’État, à la trahison, à la duplicité et apprenant l’art de dissimuler ses sentiments, de n’accorder sa confiance qu’à très peu de personnes et de jouer avec les faiblesses des hommes pour mieux atteindre ses objectifs. Il la dépeint découvrant, dès la première prestation de serment qui lui est faite le 11 février 1486, l’ivresse du pouvoir, « le mystère de l’obéissance à un seul, […] cette relation complexe liant, par un fil invisible, le prince à ses sujets et, en même temps, attachant ses sujets à lui » (p. 74), mais aussi la dévotion de son peuple.
Il insiste sur les cérémonies auxquelles elle a été mêlée : son couronnement ducal, à Rennes le 10 février 1489, qui aurait été un « coup de force cérémonial » lui permettant d’affirmer la plénitude de son autorité face au maréchal de Rieux, au vicomte de Rohan, et surtout au roi de France, tout en fortifiant l’ardeur des Bretons à la défendre du fait de sa consécration par l’Église ; son double couronnement royal à Saint-Denis le 8 février 1492 et le 18 novembre 1504, date à laquelle lui aurait été, fait inédit, remis par Georges d’Amboise, un anneau sponsal qui symbolisait tout à la fois son union avec le royaume de France et sa capacité à le diriger en cas de défaillance du roi.
Ce rite nuptial de l’anneau qui n’a été adopté pour les rois de France qu’en 1547 montre que le passage d’Anne de Bretagne sur le trône, sans doute parce qu’elle est la dernière souveraine à apporter en dot une principauté, a été un temps d’innovations pour le statut de la reine entre volonté d’affirmer son rôle – elle est la première souveraine à être dotée aussi d’un vaste hôtel et à se voir doter d’appartements particuliers, notamment à Amboise – et de la tenir sous contrôle. Il en est de même de ses doubles funérailles auxquelles J. Cornette consacre un chapitre en s’appuyant notamment sur les travaux de Jacques Santrot (1) et de Fanny Cosandey (2) et qui rendent somptueusement hommage à la reine disparue, tout en signifiant que ce qu’elle a voulu être, à savoir une duchesse attachée à ses prérogatives, et son projet politique ont pris fin avec elle.

Le mécénat à multiples facettes d’Anne de Bretagne

J. Cornette décrit dans ce qui est peut-être le chapitre le plus réussi du livre le mécénat d’Anne de Bretagne sous Louis XII. Grâce aux importants revenus dont elle disposait, constitués notamment par le produit de la fiscalité bretonne, elle a pu entretenir une importante cour des Dames à l’éducation et aux mariages desquelles elle a veillé et sur lesquelles elle exerçait une autorité sans partage, comme l’illustre une nouvelle de l’Heptameron, de Marguerite de Navarre, qui est analysée (p. 232 et suivantes). Elle a pu passer commande d’œuvres d’art dont les Vies des femmes illustres d’Antoine Dufour en 1504 et le livre d’heures, réalisé pour elle par Jean Bourdichon et Jean Poyet entre 1500 et 1508, qui dépeint les figures pieuses qu’elle honorait, mais aussi toutes les merveilles de la nature que l’on pouvait admirer dans un jardin médiéval. Elle a pu enfin passer commande d’Histoires de la Bretagne – de Pierre Le Baud, d’Alain Bouchart – qui ont eu pour but de magnifier la lignée dont elle descendait, d’exalter la Bretagne et les princes qui l’avaient gouvernée.
Même si J. Cornette considère la duchesse Anne avec empathie, il cherche à porter sur elle un regard objectif – à la différence de Georges Minois qui brossait un portrait à charge – et il n’hésite pas à souligner les limites des connaissances. Plus inspiré et plus informé que Claire L’Hoër, il adopte un ton généralement mesuré et nuancé qui contraste parfois avec les titres de certains chapitres (« V. La reine dépossédée » ; « Épilogue : la duchesse bafouée et trahie ») qui ne sont pas sans rappeler le titre d’une chanson de Gilles Servat dans les années 1970. La volonté,
d’autant qu’on n’a guère d’éléments pour l’apprécier en un temps où tout était codifié et l’on peut juste supposer que la politique de faibles prélèvements fiscaux au cours de son règne à partir de 1498, qui contrastait avec ce qui ce qui s’était passé au cours des années 1480, a pu laisser d’elle un bon souvenir au sein des populations tout comme celui du « père du peuple » Louis XII.

L’attitude des grands nobles bretons n’aurait-elle pas dû faire l’objet d’une approche plus nuancée ?

Quelques coquilles sont à signaler dans l’ouvrage : ainsi p. 111, il est fait mention de « Boudet de Guillaume de Beaune » au lieu de « Jean Boudet, contrôleur général des finances de Bretagne, et Guillaume de Beaune » ; plus ennuyeux, p. 236, il est écrit « l’année suivante, Ferdinand [d’Aragon], qui n’avait pas réussi à épouser Jeanne la Folle, héritière de Castille, sollicitera Anne de lui trouver une épouse ». Jeanne la Folle était la fille de Ferdinand d’Aragon ; il ne pouvait donc y avoir de mariage envisageable entre eux. Page 237, il est fait état d’un « Pierre Larbaud, doyen de Saint-Tugdual » au lieu de « Pierre Le Baud, doyen de Saint-Tugal ». La convention qui a été signée le 20 août 1498 entre Louis XII et Anne de Bretagne l’a été dans la ville d’Étampes et non dans l’hôtel du même nom à Paris, comme cela est suggéré (p. 157). Il est anachronique de considérer la Basse-Bretagne en 1505 comme « un sanctuaire bas breton, gardien et conservatoire des légendes, des mythes, des rites et de la langue » (p. 39), « sanctuaire » qui est une création du XIXe siècle et qui avait peu de réalité au XVIe siècle.
On peut se demander si l’adoption du deuil en noir par Anne de Bretagne en 1498 à la mort de Charles VIII obéit à une influence bretonne comme il est écrit (p. 146) ou, plus vraisemblablement, espagnole. L’attitude des grands nobles bretons dans les années 1480-1490 aurait dû être analysée selon d’autres concepts que celui de la trahison en ces temps de sentiment national balbutiant et davantage en termes de liens de parenté, de clientèle ; elle aurait dû aussi faire l’objet d’une approche plus nuancée, chaque grande famille suivant sa propre stratégie, à l’instar du prince d’Orange qui, en tant que cousin d’Anne de Bretagne, était un potentiel héritier de la couronne ducale, ce qui explique le rôle de premier plan qu’il a joué dans la prise de pouvoir par Anne de Bretagne en 1498.
Les Grands, qui ne voulaient pas d’un pouvoir central trop fort en Bretagne, ont été les principaux bénéficiaires du processus d’union de la Bretagne à la France. Il semble enfin exagéré de parler de « rois absolus » pour la fin du Moyen Âge et le début du XVIe siècle : comme l’a démontré Arlette Jouanna (3), les souverains de cette période étaient soucieux de respecter les lois et coutumes et ne recouraient au pouvoir absolu qu’en cas de nécessité majeure. Le temps mis à intégrer le duché de Bretagne en fournirait une illustration, sans compter que les souverains ont confirmé ses privilèges le transformant en pays d’états.
On regrette l’absence de carte notamment pour illustrer le tour de Bretagne de 1505 pour lequel on disposait pourtant des lieux des séances de la chancellerie dirigée alors par Philippe de Montauban, qui suivait Anne dans son périple. On s’étonne qu’il n’y ait pas de développement sur les travaux menés par la reine Anne au château de Nantes à partir de 1499 et qui ont pourtant revêtu une signification politique : achèvement des remparts, construction probable de la tour du Fer à cheval, tour de la Couronne d’or avec sa loggia à l’italienne, puits… Rien non plus sur l’érection du tombeau de François II dans l’église des Carmes de Nantes, ce qui est pour le moins surprenant. L’ouvrage sur le château de Nantes paru en 2016 (4) ou celui sur Nantes flamboyante (5) auraient pourtant fourni une ample matière pour traiter ces aspects.

Une bibliographie paradoxale

On peut regretter plus généralement l’absence de véritable bibliographie. Un état des sources relatives à la vie et au règne d’Anne de Bretagne est élaboré, qui ne cite aucune source d’archives manuscrites et mêle étrangement des sources imprimées (ouvrages de chroniqueurs, recueils de documents…) et articles commentant ces sources (comme celui de Jean Kerhervé sur les chroniqueurs bretons ou celui de Michel Nassiet et Donatien Laurent sur une gwerz…).
Un chapitre est consacré aux « vies posthumes d’Anne de Bretagne au fil des œuvres » où il est fait mention des principaux écrits qui lui ont été consacrés depuis Bertrand d’Argentré. Il aurait été sans doute possible de distinguer davantage les ouvrages scientifiques écrits par des historiens des livres militants ou romancés. On relève des oublis comme les actes du colloque 1491, Bretagne terre d’Europe (6), ceux de la journée d’étude intitulée « Pour en finir avec Anne de Bretagne » (7) organisée aux Archives départementales de Loire-Atlantique en 2002 et où figurent notamment des textes de Michel Nassiet, Fanny Cosandey, Jean-Christophe Cassard, Yves Coativy, Malcolm Walsby… Il manque aussi le catalogue de l’exposition consacrée par le musée Dobrée à Châteaubriant au cœur d’Anne de Bretagne (8).
Par ailleurs, il est dommage qu’il faille aller chercher les références des travaux utilisés en fin de volume, dans les notes des différents chapitres. Cela est d’autant plus dommageable que J. Cornette n’a pas fait lui-même de recherches en archives (et il faudra attendre le prochain ouvrage de Michel Nassiet sur les itinéraires et la correspondance d’Anne de Bretagne pour avoir des informations nouvelles) et qu’il utilise pour l’essentiel les livres et articles d’autres historiens dont il aurait fallu mieux mettre les contributions en valeur. Une bibliographie aurait permis aussi de rafraîchir les références un peu datées sur certains points (évocation du duc François II et de Landais, comparé un peu étrangement à Colbert, bataille de Saint-Aubin du -Cormier…) ; d’élargir l’angle des préoccupations au statut des reines, au pouvoir des femmes à la fin du Moyen Âge, de faire des comparaisons avec d’autres principautés. Écrire pour le grand public n’empêche pas de faire preuve d’exigence et de donner à tous les lecteurs les instruments pour se faire leur propre opinion. On arrive aujourd’hui à la situation paradoxale où les romanciers fournissent des bibliographies (cf. Pierre Lemaître) alors que les historiens s’en dispensent, bien que ce soit une règle de base de leur métier, qui devrait être respectée surtout dans une maison d’édition réputée comme Gallimard où Anne de Bretagne a l’honneur de faire son entrée dans une collection où elle côtoie désormais, pour ne citer que les « figures politiques », Vercingétorix, Bonaparte, Mao, Charles de Gaulle, Pierre Mendès France, François Mitterrand…

Dominique LE PAGE

Notes

  • (1) SANTROT, Jacques, Les doubles funérailles d’Anne de Bretagne. Le corps et le cœur (janvier-mars 1514), Genève, Droz, 2017.
  • (2) COSANDEY, Fanny, La reine de France. Symbole et pouvoir, XVe-XVIIIe siècles, Paris, Gallimard, 2000.
  • (3) JOUANNA, Arlette, Le pouvoir absolu. Naissance de l’imaginaire politique de la royauté, Paris, Gallimard, 2013.
  • (4) GUILLET, Bertrand, ARMIDE, Aurélien, Le château des ducs de Bretagne entre grandeur et renouveau. Huit siècles d’histoire, Rennes-Nantes, Presses universitaires de Rennes/Éditions du Château des ducs de Bretagne, 2016.
  • (5) FAUCHERE, Nicolas, GUILLOUËT, Jean-Marie (dir.), CARAËS, Jean-François, GALLICÉ, Alain (éd.), Nantes flamboyante, 1381-1530, Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, hors-série, 2014.
  • (6) KERHERVÉ, Jean et DANIEL, Tanguy (éd.), 1491 Bretagne, terre d’Europe, Colloque international, Brest, 2-4 octobre 1991, Brest/Quimper, Centre de recherche bretonne et celtique/Société archéologique du Finistère, 1992, 516 p. Une partie des communications portent sur Anne de Bretagne.
  • (7) LE PAGE, Dominique (éd.), Pour en finir avec Anne de Bretagne ? Nantes, Conseil général de Loire-Atlantique, 2004.
  • (8) « Le cœur d’Anne de Bretagne », Exposition du Musée Dobrée (14 juin-28 septembre 2014).

Cette recension a été initialement publiée en 2022 dans le tome C des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, volume II, p. 757-762.
Sur ce site, le titre et les intertitres sont de la rédaction.

Christiane Plessix-Buisset

Christiane Plessix-Buisset (1943-2022)

Le décès de notre présidente d’honneur, Christiane Plessix-Buisset, âgée de 79 ans, est survenu le 21 décembre 2022. Ses obsèques ont été célébrées le mardi 27 décembre en l’église Saint-Étienne de Rennes. 
Membre de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne depuis 1973, présidente de la Fédération des sociétés d’histoire de Bretagne de 2007 à 2017, sa présidente d’honneur depuis, Christiane Plessix-Buisset était une historienne du droit breton, ayant soutenu en 1979 sa thèse, publiée en 1988 sous le titre Le criminel devant ses juges en Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles ; elle devint professeure d’histoire du droit à l’université de Rennes 1 en 1990.   

Une part importante de sa production intellectuelle dans les Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne

Outre ses fonctions officielles au sein de la SHAB, qui lui doit beaucoup, elle a réservé une part importante de sa production intellectuelle aux MSHAB :

  • Les prisons en Bretagne au début du XVIIe siècle, 1975-1976, p. 51-67. 
  •  Criminalité et société rurale en Bretagne au XVIIIe siècle : l’exemple de la paroisse de Bothoa, 1982, p. 5-51. 
  •  Compte rendu de : Planiol (Marcel), Histoire des institutions de la Bretagne, t. IV, La Bretagne ducale, t. V, XVIe siècle, 1985, p. 592-599. 
  •  La procédure criminelle du parlement de Bretagne, 1988, p. 390-394. 
  •  Escousses et rébellions à justice en Bretagne au XVIIe siècle, 1989, p. 157-164. 
  •  À propos des tutelles et curatelles en Bretagne au XVIIIe siècle, 1993, p. 249-261. 
  •  La délinquance dans les auberges en Bretagne au XVIIIe siècle, 1995, p. 177-194. 
  •  In memoriam. André Chédeville (1935-2010), 2011, p. 543-544. 
  •  La vie de la Fédération, 2011, p. 545-546. 
  •  Compte rendu de : Gicquel (Jean-François), Le juriste malgré lui ou les dix commandements du droit concordataire selon Mgr Brossays Saint-Marc, esquisse d’une biographie juridique, 2012, p. 569-573. 
  •  La vie de la Fédération, 2012, p. 615-616. 
  •  Compte rendu de : Orain (Véronique) et Rioult (Jean-Jacques) (dir.), En Haute-Bretagne, le pays des Faluns, géologie, archéologie et patrimoine bâti, 2013, p. 511-515. 
  •  La vie de la Fédération, 2013, p. 533-536. 
  •  La vie de la Fédération, 2014, p. 463-465. 
  •  La vie de la Fédération, 2015, p. 523-525. 
  •  Compte rendu de : Souplet (Michel) et Longuemar (Geoffroy de) (dir.), Personnalités lamballaises au cours des âges, 2016, p. 580-581. 
  •  La vie de la Fédération, 2016, p. 621-623. 
  •  2017 : un nouveau départ pour la Fédération, 2018, p. 503-506.