François de Beaulieu (dir.). Dictionnaire des Monts d'Arrée. Editions Skol Vreizh.

Aux éditions Skol Vreizh, un Dictionnaire des monts d’Arrée, sous la direction de François de Beaulieu

Un dictionnaire scientifique, une dimension engagée

Un « dictionnaire hors du commun » (quatrième de couverture), « il n’existe pas en Bretagne, voire en France, un ouvrage de cette ampleur sur un espace rural aussi vaste » (p. 8) : le Dictionnaire des monts d’Arrée est assurément un projet ambitieux qui vise à tout nous en dire (ou presque) en 568 articles, de l’abbaye du Relecq à Yeun Elez, là où tout finit… Comme l’explique son concepteur, le naturaliste morlaisien François de Beaulieu dans son avant-propos, les mutations démographiques en cours [1], alors que les vieux mécanismes d’assimilation se sont grippés, induisent un risque de perte de mémoire et appellent une réponse :

Soixante-sept auteurs, spécialistes des thèmes les plus variés, et douze photographes

Pour élaborer cet album de famille, il s’est entouré de soixante-dix-neuf contributeurs bénévoles : soixante-sept auteurs, spécialistes des thèmes les plus variés, pas toujours universitaires ou institutionnels, et douze photographes et artistes, parmi lesquels se détachent certains collaborateurs plus impliqués, auteurs mais aussi objets de notices (B. Clément, G. Guen, P. Hervé, G. Lozac’h, M. Penven, F. Postic, P. Rannou, H. Ronné).

On ne peut être qu’admiratif, à la fois devant la masse de connaissances réunies et la capacité à porter à son terme ce projet collectif, même si l’auteur principal, dont le seul nom figure sur la couverture, est bien François de Beaulieu, rédacteur d’un grand nombre d’articles (tous ceux qui ne sont pas signés), qui paraît avoir tout lu de ce qui a été écrit sur les monts d’Arrée, depuis Jacques Cambry (1794) jusqu’à aujourd’hui : sont ainsi cités les archéologues, au sens ancien ou actuel (à commencer par Prosper Mérimée en 1835 et Bachelot de La Pilaye en 1844), artistes, auteurs de bandes dessinées, collecteurs de traditions (ne manquent ni Luzel et sa nuit à la belle étoile de juin 1870, ni Le Braz, et son séjour d’une semaine en août 1892), cinéastes (« Films »), écrivains, en français et en breton (trois romans : Y. Le Febvre, Clauda Jegou ; C. Le Goffic, Croc d’Argent ; A. Le Braz, Dans le Yeun), poètes, photographes, peintres (« Nabis ») et voyageurs, parfois anglais, comme Troloppe, le précurseur, en 1839, parfois assez inattendus, comme la socialiste rennaise Louise Bodin à la foire de Commana en 1918), qui les ont arpentés ou s’en sont inspirés.