Les liens à la Bretagne de l’éminent archéologue britannique Barry Cunliffe. Première partie

Archéologue de réputation internationale, Bary Cunliffe a été notamment professeur d’archéologie européenne à l’Université d’Oxford de 1972 à 2008. Il a, en outre, été en Grande-Bretagne président du Council for British Archaeology, président de la Society of Antiquaries, gouverneur du Museum of London, administrateur du British Museum et commissaire de l’English Heritage. Il a été fait chevalier de l’Empire britannique en 2008.

Barry Cunliffe en octobre 2025. Captation d'écran. Remerciements à la présidente de l'ICB pour son aimable autorisation.
Barry Cunliffe en octobre 2025. Captation d’écran. Remerciements à la présidente de l’ICB pour son aimable autorisation.

Avec son ami et collègue Patrick Galliou, il a mené chaque été de 1991 à 2002 tout un programme de fouilles au Yaudet, à l’embouchure du Léguer, qui a impliqué à chaque fois des étudiants de Bretagne et d’Oxford. Les résultats ont été publiés en trois volumes : Les Fouilles du Yaudet en Ploulec’h, Côtes-d’Armor (2004, 2005, 2007), coédité par les Presses universitaires d’Oxford et le Centre de recherche bretonne et celtique à Brest. Une synthèse de l’ensemble de ces recherches a fait l’objet en 2015 aux Presses universitaires de Rennes d’un ouvrage plus accessible au grand public.

Bary Cunliffe reçoit le Collier de l’Hermine

Ce sont l’ensemble de ces travaux qui ont valu à Bary Cunliffe, qui réside désormais à temps partiel à proximité du Yaudet, de se voir remettre le Collier de l’Hermine le 4 octobre 2025 par l’Institut culturel de Bretagne à Chateaubriant, précisément par Mme Lena Louarn, chancelière de l’Ordre de l’Hermine.

Il est assurément prestigieux pour l’institution régionale de remettre cette distinction à une personnalité exceptionnelle d’un pays voisin tout comme pour le récipiendaire de la recevoir. On peut cependant regretter que l’Institut culturel de Bretagne n’ait pas pensé à associer à cette manifestation son indissociable confrère breton, Patrick Galliou, dont l’implication et les compétences concernant les chantiers du Yaudet et bien d’autres sont unanimement reconnues.

La Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne a souhaité mettre en ligne ci-après sur le site Bretagne Histoire les recensions d’André Chèdeville et de Jean-Jacques Monnier publiés à l’époque dans ses Mémoires annuels.

Les fouilles archéologiques du Yaudet : une analyse exhaustive, une étude exemplaire

Volume 1.

Barry CUNLIFFE et Patrick GALLIOU, Les fouilles du Yaudet en Ploulec’h, Côtes-d’Armor — Volume 1 : Le site : Le Yaudet, dans l’histoire et la légende. Oxford University School of Archaeology : monograph 58. Institute of Archaeology, University of Oxford. Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Bretagne occidentale, Oxford, 2004, 301 pages, 142 illustrations.

Les résultats obtenus par une équipe internationale et pluridisciplinaire

Voilà un site magnifique, surtout lorsqu’on le découvre par un ciel clair d’hiver, roussi par les fougères depuis la rive nord du Léguer, à quelques kilomètres de Lannion. C’est aussi un lieu d’histoire et de légende qui a suscité, dès Pierre Le Baud et d’Argentré, la curiosité des historiens. Le présent ouvrage est le premier volume de la publication des résultats obtenus par l’étude des lieux et des documents qui s’y rapportent par une équipe internationale et pluridisciplinaire. Internationale, puisque ses promoteurs sont Barry Cunliffe de l’université d’Oxford et Patrick Galliou du CRBC de l’université de Bretagne occidentale à Brest, assistés d’autres chercheurs tant français que britanniques. Pluridisciplinaire, puisque, dans ce volume, figurent à la fois des archéologues de l’Antiquité, du Moyen Âge et des Temps modernes, des historiens, un ethnologue et un géologue.

On va donc assister à l’analyse exhaustive de ce site. Il la mérite par l’intérêt qu’il a coutume de susciter, mais elle est nécessaire aussi, car, en bien des domaines et pour bien des époques, les éléments de connaissance sont si ténus que des recherches croisées sont indispensables pour aboutir à des conclusions aussi assurées que possible. Ce volume présente Le Yaudet tel qu’il apparaît actuellement et tel que nous le décrivent les sources écrites. Il est cependant dommage que, nulle part, les promoteurs de l’entreprise ne nous indiquent quel sera, en gros, le contenu des publications ultérieures ; sans doute, une grande place sera-t-elle consacrée aux résultats des fouilles systématiques, dont B. Cunliffe dresse la chronologie aux pages 203-205.

Plus qu’une simple pêcherie, un barrage destiné au fonctionnement d’un moulin à marée

La seconde partie de l’ouvrage est consacrée à la description méthodique du milieu actuel, le « paysage anthropisé », avec une participation majeure de Gwyn Meirion-Jones. D’abord, la description de l’église reconstruite entre 1853 et 1862 en conservant la façade occidentale du XVIe siècle, deux portes du XVe sur les façades latérales et trois colonnes intérieures sans doute un peu plus anciennes. Ensuite, les bâtiments du village antérieurs au début du XIXe siècle, dont l’analyse minutieuse s’appuie sur des plans et des photographies.