La parution du Dictionnaire des magistrats des comptes de Bretagne
Conférant à ses membres l’anoblissement graduel, la chambre des comptes de Bretagne constitue un observatoire pour étudier les possibilités d’ascension sociale sous l’Ancien Régime et les groupes qui pouvaient y prétendre, qu’ils soient officiers de justice, financiers, marchands ou négociants, bourgeois des villes ou simples rentiers de la terre.
Au-delà du portrait des différents magistrats, ce dictionnaire complète et précise le tableau des élites dans la France de l’Ouest du XIVe au XVIIIe siècle. Il veut apporter une contribution à l’étude de la construction de l’État en France du Moyen Âge à l’époque moderne en cherchant, par l’étude sur la longue durée du personnel d’une cour souveraine, à dresser un portrait des officiers qui se sont mis à son service et à dégager les raisons qui les ont amenés à agir ainsi : fidélité à un prince, désir de servir l’État, poursuite d’une tradition familiale, volonté de tirer profit de la vénalité des offices, recherche d’honneur ou de dignité.
1 243 notices donnent des informations sur les offices détenus par les différents individus
Réalisé par une équipe de 17 chercheurs, et publié sous la direction de Dominique Le Page, l’ouvrage présente une prosopographie des officiers de la chambre des comptes de Bretagne de sa création au Moyen Âge à sa suppression en 1791 et des trésoriers et receveurs généraux en charge dans cette province.
Chacune des 1 243 notices donne des informations sur les offices détenus par les différents individus, leur état civil, leurs alliances, leur origine sociale et géographique, leurs engagements, leur patrimoine, leur culture, leur position par rapport à la noblesse. Le cœur du propos est constitué par une tentative de reconstitution de la trajectoire sociale qui les a conduits à intégrer la chambre des comptes.
– Ouvrage de 736 pages, format 22 x 28 cm ISBN : 978-2-7535-9897-3
Dominique Le Page a été maître de conférences en Histoire moderne à l’université de Nantes (1996-2009) puis professeur à l’université de Dijon (2009-2020). Il est spécialiste d’histoire sociale des institutions et d’histoire de la Bretagne à l’époque moderne.
- L’ouvrage est disponible au prix attractif de 49 €.
Barry Cunliffe et Patrick Galliou : dix ans de fouilles au Yaudet. Deuxième partie
Volume 3.
Barry CUNLIFFE et Patrick GALLIOU, Les fouilles du Yaudet en Ploulec’h, Côtes-d’Armor — Volume 3 : Du quatrième siècle apr. J.-C. à aujourd’hui. Oxford University School of Archaeology : monograph 65. Institute of Archaeology, University of Oxford / Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Bretagne occidentale, Oxford, 2007, 207 p., nombreuses illustrations, cartes et plans.
La publication des résultats en trois ans seulement
J’ai déjà eu le plaisir de rendre compte des deux premiers tomes livrant le bilan d’une étude historique et archéologique exemplaire. Voici le troisième ; il n’aura donc fallu que trois ans pour assurer la publication des résultats de fouilles réalisées pendant plus de dix ans, de 1991 à 2002, par une équipe pluridisciplinaire dans laquelle les chercheurs britanniques ont tenu une place éminente. Le premier tome avait présenté Le Yaudet tel qu’il apparaît actuellement et tel que nous le décrivent les sources écrites ; le second en avait entamé l’histoire de la Préhistoire à la fin de l’Empire romain ; celui-ci la conduit jusqu’à nos jours.
Tous les tessons et les fragments osseux ont été identifiés, pesés, mesurés et analysés
On y retrouve les qualités des deux ouvrages précédents aussi bien dans la forme que dans le fond. La forme d’abord. Dans une reliure attirante, le texte est présenté dans une typographie impeccable, ce qui n’est pas toujours le cas de nos jours. De nombreuses photographies illustrent 1’exposé pendant que des plans plus techniques rendent compte des étapes de la fouille. Pour alléger l’ensemble, plusieurs annexes regroupant des données primaires ont été consignées dans un texte électronique accessible sur le site www.arch.ox.ac.uk/research_projects/Le Yaudet. La céramique qui occupe les pages 147 à 173 aurait pu, en raison de son caractère très technique, y figurer également, mais, comme il s’agit largement d’une première en Bretagne, il sera plus facile de la consulter là.
L’étude elle-même ne peut que susciter 1’admiration. La fouille a été exécutée avec une rigueur et une minutie exemplaires : pour le Moyen Âge « classique », 29 605 tessons et 40 048 fragments osseux ont été récupérés : tous ont été identifiés, pesés, mesurés et analysés ! Les déductions à partir des découvertes sont menées comme de véritables enquêtes policières qui soutiennent 1’intérêt du lecteur. La variété des angles d’attaque permet de tirer des renseignements utiles de vestiges minimes ou dégradés. Souvent, ces enquêtes n’aboutissent qu’à des hypothèses sans que 1’imagination soit outre mesure sollicitée : on est presque surpris p. 120 de lire qu’une fosse pourrait correspondre à la recherche d’un hypothétique trésor… C’est seulement en conclusion que les auteurs se risquent à relier les structures du site et son évolution à celles du monde ambiant.
La grande période du Yaudet est passée : le promontoire est désormais relayé par le port de Lannion
Il faut pourtant convenir que ce volume, moins important que les précédents, ne suscite pas toujours le même intérêt. Cela tient pour une part aux contraintes de l’archéologie : les vestiges sont moins abondants ; ainsi, il n’y a presque pas de tessons, provende de l’archéologue, légués par le haut Moyen Âge, période globalement considérée comme acéramique ; de même, les monnaies si précieuses pour établir la chronologie, sont de plus en plus rares : une seule, pour tout le Moyen Âge classique.
Les liens à la Bretagne de l’éminent archéologue britannique Barry Cunliffe. Première partie
Archéologue de réputation internationale, Bary Cunliffe a été notamment professeur d’archéologie européenne à l’Université d’Oxford de 1972 à 2008. Il a, en outre, été en Grande-Bretagne président du Council for British Archaeology, président de la Society of Antiquaries, gouverneur du Museum of London, administrateur du British Museum et commissaire de l’English Heritage. Il a été fait chevalier de l’Empire britannique en 2008.

Avec son ami et collègue Patrick Galliou, il a mené chaque été de 1991 à 2002 tout un programme de fouilles au Yaudet, à l’embouchure du Léguer, qui a impliqué à chaque fois des étudiants de Bretagne et d’Oxford. Les résultats ont été publiés en trois volumes : Les Fouilles du Yaudet en Ploulec’h, Côtes-d’Armor (2004, 2005, 2007), coédité par les Presses universitaires d’Oxford et le Centre de recherche bretonne et celtique à Brest. Une synthèse de l’ensemble de ces recherches a fait l’objet en 2015 aux Presses universitaires de Rennes d’un ouvrage plus accessible au grand public.
Bary Cunliffe reçoit le Collier de l’Hermine
Ce sont l’ensemble de ces travaux qui ont valu à Bary Cunliffe, qui réside désormais à temps partiel à proximité du Yaudet, de se voir remettre le Collier de l’Hermine le 4 octobre 2025 par l’Institut culturel de Bretagne à Chateaubriant, précisément par Mme Lena Louarn, chancelière de l’Ordre de l’Hermine.
Il est assurément prestigieux pour l’institution régionale de remettre cette distinction à une personnalité exceptionnelle d’un pays voisin tout comme pour le récipiendaire de la recevoir. On peut cependant regretter que l’Institut culturel de Bretagne n’ait pas pensé à associer à cette manifestation son indissociable confrère breton, Patrick Galliou, dont l’implication et les compétences concernant les chantiers du Yaudet et bien d’autres sont unanimement reconnues.
La Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne a souhaité mettre en ligne ci-après sur le site Bretagne Histoire les recensions d’André Chèdeville et de Jean-Jacques Monnier publiés à l’époque dans ses Mémoires annuels.
Les fouilles archéologiques du Yaudet : une analyse exhaustive, une étude exemplaire
Volume 1.
Barry CUNLIFFE et Patrick GALLIOU, Les fouilles du Yaudet en Ploulec’h, Côtes-d’Armor — Volume 1 : Le site : Le Yaudet, dans l’histoire et la légende. Oxford University School of Archaeology : monograph 58. Institute of Archaeology, University of Oxford. Centre de recherche bretonne et celtique, Université de Bretagne occidentale, Oxford, 2004, 301 pages, 142 illustrations.
Les résultats obtenus par une équipe internationale et pluridisciplinaire
Voilà un site magnifique, surtout lorsqu’on le découvre par un ciel clair d’hiver, roussi par les fougères depuis la rive nord du Léguer, à quelques kilomètres de Lannion. C’est aussi un lieu d’histoire et de légende qui a suscité, dès Pierre Le Baud et d’Argentré, la curiosité des historiens. Le présent ouvrage est le premier volume de la publication des résultats obtenus par l’étude des lieux et des documents qui s’y rapportent par une équipe internationale et pluridisciplinaire. Internationale, puisque ses promoteurs sont Barry Cunliffe de l’université d’Oxford et Patrick Galliou du CRBC de l’université de Bretagne occidentale à Brest, assistés d’autres chercheurs tant français que britanniques. Pluridisciplinaire, puisque, dans ce volume, figurent à la fois des archéologues de l’Antiquité, du Moyen Âge et des Temps modernes, des historiens, un ethnologue et un géologue.
On va donc assister à l’analyse exhaustive de ce site. Il la mérite par l’intérêt qu’il a coutume de susciter, mais elle est nécessaire aussi, car, en bien des domaines et pour bien des époques, les éléments de connaissance sont si ténus que des recherches croisées sont indispensables pour aboutir à des conclusions aussi assurées que possible. Ce volume présente Le Yaudet tel qu’il apparaît actuellement et tel que nous le décrivent les sources écrites. Il est cependant dommage que, nulle part, les promoteurs de l’entreprise ne nous indiquent quel sera, en gros, le contenu des publications ultérieures ; sans doute, une grande place sera-t-elle consacrée aux résultats des fouilles systématiques, dont B. Cunliffe dresse la chronologie aux pages 203-205.
Plus qu’une simple pêcherie, un barrage destiné au fonctionnement d’un moulin à marée
La seconde partie de l’ouvrage est consacrée à la description méthodique du milieu actuel, le « paysage anthropisé », avec une participation majeure de Gwyn Meirion-Jones. D’abord, la description de l’église reconstruite entre 1853 et 1862 en conservant la façade occidentale du XVIe siècle, deux portes du XVe sur les façades latérales et trois colonnes intérieures sans doute un peu plus anciennes. Ensuite, les bâtiments du village antérieurs au début du XIXe siècle, dont l’analyse minutieuse s’appuie sur des plans et des photographies.
En 2026, le congrès de la SHAB aura lieu à Redon
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- Thème principal : carrefour
- Thèmes connexes : transport, circulation
Le congrès 2026 de la SHAB est prévu du 3 ou 5 septembre à Redon. La tenue du congrès dans cette ville est l’occasion de s’interroger sur la notion de carrefour.
La tenue du Congrès annuel de la SHAB à Redon est l’occasion de s’interroger sur la notion de carrefour. Les carrefours ont joué un rôle central dans le développement des sociétés et l’aménagement des territoires. Lieux de rencontre, d’échange et de passage, ils ont patiemment façonné les réseaux de communication et les dynamiques territoriales.
Redon occupe en effet une position géographique singulière : c’est un centre installé en périphérie, un nœud de circulation et d’échanges, tant pour les marchandises que pour les personnes, implanté à la marge. Et, au moins depuis le Moyen Âge, cette petite ville s’est imposée comme un point de convergence des routes terrestres et fluvio-maritimes. Son actuelle position à l’interface entre la Bretagne, les Pays de la Loire et l’Atlantique en a fait un lieu de passage incontournable. Les infrastructures historiques, telles que son port et le canal de Nantes à Brest, témoignent de sa position à l’interface.
Aujourd’hui, Redon continue de jouer un rôle clé dans les réseaux de transport régionaux et nationaux, avec une gare ferroviaire connectée aux métropoles comme Rennes, Vannes, Nantes et Paris. C’est un carrefour historique mais aussi contemporain. Cette situation unique offre un terrain d’étude privilégié pour explorer les dynamiques de circulation, les réseaux de transport, les enjeux liés à la gestion des flux dans un contexte urbain et rural, les impacts sur les territoires, ainsi que la manière dont un centre peut-être à la marge, ce qui peut sembler a priori paradoxal. Les carrefours favorisent certes les échanges et le développement, mais ils peuvent aussi générer des tensions. Si Redon est le lieu du Congrès, les propositions de communications doivent concerner d’autres lieux et espaces situés en Bretagne ou sur ses marges immédiates, pour ce faire cinq thèmes ont été privilégiés. Ils ne sont pas exclusifs les uns par rapport aux autres.
Un autre abbé Perrot. Nouvelles approches, nouveaux regards
C’est l’intitulé d’une journée d’étude que le Centre de recherche bretonne et celtique organise à Brest, vendredi 14 novembre, concernant l’abbé Perrot. Depuis plusieurs décennies, il fait l’objet de polémiques stériles résumant l’homme tout entier dans sa mort et les raisons qui l’ont provoquée.
Loin de ce dialogue de sourds, et si tant est qu’il soit possible de mettre ce personnage au passé, il s’agit désormais de proposer de nouveaux regards, de nouvelles approches inscrivant Perrot dans les temps longs de sa vie et de sa mémoire, en abordant entre autres…
- ses relations avec sa hiérarchie,
- son parcours de soldat de la Grande Guerre,
- son rôle au Bleun-Brug,
- ses activités de collecteur,
- ses relations avec les ténors du nationalisme breton,
- sa relation à la langue bretonne,
- les lieux de mémoire qui lui sont assignés.
Onze communications seront présentées par autant d’intervenants et intervenantes, à compter de 8h50, salle Yves Moreau (salle B001), au rez-de-chaussée de la Faculté des Lettres Victor Ségalen, rue Duquesne, à Brest. Entre libre.
L’artiste Jeanne Malivel en deux expositions
Deux expositions, une conférence et un ouvrage à l’occasion du centenaire de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, à laquelle avaient pris part Jeanne Malivel et les Seiz Breur. La première se tient à la Galerie des Orfèvres à Paris, l’autre au musée d’Art et d’Archéologie de Valence. La conférence sera donnée par Daniel Le Couédic sur le thème : Modernité et régionalisme, naissance d’un Art Déco breton. La deuxième exposition a lieu au musée d’Art et d’Archéologie de Valence, dont le catalogue s’intitule : L’Art déco des régions. Modernités méconnues. À lire dans le Journal de l’histoire.
À Paris et à Valence, deux expositions pour revoir l’artiste Jeanne Malivel
La première, à la Galerie des Orfèvres à Paris, s’intitule : Jeanne Malivel, 1895-1926, Résolument Bretonne et moderne. Elle célébrera le travail novateur et acharné de Jeanne Malivel et des Seiz Breur pour l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925.
Jack-Philippe Ruellan, qui est des premiers à avoir travaillé sur Jeanne Malivel dans les années 80, présentera dans sa galerie différentes œuvres témoignant de la grande créativité de Jeanne, toujours d’actualité.
- Exposition à la Galerie des Orfèvres, 23 place Dauphine, 75001 Paris du 14 au 31 octobre de 11 heures à 18 heures.
- Vernissage le 14 octobre, de 17 à 21 heures.
- L’Association Paris Arts Déco Society, partenaire de l’association des Amis de Jeanne Malivel, tient au même moment son congrès mondial.
- Au cours de ce congrès mondial, Daniel Le Couédic présentera une communication sur : Modernité et régionalisme, naissance d’un Art Déco breton.
Le musée de Valence met en avant les modernités méconnues
La seconde exposition, « L’Art déco des régions. Modernités méconnues » se tient au musée d’Art et d’Archéologie de Valence, où elle est présentée comme un événement et célèbre L’Art déco des régions à l’occasion du centenaire de l’Exposition internationale de 1925. Loin de la capitale, plusieurs mouvements artistiques régionalistes ont repris à leur compte le vocabulaire Art déco : géométrie des lignes, stylisation des motifs, couleurs vives.
À travers près de 300 œuvres, l’exposition révèle un pan méconnu, mais non négligeable, du style Art déco et met en lumière les artistes, architectes, décorateurs et artisans qui l’ont développé.
De l’avis des Bretons présents lors du vernissage, la mise en lumière de l’œuvre de Jeanne Malivel dans l’espace dédié à la Bretagne est remarquable.
- Le catalogue, L’Art déco des régions. Modernités méconnues, publié sous la direction de Sung Moon Cho par Norma Éditions, 256 pages est disponible sur le site du musée au prix de 39 €.
- L’exposition se tient au musée d’Art et d’Archéologie de Valence jusqu’au 11 janvier 2026.

De nouvelles cartes postales
- Sur le site des amis de Jeanne Malivel sont proposées deux nouvelles séries de cartes postales pour mieux faire connaître son œuvre.
- Plusieurs des informations de ce dossier sont parues dans La lettre de Jeanne, publiée par l’association des Amis de Jeanne Malivel.
L’Église et la langue bretonne : soutenance de thèse de Maïna Sicard-Cras
Elle est connue à la SHAB puisqu’elle a présenté une communication sur le déroulement des obsèques de la militante bretonnne Marc’harid Gourlaouen (1902-1987) à l’église de Douarnenez, lors du congrès de Carhaix en 2022. La journaliste de France 3 Pays de la Loire à Nantes a poursuivi ses recherches et s’apprête à soutenir le 5 novembre prochain une thèse sur l’Église catholique et la langue bretonne de 1945 à nos jours, qu’elle analyse comme étant l’histoire d’un divorce.
L’une des questions qu’elle s’est posée est pourquoi une liturgie en langue bretonne n’a-t-elle pas émergé en Bretagne après la réforme du concile Vatican II de 1963 ? Aujourd’hui, on aime entendre un cantique breton lors de funérailles, mais la pratique religieuse en langue bretonne au quotidien a quasiment disparu. Vaste sujet. Pour en savoir plus, se reporter en un clic au Journal de l’histoire sur ce site.
L’Église catholique et la langue bretonne de 1945 à nos jours : histoire d’un divorce.
Maïna Sicard-Cras va soutenir sa thèse à Brest
Elle a déjà une belle notoriété, puisqu’elle est journaliste-présentatrice à France 3 Pays de la Loire à Nantes. Elle est également connue à la SHAB puisqu’elle a présenté une communication sur le déroulement des obsèques de Marc’harid Gourlaouen (1902-1987) à l’église de Douarnenez, lors du congrès de Carhaix en 2022.
Alors que cette militante bretonne de 85 ans avait demandé qu’elles soient célébrées « e brezhoneg penn da benn » [intégralement en breton], cela ne fut pas le cas. L’affaire déclencha une polémique et une pétition, qui ont fortement agacé le diocèse de Quimper et Léon.
Le texte de cette contribution est paru dans le tome CI (2023) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, p. 601-622 et dont vous pouvez prendre connaissance en cliquant le bouton ci-dessous.
Parallèlement à son activité professionnelle, Maïna Sicard-Cras a entrepris il y a quatre ans de mener une recherche universitaire en vue d’une thèse qui a pour titre :
De Feiz ha Breiz à Feiz sans Breizh : histoire d’un divorce. L’Église catholique et la langue bretonne de 1945 à nos jours.
Feiz ha Breiz [La foi et la Bretagne], Feiz sans Breizh [La foi sans la Bretagne].
C’est le 5 novembre prochain que se déroulera sa soutenance de thèse à la Faculté Victor Segalen de Brest (UBO).
Présentation du sujet de la thèse : illusion, désillusion, allusion
L’étude débute au sortir de la Seconde Guerre mondiale, quand la langue bretonne est déjà en voie de disparition des foyers bretons. Néanmoins, plus de la moitié des clercs des paroisses du Finistère prêchent encore en langue bretonne, mais la jeunesse aspire à parler le français. La débretonnisation linguistique de la Basse-Bretagne progresse rapidement, conjointement à une déchristianisation des jeunes générations.
La langue bretonne maintient une certaine présence toujours en 1946 lors des sermons du dimanche et lors des missions et des retraites, mais les jeunes parents commencent à élever leurs enfants en français et demandent que le catéchisme leur soit dispensé dans la langue nationale. Cette première partie s’intitule « Illusion », car certains acteurs refusent d’admettre cet état de fait, et espèrent encore se retrouver dans la même situation qu’au début du XXe siècle.
Pourquoi une liturgie bretonne n’a-t-elle pas vu le jour en Bretagne après la réforme Vatican II ?
En 1963, année de promulgation de la constitution Sacrosanctum Concilium qui autorise l’usage des langues vernaculaires dans la liturgie, le breton est une langue devenue presque étrangère à la liturgie en Bretagne. Pourquoi une liturgie bretonne n’a-t-elle pas pu voir le jour en Bretagne après la réforme liturgique issue de Vatican II ? La place du breton devient une « Désillusion » pour les tenants de la langue bretonne dans l’Église, tant elle devient chaque jour de plus en plus invisible et inaudible.
Les années 1970 marquent un tournant pour la Bretagne : la jeunesse s’engage dans des cercles autres que catholiques.
Enfin, de 1984 à nos jours, le breton n’est plus qu’une simple « Allusion » dans l’Église, réduit comme une peau de chagrin. On aime entendre un cantique breton de temps en temps ou quelques mots lors des funérailles, mais la pratique religieuse en langue bretonne dans le quotidien des fidèles a quasiment disparu.
Les trois grandes raisons de cet échec
D’abord les évêques bretons ne pouvaient pas ou ne souhaitaient pas imposer une ligne directrice précise à leurs ouailles et moins encore à leurs prêtres. Puis, ils reprochaient aux bretonnants de n’être pas suffisamment unis pour la même cause. Enfin, la langue bretonne n’était, selon eux, pas ou plus pratiquée dans l’espace public.
Maïna Sicard-Cras illustre l’approche de sa thèse par un extrait d’un article tout à fait significatif, paru dans La Semaine religieuse du diocèse de Quimper et Léon le 8 juillet 1955, p.403, intitulé « L’arrivée des Touristes (sic) », qui lui paraît donner la tonalité de sa recherche.

La soutenance de thèse se déroulera le mercredi 5 novembre 2025 à 14h00 dans la salle Yves Moraud de la Faculté des Lettres et Sciences humaines Victor Segalen à l’UBO de Brest, salle B001.
La composition du jury
- Ronan Calvez, Professeur des Universités à l’Université de Bretagne Occidentale, rapporteur
- Myriam Guillevic, Maître de conférences à l’Université de Rennes II
- Eva Guillorel,Maître de conférences (HDR) dans la même Université, rapporteur
- Marie Levant, Chercheuse Marie Curie et membre de l’École française de Rome
- Yvon Tranvouez, Professeur émérite des Universités à l’Université de Bretagne Occidentale
- et Fabrice Bouthillon, Professeur des Universités dans la même Université, directeur de thèse.
L’archéologie sous-marine : une journée d’études à Fouesnant
L’archéologie est multiple. Tout le monde a en tête l’image de chantiers de fouilles archéologiques méticuleuses au sol. L’archéologie aérienne repère depuis les airs la présence de vestiges enfouis qui révèlent la présence ancienne d’habitats et d’autres structures. Il y a aussi l’archéologie sous-marine.
C’est ainsi que la ville de Fouesnant va accueillir le 11 octobre prochain une journée d’études qui sera entièrement consacrée à l’archéologie sous-marine : inscription obligatoire avant le 4 octobre. Elle est organisée à l’initiative de la SAMM, Société d’Archéologie et de Mémoire Maritime.
C’est une association de bénévoles passionnés, engagés dans la découverte et la valorisation du patrimoine archéologique sous-marin. Parmi eux, des plongeurs professionnels qui réalisent des fouilles autorisées et récupèrent des artefacts qui viennent enrichir le musée de l’Île de Sein. Pour en savoir plus : le programme complet de la journée d’études de Fouesnant.







