Le bicentenaire de la mort de René Laennec, inventeur du stéthoscope
Deux événements sont organisés à l’Université de Nantes à l’occasion du bicentenaire de la mort du médecin René Laennec.

- Une table ronde lui sera consacrée le 17 novembre 2026 en amphithéâtre Kernéis, à la Faculté de médecine. Réunissant des spécialistes de renommée internationale, cette rencontre explorera la portée historique du stéthoscope, la modernité de la pensée clinique de Laennec, la diffusion mondiale de son œuvre et l’actualité de son héritage dans les pratiques médicales contemporaines.
Programme
- 17h30 – Accueil du public. Campus Centre Loire – 1 rue Bias – Nantes
- Tram : lignes 2 et 3 station Hôtel Dieu
- 18h – Ouverture de la table ronde
- Modérateur : Pr Antoine Hamel – Doyen de la Faculté de médecine
- Participants :
- Pr Jacalyn Duffin – Hématologue, historienne et professeure émérite, Queen’s University (Ontario Canada) – auteure du livre Laennec – L’invention du diagnostic moderne
- Pr José Mª Urkia – Médecin et professeur d’histoire de la médecine à la Faculté de médecine de l’Université du Pays basque (Euskal Herriko Unibertsitatea)
- Pr. Frédéric Le Blay – Coordinateur scientifique du programme « LAENNEC : écrire la clinique »
- Pr Bertrand Cariou – Endocrinologue, directeur de l’institut du thorax
- Pr Jean-Noël Trochu – Cardiologue, l’institut du thorax
- Le programme est disponible en ligne.
- Entrée gratuite, inscription conseillée.
À travers cet événement, la Faculté de médecine mettra en lumière l’ancrage local de René Laennec, l’excellence de la recherche et de l’enseignement médical nantais. Une soirée ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent découvrir comment l’héritage d’un médecin nantais continue d’inspirer la médecine du XXIe siècle.
- La Bibliothèque Universitaire de Santé propose une exposition consacrée à l’histoire de son héritage nantais.
À travers les stéthoscopes, les manuscrits d’auscultation et d’autopsie, les ouvrages et les objets personnels qui constituent le fonds Laennec, l’exposition met en lumière un ensemble patrimonial exceptionnel.
Plus qu’une exposition commémorative, « Laennec à Nantes : mémoire des collections et postérité » retrace la manière dont ces collections, ces archives et ces objets ont permis de préserver et de transmettre la mémoire scientifique de René Laennec.
L’exposition est visible du lundi au vendredi de 8h30 à 19h et le samedi de 9h à 18h
Elle est ouverte à tous du 19 septembre 2026 au 18 décembre 2026, à la Bibliothèque Universitaire BU Santé (UFR Pharmacie, dernier étage), 9 Rue Bias, 44011 Nantes Cedex.
Qui était René Laennec ?
René-Théophile-Marie-Hyacinthe Laennec ou Laënnec, plus connu sous le nom de René Laennec, est né le 17 février 1781 à Quimper, mort le 13 août 1826 à Douarnenez dans son manoir de Ploaré. C’est un médecin français, créateur du diagnostic médical par auscultation (Traité de l’auscultation médiate, 1819) grâce à l’invention du stéthoscope.
Son père, Théophile-Marie Laennec (1747-1836), avocat et magistrat quimpérois, parle le breton et René lui-même l’apprend, le parle couramment, et l’utilise dans sa correspondance avec son père. Ce dernier étant incapable de s’occuper de lui, il a été confié à son oncle Michel Laennec, recteur à Elliant. En 1797, il est recueilli par Guillaume François Laennec, un autre de ses oncles, médecin à Nantes, professeur et directeur de l’école de médecine, qui avait été recteur de l’université de Nantes avant sa suppression au début de la Révolution.
En 1800, Laennec est étudiant à Paris sous la direction de Jean-Nicolas Corvisart à l’hôpital de la Charité. En 1802, à peine âgé de 21 ans, il reçoit en séance solennelle de l’Institut les deux grands prix de médecine et de chirurgie de l’École pratique. Il est reçu docteur en médecine en 1804.

En 1816, il est nommé à l’hôpital Necker. Il s’intéresse aux maladies pulmonaires et identifie ses malades en utilisant largement la technique de percussion décrite pour la première fois par un médecin autrichien. Selon la légende, c’est dans ce cadre qu’il crée le stéthoscope le 17 février 1816, d’abord un simple rouleau de papier ficelé, qu’il ne tarde pas à perfectionner en cylindre démontable et en buis. Il fonde ainsi une nouvelle pratique qui permet d’analyser les bruits corporels internes et de les relier à des lésions anatomiques, ce qui se révélera particulièrement utile pour le diagnostic des maladies respiratoires.
Un bond prodigieux pour la médecine
En 22 mois, Laennec découvre toute la sémiologie pulmonaire et fait faire à la médecine un bond prodigieux. Sa classification des bruits d’auscultation est toujours utilisée par les médecins. Le professeur Richardson écrit que « le véritable étudiant en médecine se doit de lire le traité de Laennec sur l’auscultation médiate et l’utilisation du stéthoscope, qu’il avait publié en 1819.
Atteint lui-même de tuberculose, il se retire en son manoir de Kerlouarnec en Ploaré, proche de Douarnenez, où il meurt le 13 août 1826, à l’âge de 45 ans. Dans son testament, il lègue à son neveu ce stéthoscope qu’il considérait comme « le plus grand héritage de sa vie ».

Multiples témoignages de reconnaissance
Une statue de bronze sculptée par Eugène-Louis Lequesne a été inaugurée à Quimper en mai 1868, sur l’esplanade entre la mairie et la cathédrale. Elle a été érigée par souscription des médecins bretons, français et étrangers. À Ploaré, se trouve une autre statue de René Laennec en granit de 4m50 de haut par le sculpteur breton Jean Luc Guillou.
L’Association bretonne lui a consacré une notice dans ses Comptes rendus, procès-verbaux, mémoires, volume 133, Presses bretonnes, 2007, p. 122. L’écrivain et dramaturge Goulc’han Kervella, qui a lui-même fait des études de médecine, a publié sa biographie dans un ouvrage en breton, Laenneg medisin, parue aux éditions Al Liamm en 1985.
Les éléments de biographie de Laennec ci-dessus ont été repris de Wikipedia sous licence Creative Commons.