Stéphane Perréon, en septembre 2023. Photo : FB

PERRÉON Stéphane

Professeur d’histoire-géographie en lycée, agrégé et docteur en histoire, membre associé de Tempora (Rennes 2).

Publications :

  • Stéphane PERRÉON, Patrice PIPAUD (dir.), La défense des côtes atlantiques de Vauban à la Révolution. L’exemple du comté nantais, Pornic, Association Pornic Histoire, 2007.
  • Stéphane PERRÉON, Vauban. L’arpenteur du pré carré, Paris, Ellipses, 2017.
  • Stéphane PERRÉON, Les sentinelles de la côte d’Émeraude. Les forts Vauban de la baie de Saint-Malo, Dinard, Bow-Window, 2022.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

Un littoral à défendre : la presqu’île de Guérande au XVIIIe siècle

En Bretagne, au XVIIIe siècle, l’ennemi vient de la mer. Si les Britanniques menacent surtout les principaux ports – Brest, Saint-Malo, Lorient – et les îles, aucune portion du littoral n’est a priori à l’abri. Du fait de sa situation stratégique entre Loire et Vilaine et de la présence du port du Croisic, certes en déclin, la presqu’île de Guérande constitue une cible potentielle. Il importe donc de la défendre au mieux.

Les moyens en hommes reposent surtout sur la milice garde-côtes, qui fait l’objet d’une attention croissante des autorités à partir de la fin du règne de Louis XIV et plus encore sous Louis XV. En période de conflit, la garde-côtes est renforcée par des détachements de troupes réglées ou de miliciens provinciaux. Guérande et Le Croisic hébergent ainsi périodiquement des soldats. Ces deux villes disposent également de milices bourgeoises qui, certes, sont davantage dédiées à des missions de police que proprement militaires. La défense s’appuie aussi sur des structures échelonnées le long des côtes : corps de garde et batteries. Des ingénieurs veillent sur leur entretien et rédigent régulièrement des rapports d’inspection.

Alors que la menace se précise pendant la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), les Britanniques occupant la presqu’île de Quiberon, le duc d’Aiguillon, commandant en chef en Bretagne de 1753 à 1768, mène des inspections et renforce la capacité de défense de la presqu’île, l’île Dumet étant même dotée d’un fort au milieu du XVIIIe siècle. Au cours de la guerre de Sept Ans, la région entre pleinement dans le conflit franco-britannique avec la prise de l’île Dumet, la bataille des Cardinaux suivie du bombardement du Croisic et la conquête de Belle-Île par les Britanniques.

Ces événements expliquent que la presqu’île guérandaise fait l’objet, à la fin de l’Ancien Régime, de toutes les attentions des autorités militaires qui rechignent ainsi au démantèlement des remparts de Guérande.

Le texte de cette contribution paraîtra dans le tome CII (2024) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne.