Gilles Bienvenu, septembre 2023. Photo : FB

BIENVENU Gilles

Gilles Bienvenu, architecte DPLG, docteur en histoire de l’architecture moderne et contemporaine, chercheur associé au CRENAU/AAU UMR 1563, est maître de conférences honoraire des écoles nationales supérieures d’architecture. Ses travaux portent sur l’histoire des transformations urbaines et des conditions qui environnent, suscitent ou déterminent la fabrique de la ville et de l’architecture.

Ils explorent et mettent au jour, sur le temps long ou à des moments singuliers, des processus et des procédures, des acteurs professionnels et privés, des politiques publiques et des stratégies particulières, des actions réglementaires et projectuelles qui rendent compte de la genèse d’un état présent replacé dans la chaîne des transformations urbaines. La ville de Nantes constitue son territoire de recherche privilégié.

Il est intervenu au congrès 2023 de la SHAB à Guérande sur le sujet suivant :

La règlementation de l’eau à Nantes du XVIIIe siècle au XIXe siècle

Si dès le Moyen Âge s’esquisse une réglementation de l’eau, certaines mesures étant codifiées à la Renaissance, c’est au XVIIIe siècle qu’elle s’amorce réellement pour se développer au XIXe siècle, avant de trouver son épanouissement dans les règlements sanitaires du XXe siècle.

Deux grandes questions relatives à l’eau en ville sont récurrentes au cours du temps. Toutes deux relèvent de la salubrité :

  • comment se débarrasser de l’eau dont les infiltrations et la stagnation corrompent tout ?
  • comment se procurer de l’eau sans risque sanitaire ?

Ainsi, de mesures coercitives touchant aux comportements individuels, à la gestion municipale d’un service public de distribution d’eau potable et à la construction d’un réseau d’égouts, en passant par les prescriptions réglementant la construction de l’habitat, la nécessaire solidarité induite par la réunion sur un même territoire d’une population dense trouve-t-elle une application privilégiée dans une ville comme Nantes : un port où les eaux du fleuve et des rivières affluentes abondent, une agglomération industrielle en croissance où les besoins des populations et des entreprises augmentent au même rythme les rejets polluants des uns et des autres. Il s’agit alors, au-delà de la dimension esthétique et ludique reconnue de la présence de l’eau, d’examiner la manière dont la collectivité publique accompagna ses prises de conscience sanitaire par les mesures réglementaires que réclamait le souci de salubrité.

Le texte de cette contribution paraîtra dans le tome CII (2024) des Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne.